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Thyssenkrupp et Tata veulent s'unir face à la concurrence chinoise

| AFP | 163 | Aucun vote sur cette news
Heinrich Hiesinger, patron du sidérurgiste allemand ThyssenKrupp (G) lors de la conférence de presse à Essen, le 20 septembre 2017
Heinrich Hiesinger, patron du sidérurgiste allemand ThyssenKrupp (G) lors de la conférence de presse à Essen, le 20 septembre 2017 ( Marcel Kusch / dpa/AFP )

Face à la déferlante d'acier chinois, l'allemand Thyssenkrupp et l'indien Tata veulent fusionner leurs activités sidérurgiques en Europe, mais doivent convaincre les salariés allemands alors que leur projet prévoit 4.000 suppressions de postes.

Après un an de discussions, les deux groupes ont annoncé mercredi avoir signé une "déclaration d'intention" prévoyant la création d'une coentreprise en 2018, qui visera la deuxième place du marché européen de l'acier derrière ArcelorMittal.

C'est "la seule option qui offre un avenir durable à notre activité", a affirmé à la presse le patron de Thyssenkrupp, Heinrich Hiesinger, rappelant les difficultés des sidérurgistes européens, confrontés à une demande atone et à l'afflux d'acier chinois subventionné.

La coentreprise, baptisée
La coentreprise, baptisée "Thyssenkrupp Tata Steel" devrait être une holding installe aux Pays-Bas ( OLI SCARFF / AFP )

Chaque industriel a mené ses propres restructurations, mais "l'effet de ces mesures est de courte durée et vite absorbé par le marché", plaide-t-il également dans une lettre aux salariés citée par l'agence allemande DPA.

Baptisée "Thyssenkrupp Tata Steel", la coentreprise des deux groupes devrait être une holding installée aux Pays-Bas, avec une direction paritaire, qui emploiera quelque 48.000 salariés sur 34 sites.

M. Hiesinger juge possible qu'elle s'intéresse à de nouveaux secteurs : "nous examinons toutes les options", a-t-il déclaré au quotidien des affaires allemand Handelsblatt.

A la Bourse de Francfort, le titre Thyssenkrupp a terminé en hausse de 2,42%, à 25,86 euros. Tata Steel a de son côté terminé en progression de 1,64% à la Bourse de Bombay.

- 'Codécision' en pleine campagne -

Les futurs mariés tablent sur 400 à 600 millions d'euros d'économies annuelles et prévoient environ 4.000 suppressions de postes dans la production et l'administration, répartis "à peu près à égalité" entre les deux groupes.

Ce nouveau sidérurgiste réalisera un chiffre d'affaires à périmètre comparable de 15 milliards d'euros et produira environ 21 millions de tonnes d'acier par an.

Heinrich Hiesinger, président du groupe industrielle allemand ThyssenKrupp lors d'une conférence de presse à Essen (ouest de l'Allemagne), le 20 septembre 2017
Heinrich Hiesinger, président du groupe industrielle allemand ThyssenKrupp lors d'une conférence de presse à Essen (ouest de l'Allemagne), le 20 septembre 2017 ( Marcel Kusch / dpa/AFP )

Mais le projet doit notamment passer l'obstacle du conseil de surveillance de Thyssenkrupp où les représentants des salariés, selon le système allemand de "codécision", détiennent la moitié des sièges.

Une réunion est programmée samedi au siège de l'industriel à Essen dans la Ruhr, berceau de la sidérurgie allemande, alors que le puissant syndicat IG Metall a convoqué une vaste manifestation vendredi à Bochum.

"Nous restons opposés à ce rapprochement. Les emplois et les sites doivent être sauvegardés, il faut un financement durable et suffisant et la codécision doit être préservée", déclarait mercredi le représentant local du syndicat, Knut Giesler.

Même réserve chez le chef du comité d'entreprise de la branche acier de Thyssen, Günter Back, qui craint de voir "beaucoup plus" de postes finir par disparaître.

L'affaire tombe en pleine campagne en vue des législatives de dimanche. La ministre sociale-démocrate du Travail, Andrea Nahles, a jugé mercredi qu'"il ne devait pas y avoir un accord à n'importe quel prix".

- Quel site touché ? -

La ministre de l'Economie Brigitte Zypries, également au SPD, a rappelé que les "décisions stratégiques majeures" nécessitaient en Allemagne "un consensus avec les représentants des salariés", ce qui n'est "pas encore le cas", selon son porte-parole.

Plus enthousiaste, son homologue britannique Greg Clark a salué un "pas important" pour la sidérurgie nationale, estimant que la fusion pourrait garantir l'avenir du site gallois de Port Talbot, où Tata emploie 4.000 personnes et fait vivre de nombreux sous-traitants.

Le Premier ministre néeerlandais Mark Rutte arrive au Parlement, à La Haye, le 6 septembre 2017
Le Premier ministre néeerlandais Mark Rutte arrive au Parlement, à La Haye, le 6 septembre 2017 ( Robin Utrecht / ANP/AFP )

"Comme d'habitude, le diable réside dans les détails et nous demandons plus de garanties sur les emplois, l'investissement et la production" au Royaume-Uni, a pour sa part commenté Roy Rickhuss, représentant des trois syndicats britanniques de l'acier.

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte s'est lui réjoui de l'implantation de la future Thyssenkrupp Tata Steel à Amsterdam, estimant que ce choix "renforcerait le rôle moteur" du site de Tata à Ijmuiden (nord-ouest).

Les syndicats néerlandais s'inquiètent en revanche de savoir où Tata Steel supprimera 2.000 emplois, alors que les deux groupes se sont abstenus de toute précision sur la localisation des futurs sites touchés.

Le principal actionnaire de Thyssenkrupp, la fondation Krupp qui en détient 23%, a approuvé mercredi un projet destiné selon elle à "préserver à long terme l'entreprise et son indépendance".

Selon plusieurs médias, l'industriel allemand pourrait cependant se heurter au scepticisme de son deuxième actionnaire, le fonds suédois Cevian, dubitatif sur les synergies attendues de cette fusion.

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