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Trump menace de couper l'aide aux Palestiniens, qui dénoncent un "chantage"

| AFP | 414 | 2.50 par 2 internautes
Le président américain Donald Trump lors d'une rencontre avec son cabinet à la Maison Blanche à Washington, DC le 20 décembre 2017
Le président américain Donald Trump lors d'une rencontre avec son cabinet à la Maison Blanche à Washington, DC le 20 décembre 2017 ( SAUL LOEB / AFP )

Le président américain Donald Trump a menacé mardi de couper l'aide financière des Etats-Unis aux Palestiniens, qui ont aussitôt dénoncé un "chantage" américain.

"Nous payons les Palestiniens DES CENTAINES DE MILLIONS DE DOLLARS par an sans reconnaissance ou respect" de leur part, a tweeté Donald Trump.

"Puisque les Palestiniens ne sont plus disposés à parler de paix, pourquoi devrions-nous leur verser des paiements massifs à l'avenir?", a ajouté le président américain qui souhaite relancer les négociations de paix.

Hanan Ashrawi, membre du comité exécutif de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) a réagi en proclamant que les Palestiniens ne céderont pas au "chantage" exercé par les Etats-Unis. "Nous ne céderons pas au chantage (...). Maintenant il (le président Trump) ose accuser les Palestiniens des conséquences de ses actions irresponsables", a affirmé Hanan Ashrawi dans un communiqué en évoquant notamment la récente décision du président américain de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël.

Les Etats-Unis ont versé, en 2016, 319 millions de dollars d'aide aux Palestiniens via leur agence de développement (USAID), selon des chiffres disponibles sur le site de l'agence.

A cela s'ajoutent 304 millions de dollars d'assistance donnés par Washington aux programmes de l'ONU dans les territoires palestiniens.

Donald Trump n'a pas précisé à quelles aides il faisait spécifiquement référence dans son tweet.

- Mesures de rétorsion -

Les Etats-Unis avaient menacé de prendre des mesures de rétorsion après un vote à l'Assemblée générale de l'ONU, le mois dernier, condamnant la reconnaissance par Washington de Jérusalem comme capitale d'Israël.

Des Indonésiens brûlent une photo du Président américain Donald Trump lors d'une manifestation contre la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël  à Banda Aceh (Indonésie) le 10 décembre 2017
Des Indonésiens brûlent une photo du Président américain Donald Trump lors d'une manifestation contre la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël à Banda Aceh (Indonésie) le 10 décembre 2017 ( CHAIDEER MAHYUDDIN / AFP )

"Nous nous en souviendrons quand on nous demandera encore une fois de verser la plus importante contribution" financière à l'ONU, avait lancé l'ambassadrice américaine aux Nations unies Nikki Haley.

Se faisant la porte-voix du président américain, elle avait déploré devoir "payer pour le privilège douteux d'être méprisés", menaçant à nouveau de "mieux dépenser" l'argent des Américains à l'avenir.

Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump s'est targué de pouvoir obtenir un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens, un dossier sur lequel tous ses prédécesseurs ont échoué.

L'émissaire du président américain pour le Proche-Orient, Jason Greenblatt, multiplie depuis des mois les rencontres dans la région pour tenter de relancer l'entreprise de paix moribonde. Jared Kushner, gendre et conseiller de M. Trump, est également chargé de travailler sur un plan de paix.

Mais cette nouvelle mesure de sanctions à l'encontre des Palestiniens - quelques semaines après la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël - promet de rendre encore plus hasardeuse toute reprise du processus de paix.

Les espoirs d'une solution à deux Etats ont encore été douchés mardi lorsque le Parlement israélien a adopté un projet de loi visant à compliquer le passage sous souveraineté palestinienne de certaines zones de Jérusalem dans le cadre d'un futur accord de paix. "Une déclaration de guerre" pour le président palestinien Mahmoud Abbas.

La décision américaine sur Jérusalem, le 6 décembre, avait provoqué la colère des Palestiniens qui veulent faire de Jérusalem-est annexée par Israël la capitale de l'Etat auxquels ils aspirent et une vague de critiques dans le monde.

Quelques jours après cette annonce controversée, le président palestinien Mahmoud Abbas avait annoncé qu'il ne recevrait pas le vice-président américain Mike Pence dans le cadre d'une visite prévue en décembre et finalement repoussée à mi-janvier.

Les détails de cette visite seront annoncés "dans les prochains jours", a indiqué la porte-parole de Mike Pence, Alyssa Farah.

Deux dignitaires religieux égyptiens, chrétien et musulman, avaient également annoncé qu'ils refuseraient de recevoir le vice-président américain.

Jérusalem, avec ses lieux saints juifs, chrétiens et musulmans, est un sujet passionnel. Depuis la création d'Israël en 1948, la communauté internationale considère que son "statut" doit être négocié entre Israéliens et Palestiniens.

Après l'annexion de Jérusalem-Est, partie palestinienne de la cité, Israël a proclamé toute la ville comme sa capitale "éternelle et indivisible". L'ONU n'a jamais reconnu cette annexion. Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l'Etat auquel ils aspirent

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