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Un an après, l'impact surtout économique de la normalisation entre Israël et les Emirats

| AFP | 380 | Aucun vote sur cette news
Sur cette photo d'archive prise le 15 septembre 2020, (de gauche à droite) le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président américain Donald Trump, le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn Abdullatif al-Zayani et le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis Abdullah ben Zayed al-Nahyane à la Maison Blanche après avoir signé les accords d'Abraham reconnaissant Israël, à Washington
Sur cette photo d'archive prise le 15 septembre 2020, (de gauche à droite) le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président américain Donald Trump, le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn Abdullatif al-Zayani et le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis Abdullah ben Zayed al-Nahyane à la Maison Blanche après avoir signé les accords d'Abraham reconnaissant Israël, à Washington ( SAUL LOEB / AFP/Archives )

Le 15 septembre 2020, les Emirats arabes unis et Bahreïn deviennent les premiers pays du Golfe à normaliser publiquement leurs relations avec Israël. Sous l'impulsion des Etats-Unis de Donald Trump, le Maroc et le Soudan font de même.

Jusqu'à l'année dernière, l'Egypte et la Jordanie restaient les deux seuls pays arabes à reconnaître l'Etat hébreu, à la faveur d'accords -- déjà sous l'égide des Etats-Unis -- mettant fin aux guerres menées contre lui.

Un an après la normalisation, qu'en est-il des relations entre Israël et ses nouveaux partenaires du Golfe, en particulier les Emirats?

Priorité à l'économie

Dans le contexte de la pandémie de Covid-19, Israël et les Emirats espèrent tirer des bénéfices économiques de leur nouvelle lune de miel. Après la normalisation de leurs relations, les deux pays ont conclu de nombreux accords commerciaux.

Depuis, le nombre de startups israéliennes travaillant dans le domaine de l'intelligence artificielle, des technologies financières et de l'agriculture, a augmenté dans le riche Etat du Golfe qui ne cache pas ses ambitions dans ces domaines.

Le volume des échanges commerciaux s'élevait en août dernier à 500 millions de dollars (plus de 423 millions d'euros), hors investissements, après plusieurs accords portant sur le tourisme, l'aviation et les services financiers.

"Les principaux avantages pour les Emirats ont été économiques", confirme à l'AFP Elham Fakhro, spécialiste du Golfe à l'International Crisis Group. Ces avantages ont été, selon elle, particulièrement prégnants dans "le tourisme, la cybersécurité, les échanges culturels et diplomatiques".

Environ 200.000 Israéliens ont visité les Emirats depuis l'établissement des relations, selon le consul général d'Israël à Dubaï, la plus prisée des sept principautés qui forment l'Etat du Golfe.

Dans le domaine de la Défense, les Etats-Unis ont accepté de vendre pour plus de 23 milliards de dollars (près de 19,5 milliards d'euros) d'avions de combat F-35 et de drones aux Emirats après leur normalisation diplomatique avec Israël.

Bientôt l'Arabie saoudite?

Après les Emirats et Bahreïn, les yeux ont un temps été rivés sur l'Arabie saoudite, première puissance économique arabe, terre des lieux les plus saints de l'islam et proche partenaire des Etats-Unis. Mais Ryad a rejeté toute normalisation sans un règlement de la question palestinienne.

Les Israéliens et les Saoudiens partagent toutefois le même adversaire régional: l'Iran. Dans ce contexte, les relations non officielles se sont réchauffées et renforcées, observent des analystes.

"Il est peu probable que Ryad, dirigé par le roi Salmane, normalise formellement les relations avec Israël", estime Hugh Lovatt, chercheur au Conseil européen pour les relations internationales (ECFR).

"Mais il est clair que les deux pays partagent déjà un niveau important de dialogue politique et sécuritaire", dit-il à l'AFP.

Et si l'Arabie saoudite décide de sauter le pas, "elle le fera selon ses propres termes et en fonction de calculs internes", fait remarquer la chercheuse Elham Fakhro.

Quant aux autres pays du Golfe, le Qatar et Oman entretiennent également des relations discrètes avec Israël mais n'ont pas annoncé leur intention de les officialiser. Le Koweït a de son côté adopté une position ferme de soutien à la cause palestinienne.

Quelles conséquences pour les Palestiniens?

Les Palestiniens ont condamné les accords de normalisation comme des "coups de poignard dans le dos", affirmant qu'ils donnaient de la légitimité à l'occupation des Territoires palestiniens par Israël, reconnue comme illégale par l'ONU.

Aux yeux des Emirats, en échange de cet accord, Israël a accepté de renoncer à "l'annexion" de territoires palestiniens. Mais Benjamin Netanyahu avait affirmé que le projet était reporté, et non annulé.

En mai, les nouveaux alliés arabes d'Israël se sont retrouvés dans une position délicate, condamnant plus ou moins fermement l'Etat hébreu après que des centaines de Palestiniens ont été blessés lors d'affrontements avec les forces de sécurité israéliennes.

Les violences autour du site sacré de la mosquée Al-Aqsa, à Jérusalem-Est occupé par Israël, avaient été provoquées par la possible expulsion de familles palestiniennes d'un quartier de la ville, au bénéfice de colons juifs.

Mais, selon des analystes, ces événements n'ont eu aucun impact durable sur les accords de normalisation, car ces derniers "n'ont jamais porté sur les Palestiniens", selon Elham Fakhro.

"Ils sont fondés sur des intérêts bilatéraux importants qui, en réalité, n'ont rien à voir avec la question palestinienne", confirme Hugh Lovatt.

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