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Contre la réforme du travail, des routiers ciblent routes et dépôts pétroliers

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Des syndicalistes de la CGT distribuent des tracts près de la raffinerie de Gennevilliers pour protester contre la réforme du Code du travail, le 25 septembre 2017
Des syndicalistes de la CGT distribuent des tracts près de la raffinerie de Gennevilliers pour protester contre la réforme du Code du travail, le 25 septembre 2017 ( Thomas Samson / AFP )

Des routiers, principalement CGT et FO, ont entamé lundi un mouvement reconductible contre la réforme du Code du travail, en ciblant dès l'aube des axes de circulation et des dépôts de carburant, avant que les blocages ne soient en grande partie levés.

Le coup d'envoi a été donné par une trentaine de grévistes qui ont bloqué, dans la nuit, le trafic des poids-lourds sur une autoroute du Nord, tout près de la Belgique.

Des opérations-escargot ont suivi sur le périphérique de Caen et sur l'autoroute A1, une des plus fréquentées d'Europe, occasionnant des ralentissements conséquents.

Des actions ont aussi eu lieu à proximité d'Arras, Rouen, Bordeaux, La Rochelle, Marseille ou encore Saint-Nazaire.

"Il y a de vraies inquiétudes" exprimées par les chauffeurs, "il faut qu'on leur apporte des garanties", a reconnu lundi sur RMC et BFMTV le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner. S'ils le souhaitent, CGT et FO "seront évidemment reçus à nouveau", a-t-il ajouté.

Mais les syndicats disent n'avoir aucun contact avec l'exécutif, malgré les "plus de 40 points de blocage" recensés par leurs soins.

- Approvisionnement normal -

Blocage d'un rond-point par des routiers à Donges (Loire-Atlantique), le 25 septembre 2017
Blocage d'un rond-point par des routiers à Donges (Loire-Atlantique), le 25 septembre 2017 ( LOIC VENANCE / AFP/Archives )

L'approvisionnement des stations-services "est assuré normalement" et "la quasi-totalité des dépôts de carburants est libre d'accès" à la mi-journée, a assuré le ministère des Transports, en évoquant une situation "normale".

Le blocage des dépôts de Coignières (Yvelines), Vatry (Marne), Bassens (Gironde) et La Mède (Bouches-du-Rhône) a été levé, a-t-on appris de même source. Il se poursuivait cependant à La Rochelle et à Grand-Quevilly, près de Rouen, un site stratégique pour une partie de la région Ouest.

La présence policière a mis en échec des tentatives de blocage à Lorient, Valenciennes et près de Rennes.

"Le gouvernement choisit la matraque plutôt que le dialogue", a regretté sur RTL le numéro un de la CGT-Transports, Jérôme Vérité. Selon lui, les forces de l'ordre "ont eu comme consigne très clairement de lever un certain nombre de blocages", une situation inédite "depuis 2002".

Aux abords de la raffinerie de Donges (Loire-Atlantique), près de Saint-Nazaire, la situation s'était également "tendue" à l'aube, les gendarmes étant "déjà en place" à l'arrivée des grévistes, d'après FO.

"Quelque part la gendarmerie fait notre travail car la route est bloquée, cela crée même plus de perturbations", a commenté Pascal Bodin (FO) depuis le barrage filtrant. "On a des solutions de repli, ça va chauffer très dur", a prévenu de son côté Erwan Praud (CGT).

Au Havre, place forte de la contestation contre la loi travail l'an passé, aucun dépôt ou raffinerie n'a en revanche été bloqué, selon la préfecture.

Pour faciliter les approvisionnements, le gouvernement a publié samedi un arrêté autorisant les transporteurs d'hydrocarbures à déroger temporairement aux règles en matière de temps de conduite et de repos.

- Détermination -

Dans le bras de fer engagé avec le gouvernement, les grévistes affichent leur détermination.

"On restera le temps qu'il faut jusqu'à ce que Macron retire ses ordonnances purement et simplement", a ainsi déclaré Fabien Dautan, délégué CGT-Transports en Gironde.

Opposés à la réforme du droit du travail, les chauffeurs dénoncent la possibilité de "faciliter" les licenciements économiques dans les grands groupes, "l'affaiblissement" des représentants du personnel ou encore le plafonnement des indemnités prud'homales. Plus spécifiquement, ils s'inquiètent de la possibilité de négocier dans l'entreprise des éléments de rémunération (13e mois, prime d'ancienneté...), jusque-là fixés par la branche professionnelle.

Les ordonnances "portent atteinte à nos primes d'ancienneté, qui représentent 6% de nos salaires, environ 120 euros", a expliqué Stanislas Baugé (CGT). Il relève aussi que "dans beaucoup d'entreprises, les heures supplémentaires ne sont pas payées mais compensées par une prime qui pourrait disparaître".

"Aucun accord d'entreprise ne pourra être moins-disant que la convention collective. Affirmer le contraire est un mensonge et une manipulation", a répliqué la fédération patronale OTRE. Les organisations FNTR et TLF ont de leur côté dénoncé "un mouvement politique, sans aucun lien avec les problématiques du transport".

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