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STX et GM&S, des dossiers industriels qui nuancent le visage libéral de Macron

| AFP | 364 | Aucun vote sur cette news
Le président Emmanuel Macron sur le perron de l'Elysée, le 28 juillet 2018 à Paris
Le président Emmanuel Macron sur le perron de l'Elysée, le 28 juillet 2018 à Paris ( bertrand GUAY / AFP )

Nationalisation temporaire des chantiers navals STX France, suivi actif du dossier de l'équipementier automobile en difficulté GM&S : Emmanuel Macron révèle un goût pour l'interventionnisme industriel, nuançant son image libérale.

"On avait le sentiment qu'au fond, sa logique c'était les nouvelles technologies et les start-up. Mais avec STX, Macron a montré qu'il pouvait aussi rebondir sur des secteurs industriels anciens", estime Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes, interrogé par l'AFP.

"Il raisonne comme un banquier d'affaires: on fait monter la tension pour renégocier après. C'est le pragmatisme des affaires", ajoute M. Lorenzi.

Par sa décision sur STX France, "Emmanuel Macron démontre qu'il n'y a pas pour lui de vache sacrée ou de tabou", renchérit Arié Flack, président de la banque d'affaires CFL, interrogé par l'AFP.

"Ce n'est pas du pragmatisme, parce que cela voudrait dire qu'il changerait d'avis selon les situations (...). C'est un ordo-libéral : il a un droit, il l'exerce, sans s'embarrasser des états d'âme", nuance M. Flack, qui a travaillé sur le dossier Alstom avec le président quand il était ministre de l'Economie.

- 'Je ne suis pas le Père Noël' -

Quand il était à Bercy, M. Macron avait montré un visage plus libéral. En 2015 il avait défendu le rachat d'Alcatel par Nokia, fustigeant la "vision romantique" française de vouloir bloquer toute fusion avec un groupe étranger. Quelques mois plus tard, il récidivait en donnant sa bénédiction au rachat du pôle énergie d'Alstom par l'américain General Electric, pourtant controversé.

Mais il était aussi intervenu pour faire monter l'Etat de 15 à 19,7% dans le capital de Renault pour imposer les droits de vote double. Un coup de force qui avait irrité le PDG Carlos Ghosn.

Face aux usines en difficulté, le président refuse de faire de la "démagogie", comme il l'a affirmé dans l'entre-deux-tours aux salariés de Whirlpool Amiens, à qui Marine Le Pen faisait miroiter une nationalisation du site.

"Je ne suis pas le Père Noël", lançait-il encore début juin à des salariés de l'équipementier automobile creusois en redressement judiciaire GM&S, dont le sort est toujours suspendu à une décision de la justice.

Mais depuis, Bercy a fait une intense pression sur les clients de GM&S, Renault et surtout PSA, pour qu'ils investissent sur le site de l'entreprise et lui garantissent des commandes pour faciliter sa reprise.

L'interventionnisme version Macron a atteint un nouveau sommet jeudi, avec la nationalisation inattendue des chantiers navals de Saint-Nazaire, STX France, le temps de renégocier à la baisse la participation du repreneur italien Fincantieri.

Globalement salué en France, ce coup d'éclat à moindre frais pour l'Etat - environ 80 millions d'euros - vise à "défendre les intérêts stratégiques de la France", a souligné le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

- Un rôle de vigilance -

"La stratégie du gouvernement c'est libérer les capacités productives du pays, bâtir là où c'est possible de grands champions industriels européens et protéger nos savoir-faire, nos emplois lorsqu'ils sont menacés" a ajouté le ministre.

Mais le cas STX a indigné en Italie et soulevé des interrogations en Allemagne sur l'européanisme revendiqué par le président français.

"Quand un partenaire européen ne peut pas être un actionnaire fiable, comment l'Europe peut-elle être soudée ?", se demandait ainsi vendredi le quotidien économique d'outre-Rhin Handelsblatt.

"Le volontarisme industriel, tous les pays le font", relativise toutefois M. Lorenzi du Cercle des économistes.

"L'Etat dirigiste, ce n'est pas de nature à améliorer l'image de la France sur la scène internationale", estime en revanche Marc Touati, économiste et président du cabinet de conseil ACDEFI. "Il y a vraiment de quoi s'inquiéter, on n'est pas dans la démarche libérale que l'on attendait", s'inquiète-t-il.

"M. Macron n'est pas dans un régalisme systématique, mais dans un rôle de vigilance de l'Etat plus traditionnel" pour trouver les meilleures solutions industrielles au cas par cas, interprète pour sa part Philippe Darmayan, président du Groupement des fédérations industrielles (GFI) au sein du Medef.

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