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Société Générale à nouveau au régime après une année 2018 difficile

| AFP | 236 | Aucun vote sur cette news
La Société générale confirme la suppression de 1.600 postes dans le monde, dont environ 750 en France
La Société générale confirme la suppression de 1.600 postes dans le monde, dont environ 750 en France ( ERIC PIERMONT / AFP/Archives )

Engagée de longue date déjà dans une vaste restructuration, la Société Générale va accentuer le mouvement en supprimant 1.600 postes supplémentaires, dont une large partie dans sa division de financement et d'investissement fragilisée par un environnement difficile.

Sur le parvis de la Défense à Paris, où est situé l'imposant siège du groupe aux trois tours, l'annonce de ce plan mardi matin ne semblait guère être une surprise : "Ce n'est pas l'effet d'une bombe qui explose, ça fait des années qu'on s'y attendait. Malheureusement", a expliqué à l'AFP un cadre de la banque sous couvert d'anonymat.

Rien qu'en France, la banque rouge et noir prévoit 750 suppressions de postes, dont la mise en œuvre débutera au troisième trimestre.

"En France, ces suppressions se feraient dans le cadre du renouvellement de l'accord emploi signé avec l'ensemble des partenaires sociaux, grâce à la mobilité interne et des départs naturels et, pour certains périmètres, dans le cadre d'un plan de départs volontaires", précise ce communiqué.

Ce plan, qui consiste à "certains ajustements stratégiques" selon la banque, portera principalement sur les activités de financement et d'investissement (BFI) et doit permettre de muscler sa rentabilité en recentrant ces activités là où elles disposent "d'avantages compétitifs".

La "Générale" compte par exemple de "fermer sa filiale de trading pour compte propre", qui regroupe des activités consistant à investir sur les marchés avec les fonds de la banque ou encore recentrer ses activités de taux, crédit et changes.

L'organisation du siège des activités de banque de détail et les services financiers internationaux doit également être simplifiée, après la cession d'un certain nombre de filiales ces derniers mois, notamment au Monténégro, en Macédoine ou encore en Moldavie.

− Haro sur les coûts −

"Chaque année apporte son lot de suppressions de postes", s'était désolé dès lundi soir Khalid Bel Hadaoui, délégué CFDT Société Générale, auprès de l'AFP.

La banque a en effet engagé depuis 2015 un vaste plan de transformation de sa banque de détail en France, destiné à préserver sa rentabilité tout en répondant à l'évolution numérique du secteur et des usages de sa clientèle.

Et depuis le groupe a multiplié les annonces visant à réduire ses coûts tant en personnel, en réseau qu'en capital. Au total, sur la période 2015-2020, la banque a annoncé la suppression de près de 3.500 postes, la fermeture de 500 agences, un plan d'économies de 1,6 milliard d'euros.

Après la banque de détail, des suppressions de postes étaient attendues dans la BFI. La banque avait annoncé dès le 7 février, en présentant ses résultats annuels, vouloir réduire la voilure au sein de ces activités, notamment en baissant le capital utilisé par ce pôle bancaire à hauteur de 8 milliards d'euros, plus particulièrement sur les activités obligataires, de changes et de matières premières.

Le groupe emploie 148.000 personnes dans le monde, dont 20.000 dans la banque de financement et d'investissement.

− Turbulences boursières −

A l'instar de ses rivales européennes, Société Générale souffre d'un environnement de taux très bas qui compliquent la tâche de faire fructifier l'argent. En outre, le durcissement des exigences réglementaires, dans le sillage de la crise financière de 2007-2008, et le développement rapide des nouvelles technologies ont contraint les banques à de lourds efforts pour s'adapter à ce nouveau cadre.

Pour ne rien arranger, l'année 2018 et ses turbulences boursières au derniers trimestre ont fait apparaître des difficultés dans les activités de marché chez bon nombre d'établissements bancaires européens, dans un contexte de concurrence grandissante des banques américaines qui profitent d'un marché intérieur gigantesque et rentable pour venir tailler des croupières à leurs rivaux européens plus limités par la réglementation et le paysage européens.

"Cette tendance pourrait être durable, car les établissements américains ont les leviers pour prendre des parts de marché, et les établissements européens ont du mal à se défendre", note auprès de l'AFP Julien Maldonato, analyste chez Deloitte.

Signe de ces difficultés, BNP Paribas, la première banque européenne, a elle aussi annoncé un nouveau tour de vis budgétaire lors de la présentation de ses résultats 2018. Elle compte économiser 600 millions d'euros supplémentaires d'ici 2020, portant son objectif global d'économies à 3,3 milliards d'euros à cet horizon.

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