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Stanley Fischer (Fed) conseille à Donald Trump de renommer Janet Yellen

| AFP | 172 | 4 par 1 internautes
Stanley Fischer, vice président de la Réserve fédarale américaine, le 28 septembre 2017
Stanley Fischer, vice président de la Réserve fédarale américaine, le 28 septembre 2017 ( NIKLAS HALLE'N / AFP/Archives )

Le numéro deux de la banque centrale américaine, Stanley Fischer, a conseillé vendredi à Donald Trump de reconduire Janet Yellen à la tête de la Fed alors que les supputations sur le choix du président américain grandissent.

"Je pense qu'il devrait nommer Janet Yellen", a déclaré sur la chaîne économique CNBC le vice-président de la Fed.

"Avec Janet, les choses sont en mains sûres, et elle est très bonne pour expliquer ce qu'elle fait et pour persuader les gens, ce qui est d'une importance cruciale", a-t-il ajouté dans une prise de position rare pour un haut responsable siégeant au Comité de politique monétaire.

Mais M. Fischer, qui aura 74 ans dimanche, quitte lui-même la Réserve fédérale cette semaine après quatre ans comme vice-président.

En affirmant que Janet Yellen est la meilleure candidate, cet économiste qui a enseigné à de nombreux banquiers centraux dans le monde et qui a lui-même été gouverneur de la banque centrale d'Israël, laisse entendre en tout cas que Mme Yellen, 71 ans, est prête à assumer un second mandat.

Jusqu'ici celle-ci s'est refusée à dévoiler ses intentions. Le président Donald Trump, qui a la prérogative de nommer le dirigeant de la banque centrale la plus puissante de la planète, a reconnu "bien aimer" la démocrate, pourtant nommée par Barack Obama, car elle est, comme lui, plutôt favorable à des taux bas.

Mais il étudie activement les dossiers d'une kyrielle d'autres candidats parmi lesquels un actuel gouverneur de la Fed, des économistes du monde académique et d'anciens banquiers ou investisseurs, partisans de moins de régulation financière ou de règles calculées pour établir la politique monétaire.

Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor de l'administration Trump, a tout récemment déclaré que la décision serait prise dans le mois qui vient, mais le secrétaire général de la Maison Blanche John Kelly a dit jeudi que cela allait prendre "encore un certain temps".

Lors de son interview à CNBC, Stanley Fischer a aussi fermement alerté l'administration sur ses velléités de dérégulation financière.

- 'Grave erreur' -

Ce serait "une grave erreur", a-t-il lancé. "Je pense que s'il existe une leçon à ce qui nous est arrivé, c'est de conserver un secteur financier en bonne santé. Ne prenons pas de risques inconsidérés dans cette affaire", a encore martelé celui qui fut le conseiller de thèse de Ben Bernanke, qui a été le patron de la Fed pendant la crise économique et même de Mario Draghi, l'actuel président de la BCE.

"Parce qu'une fois qu'on sombre dans une crise financière de grande ampleur, on subit une très longue période de lente croissance et ce n'est pas une bonne idée", a poursuivi M. Fischer se disant "inquiet de la dérégulation".

L'administration Trump a déjà commencé à alléger les gardes-fous imposés après la crise financière de 2008-2009 par la loi Dodd-Frank.

Interrogé sur la croissance américaine que la Maison Blanche aimerait faire accélérer durablement au-dessus de 3% grâce à des réductions d'impôts, M. Fischer a estimé qu'une "petite période d'accélération de la croissance" était possible.

Mais il a mis en garde contre l'accroissement du déficit et de la dette. Avec des réductions d'impôts, l'Etat fédéral devra sans doute emprunter davantage même si l'administration Trump assure que les réductions fiscales se paieront d'elles-mêmes en générant plus d'activité donc plus de recettes.

"Il faut être prudent en pensant à la taille de l'endettement et surtout à la taille du service de la dette", a-t-il suggéré alors que sur le long terme les taux d'intérêt sont prévus de repartir à la hausse.

Interrogé sur ses projets après avoir siégé au directoire de la Fed, celui qui fut aussi numéro 2 du FMI a seulement assuré qu'après s'être installé à New York ses préoccupations continueraient "d'inclure l'économie, c'est sûr".

"Allez-vous joindre Twitter ?", a demandé la journaliste qui l'interviewait. "Je ne suis pas du genre à twitter mais peut-être devrais-je", a-t-il plaisanté en référence tacite au président Trump, fébrile communiquant sur Twitter.

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