En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.  En savoir plus  J'accepte

  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
5 084.66 PTS
-0.63 %
5 084.50
-0.56 %
SBF 120 PTS
4 076.70
-0.66 %
DAX PTS
11 553.83
-0.31 %
Dowjones PTS
25 444.34
+0.26 %
7 107.23
-0.12 %
1.151
+0.00 %

USA: la vente de Time illustre les bouleversements du paysage médiatique

| AFP | 387 | Aucun vote sur cette news
L'acquisition du groupe Time Inc. pour 2,8 milliards de dollars est soutenu par les frères Charles et David Koch. Les milliardaires, politiquement très conservateurs, n'auront pas d'influence éditoriale selon l'acheteur Meredith Corp
L'acquisition du groupe Time Inc. pour 2,8 milliards de dollars est soutenu par les frères Charles et David Koch. Les milliardaires, politiquement très conservateurs, n'auront pas d'influence éditoriale selon l'acheteur Meredith Corp ( Eric BARADAT / AFP/Archives )

La vente de Time Inc., groupe qui possède l'un des magazines américains les plus célèbres, illustre les bouleversements économiques et politiques du paysage médiatique aux Etats-Unis, soumis aux attaques en règle de Donald Trump.

Meredith Corp., qui publie surtout des magazines de mode de vie et gastronomiques, a annoncé dimanche avoir mis la main pour 2,8 milliards de dollars sur le groupe Time Inc., qui rassemble notamment le magazine éponyme mais aussi Fortune, Sports Illustrated et People.

L'acquisition se fait avec l'apport financier des frères Charles et David Koch, connus pour apporter leur soutien aux franges conservatrices de la vie politique américaine et qui ne cachent pas leur aversion pour les médias dominants.

Les 650 millions de dollars qu'ils apportent par l'intermédiaire de leur véhicule financier Koch Equity Development (KED) est décrit comme "passif". Ils ne siègeront pas au conseil d'administration et n'auront pas d'influence sur la politique éditoriale, à en croire les assurances données par Meredith.

Mais leur présence suscite toutefois des inquiétudes sur l'influence de riches conservateurs sur les médias américains.

"Les médias ne sont pas un bon investissement et si vous décidez de le faire c'est pour d'autres raisons que la rentabilité", estime Jeff Jarvis, qui enseigne le sujet à la City University de New York et qui était lui-même journaliste pour le groupe Time Inc.

"Je ne suis pas contre davantage d'investissement venant des milieux conservateurs", affirme-t-il, tout en soulignant que les frères Koch lui semblent "plus versés dans la propagande que le journalisme".

Charles Alexander, un ancien éditorialiste pour Time, un magazine co-fondé en 1923 par Henry Luce, l'une des figures légendaires de la presse américaine, a rappelé la semaine dernière dans un article que les frères Koch ont financé des campagnes niant le réchauffement climatique et que cela pourrait les conduire à museler les enquêtes dans ce domaine.

L'empire industriel des Koch est évalué à près de 100 milliards de dollars, s'étendant de l'énergie à l'agriculture en passant par le papier. Comme il n'est pas coté en Bourse, le plus grand secret règne sur son fonctionnement et ses ramifications.

"Je n'y crois pas une seconde", lance Angelo Carusone, président de l'association Media Matters for America, qui se situe plutôt à gauche, lorsqu'il est interrogé sur les assurances que les Koch ne se mêleront pas des affaires de l'entité créée par la fusion entre Meredith et Time Inc.

"Pourquoi feraient-ils cet investissement ? Ils ne respectent pas le journalisme, ils détestent les médias", assure-t-il.

- 'Personnalité de l'année'? -

L'homme d'affaire David Koch, ici en 2015, et son frère apportent 650 millions de dollars dans l'acquisition de Time Inc. par Meredith Corp
L'homme d'affaire David Koch, ici en 2015, et son frère apportent 650 millions de dollars dans l'acquisition de Time Inc. par Meredith Corp ( Andrew Toth / GETTY/AFP/Archives )

La fusion intervient alors que les éclats se multiplient entre Donald Trump et les médias, le président américain reprochant à beaucoup d'entre-eux de se livrer à la politique de la "fausse nouvelle" ("fake news") et de l'attaquer sans relâche ainsi que la politique de son gouvernement.

Celui-ci vient de modifier les règles de concentration des médias ce qui, selon certains experts, pourrait permettre au groupe de presse conservateur Sinclair Broadcast Group d'acquérir Tribune Media pour étendre son influence dans la télévision locale.

Le président américain a même affirmé vendredi avoir refusé le titre de "personnalité de l'année" 2017 qu'aurait voulu lui accorder... Time Magazine, même si ce dernier le dément.

"Cela va être intéressant de voir qui sera leur +personnalité de l'année+ l'an prochain", ironise à ce propos Rebecca Lieb, analyste pour le secteur des médias chez Kaleido Insights.

Elle estime que le rapprochement entre Meredith et Time Inc. évoque le rachat il y a quelques années du Wall Street Journal par le magnat Rupert Murdoch. Ce dernier avait promis qu'il ne tenterait pas d'influencer le célèbre quotidien des affaires mais "en fait, il y a installé des gens à lui et le journal a changé sensiblement de tendance", affirme-t-elle.

Dan Kennedy, professeur à la Northeastern University à Boston, réserve toutefois son jugement sur les conséquences de la présence des frères Koch. Il invoque la présence de l'un d'entre eux au conseil d'administration d'une chaîne de télévision de Boston sans que cela se soit traduit pour autant par des pressions.

"Ce qui est vraiment triste c'est que Time Warner a décidé de se séparer de Time Inc. en 2014 pour se concentrer sur les secteurs plus rentables et a en gros laissé les magazines à leur propre sort", déplore-t-il. Time Warner possède notamment la chaîne d'informations CNN.

Pour Samir Husni, également professeur de journalisme à l'université du Mississippi, la politique n'est pas nécessairement la raison derrière le rachat de Time Inc. par Meredith.

"Il arrive maintenant aux magazines ce qui est arrivé aux journaux dans les années 1970 et 1980", souligne-t-il. Selon lui, les frères Koch "ne sont pas idiots" et n'auraient pas investi sans espoir de retour sur investissement, notamment grâce aux synergies entre la presse traditionnelle et numérique.

 ■

Copyright © 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

RETROUVEZ LES WEBINAIRES BOURSE DIRECT

Les Produits de rendement : découvrir un nouveau support d'investissement
Lundi 5 novembre de 18h00 à 18h30

Trader sur le CAC40 avec du levier
Mardi 6 novembre de 12h15 à 13h15

CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 19/10/2018

SOCIETE DE TAYNINH       Paris, le 19 octobre 2018     COMMUNIQUE DE PRESSE       INFORMATION FINANCIERE TRIMESTRIELLE   3ème TRIMESTRE 2018       Chiffre…

Publié le 19/10/2018

Nanobiotix a annoncé la présentation des résultats positifs de son étude de phase II/III Act.in.sarc évaluant NBTXR3 sur des patients atteints de Sarcome des Tissus Mous (STM) localement avancé…

Publié le 19/10/2018

  CAISSE REGIONALE DE CREDIT AGRICOLE MUTUEL SUD RHONE ALPES SOCIETE COOPERATIVE A CAPITAL VARIABLE Au capital actuel de 69 949 310,00 euros Siège social : 12 Place de la résistance…

Publié le 19/10/2018

Getlink a été retenu pour la neuvième année consécutive, par Gaïa Rating, parmi 230 sociétés analysées pour intégrer le Gaïa Index composé des 70 meilleures valeurs françaises. La note…

Publié le 19/10/2018

    Paris, le 19 octobre 2018     CESSATION ET MISE EN OEUVRE D'UN CONTRAT DE LIQUIDITE   À compter du 22 octobre 2018 et pour une période d'un an renouvelable…