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Réforme des retraites: le gouvernement abat ses premières cartes

| AFP | 601 | Aucun vote sur cette news
Le Haut commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, à Paris le 11 mai 2017
Le Haut commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, à Paris le 11 mai 2017 ( Eric FEFERBERG / AFP/Archives )

Attendu de pied ferme par les partenaires sociaux, le gouvernement a un peu levé le voile mercredi sur la future réforme des retraites en présentant les "premiers grands principes" du système "universel" voulu par Emmanuel Macron.

Cela faisait des mois qu'ils attendaient "que le gouvernement sorte du bois", comme l'a résumé Pascal Pavageau. A l'instar du leader de FO, les principaux chefs de file syndicaux et patronaux sont venus au ministère des Solidarité et de la Santé pour obtenir, enfin, des précisions sur ce chantier social monumental.

Après une trêve estivale longue de trois mois, le Haut commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a mis sur la table quelques réponses: une quinzaine de lignes directrices qui reprennent en partie les engagements du candidat puis du président Macron.

Ainsi, on savait déjà que le futur système "remplacerait les 42 régimes de retraite existants" tout en restant "public, par répartition", avec la promesse qu'"un euro cotisé vaudra les mêmes droits pour tous les Français". Désormais, on sait qu'il sera financé par "tous les assurés", qui cotiseront "dans la limite de 120.000 euros bruts annuels" de revenus d'activité.

Le secrétaire général de Force ouvrière Pascal Pavageau, à Jouy-en-Josas le 29 août 2018
Le secrétaire général de Force ouvrière Pascal Pavageau, à Jouy-en-Josas le 29 août 2018 ( ERIC PIERMONT / AFP/Archives )

Le changement sera radical pour les fonctionnaires, qui cotiseront "au même niveau" que les salariés du privé, et dont les primes "seront prises en compte pour le calcul des droits à retraite", ce qui n'est pas le cas actuellement.

Les travailleurs indépendants, en revanche, "bénéficieront d'un régime de cotisations adapté afin de ne pas bouleverser les équilibres économiques de leur activité".

- "casus belli" -

Echaudé au printemps par la polémique sur une possible suppression des pensions de réversion, l'exécutif assure désormais que ce dispositifs de solidarité sera maintenu, de même que le minimum de pension pour les bas salaires et les carrières hachées.

Idem pour "les interruptions d'activité" comme le chômage, l'invalidité, la maladie ou la maternité, pour lesquelles des points seront accordés. La réforme changera en revanche les droits familiaux, avec une bonification "pour chaque enfant, dès le premier enfant" et non plus à partir du troisième.

Par ailleurs, l'âge légal "à partir duquel on pourra liquider ses droits restera fixé à 62 ans", ce qui correspond à la ligne rouge tracée par les syndicats. Laurent Berger (CFDT) en a même fait mercredi matin un "casus belli", de même que le "maintien des droits acquis", sur lequel l'exécutif s'est également engagé.

Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, lors de la manifestation parisienne organisée le 9 octobre par plusieurs syndicats contre la politique sociale d'Emmanuel Macron
Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, lors de la manifestation parisienne organisée le 9 octobre par plusieurs syndicats contre la politique sociale d'Emmanuel Macron ( Thomas SAMSON / AFP )

La transition vers le nouveau système "sera très progressive" et ne concernera ni les retraités actuels, ni "ceux qui seront à moins de 5 ans de l'âge de départ lors de l'adoption de la loi", dont la discussion au Parlement est envisagée "dans le courant de l'année 2019".

D'ici là, une deuxième phase de concertation entre M. Delevoye et les partenaires sociaux doit aborder de nouveaux sujets sensibles, comme la durée de cotisation et les carrières longues.

Le Haut commissaire devra encore préciser si un "âge pivot" sera créé pour inciter les travailleurs à partir plus tard que l'âge légal, sur le modèle des retraites complémentaires des salariés du privé qui subissent une décote s'ils partent avant 63 ans.

Le leader de la CGT, Philippe Martinez, représenté par ses lieutenants à la réunion de mercredi, a flairé un piège. "On va vous dire +vous pouvez partir à 62 ans+ mais si vous n'avez pas les moyens de vivre, vous allez continuer à travailler pour avoir plus de points. La finalité, c'est que vous allez partir à 65, 67 ans", a-t-il récemment indiqué à l'AFP.

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