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USA: l'inflation joue l'arlésienne, mais Janet Yellen (Fed) se méfie

| AFP | 286 | Aucun vote sur cette news
La présidente de la Réserve fédérale américaine, Janet Yellen à Washington, le 19 septembre 2017
La présidente de la Réserve fédérale américaine, Janet Yellen à Washington, le 19 septembre 2017 ( MARK WILSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives )

L'inflation continue de jouer l'arlésienne aux Etats-Unis, au point que la Fed reconnaît avoir peut-être "mal jugé" les raisons de sa faiblesse persistante, mais sa présidente Janet Yellen semble elle-même penser que cette situation ne va pas perdurer.

Mme Yellen a admis mardi qu'elle et ses confrères -qui ont prédit sans succès depuis des mois un retour de l'inflation vers l'objectif de 2%- avaient "peut-être mal évalué" l'impact du fort marché du travail sur l'évolution des prix. Celle-ci n'est qu'à 1,4%, selon l'indice PCE que retient la Fed.

Ce mea culpa sur les causes de l'atonie des prix a été dans un premier temps interprété de façon hésitante par les marchés, certains acteurs financiers y voyant une possible pause dans le resserrement des taux.

La Fed a modestement relevé les taux d'intérêt à trois reprises depuis l'élection de Donald Trump en novembre 2016 et elle prévoit de les relever encore une fois cette année, probablement en décembre. Ces taux, qui fixent le coût de l'argent que les banques se prêtent entre elles, sont actuellement situés entre 1% et 1,25%.

Dans un long discours lors d'une conférence économique à Cleveland, Mme Yellen a soufflé le chaud et le froid. Tout en reconnaissant que le taux bas de l'inflation était "un mystère", elle est aussi de nouveau apparue persuadée que son faible niveau était "probablement temporaire".

"Nous continuons de prévoir que l'inflation va se stabiliser autour de 2% dans les deux ans qui viennent", a-t-elle répété.

Si un resserrement "progressif" de la politique monétaire "est approprié", "il faut se méfier de ne pas agir trop progressivement non plus", a poursuivi Mme Yellen.

"Si on ne continue pas à relever les taux (...) à l'avenir, il y a un risque que le marché du travail passe en surchauffe, créant potentiellement un problème inflationniste qu'il sera difficile à maîtriser sans provoquer de récession", a-t-elle prévenu.

- Fin de mandat -

La patronne de la Fed a aussi rappelé les risques de bulle financière qui pouvaient être associés à un assouplissement monétaire prolongé: cela peut conduire à "un endettement accru (...) avec des conséquences négatives pour la stabilité financière".

"C'est pour cela (...) qu'il serait imprudent de maintenir la politique monétaire en l'état jusqu'à ce que l'inflation remonte à 2%", a encore averti la présidente de la banque centrale.

Evoquant les difficultés à prédire le niveau d'inflation dans l'économie, elle a admis que la Fed avait peut-être surestimé l'influence du dynamisme du marché du travail.

Théoriquement, un taux de chômage très bas comme celui que connaissent les Etats-Unis (à 4,4%) aurait déjà dû faire naître des tensions inflationnistes à travers des hausses de salaires. Mais, a concédé Mme Yellen, "certains observent que la faiblesse continue de l'augmentation des salaires est un signe que l'économie n'a pas encore atteint le plein emploi".

Elle a aussi souligné que le nouvel environnement de la distribution en ligne jouait à la baisse sur les prix. "L'importance grandissante des achats en ligne, en augmentant la compétitivité du secteur de la distribution de détail, a réduit les marges et restreint la capacité des firmes à augmenter leurs prix", a-t-elle expliqué.

Ces interrogations sur l'impact de l'inflation sur la politique monétaire interviennent alors que le mandat de Mme Yellen, une démocrate, à la tête de la puissance banque centrale touche à sa fin en février.

Le président Trump, qui se dit supporteur "des taux bas", a déclaré "bien aimer" Mme Yellen, mais n'a "pas encore pris de décision", a-t-il déclaré récemment. Il examine actuellement une liste d'une demi-douzaine de candidats, selon des informations de presse, parmi lesquels l'économiste en chef de la Maison Blanche, Gary Cohn.

Si celui-ci semblait avoir sabordé ses chances en critiquant le président Trump à propos de sa réaction sur les violences racistes de Charlottesville (sud) cet été, il présente l'avantage pour le président républicain d'être beaucoup plus libéral que Mme Yellen sur le sujet de la règlementation bancaire et financière.

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