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Sommet franco-italien: vers un épilogue du feuilleton STX Fincantieri

| AFP | 268 | Aucun vote sur cette news
Le chantier naval STX de Saint-Nazaire, le 10 octobre 2016
Le chantier naval STX de Saint-Nazaire, le 10 octobre 2016 ( LOIC VENANCE / AFP/Archives )

Le président français Emmanuel Macron et le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni se rencontrent mercredi à Lyon (centre-est de la France) pour un sommet qui pourrait marquer l'épilogue de la crise sur la reprise de STX France par l'Italien Fincantieri.

Si les dirigeants devaient aborder d'autres sujets, dont la question des migrants et l'avenir de l'Union européenne, le point d'orgue de ce 34e sommet franco-italien devrait être la conclusion du feuilleton STX, après des semaines de tension entre les deux capitales.

En Italie, le quotidien La Stampa évoquait mercredi un accord "compliqué" permettant à Paris de "sauver la face", "après avoir montré les muscles" ces dernières semaines.

51%: c'est autour de ce chiffre clef que Rome et Paris bataillent depuis juillet, le gouvernement français refusant de laisser totalement s'échapper de son giron l'un des fleurons de l'industrie française, dont le constructeur Fincantieri veut racheter 51% du capital.

Le président Macron est déjà vivement critiqué pour avoir favorisé la fusion du Français Alstom avec l'Allemand Siemens, souvent perçue comme une mise sous tutelle germanique du constructeur du TGV, icône de l'industrie ferroviaire française.

Selon La Stampa, on se dirigerait vers la solution suivante: les Italiens auraient 50% plus un droit de vote (leur permettant d'assurer la direction opérationnelle), tandis que les Français auraient un droit de veto sur diverses questions stratégiques, dont l'emploi.

L'alliance capitalistique entre STX France et Fincantieri serait, selon la presse italienne, élargie à Naval Group (ex-DCNS).

En contrepartie des concessions françaises, le sommet de Lyon pourrait lancer un "Airbus des mers", civil et militaire, qui verrait notamment Fincantieri et Naval Group participer en commun à des appels d'offres à l'étranger et peut-être échanger des participations. Avec Naval Group, Fincantieri a déjà collaboré aux programmes de construction de frégates Fremm et Horizon.

- Stratégique -

Le feuilleton a connu plusieurs rebondissements, sur fond de maintien sous contrôle français des derniers chantiers navals de France, considérés comme stratégiques aussi bien en terme d'emplois que de défense.

Saint-Nazaire, 150 ans de chantiers navals
Saint-Nazaire, 150 ans de chantiers navals ( Laurence SAUBADU, Aude GENET / AFP )

Le site de Saint-Nazaire (ouest), qui construit des paquebots de croisière mais aussi des navires militaires, emploie en effet 2.600 salariés et fait travailler environ 5.000 personnes, via des sous-traitants.

Tout commence en 2016, lorsque les chantiers navals STX France, alors seule unité rentable du groupe sud-coréen en difficulté STX Shipbuilding, sont mis en vente à l'occasion d'un redressement judiciaire.

Fincantieri, constructeur naval contrôlé par l'Etat italien et seul candidat à la reprise, obtient le feu vert du gouvernement de François Hollande. Selon l'accord négocié, les Italiens (Fincantieri épaulé par une fondation bancaire) détiendront 55% des parts de STX France contre 45% pour les Français. Le 19 mai, Fincantieri signe un accord pour la reprise de la participation pour un montant de 79,5 millions d'euros.

Mais c'est sans compter sur les changements à la tête de l'exécutif. Fraîchement élu à l'Elysée, Emmanuel Macron demande de revoir la participation française à la hausse, visant 50% des parts. Une proposition rejetée par Rome, les Italiens insistant pour détenir au moins 51% du capital et le contrôle du conseil d'administration.

La crise éclate réellement avec la nationalisation "temporaire" fin juillet de STX France par Paris, une décision rarissime destinée à "négocier dans les meilleures conditions", après l'échec des discussions avec Fincantieri. Les deux pays s'étaient alors fixé l'échéance du 27 septembre pour sortir de la crise.

S'ils parviennent à trouver un accord lors de ce sommet, les gouvernements français et italien auront encore un autre dossier épineux à évoquer: l'avenir de la ligne de train à grande vitesse (TGV) Lyon-Turin, un projet financé à la fois par l'Union européenne, l'Italie et la France, sur lequel Paris a indiqué en juillet vouloir faire une pause.

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