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Pour une PME du secteur automobile, "il n'y a pas de bon Brexit"

| AFP | 288 | Aucun vote sur cette news
Chaine d'assemblage de l'usine BMW d'Oxford, à l'ouest de Londres, le 17 janvier 2017
Chaine d'assemblage de l'usine BMW d'Oxford, à l'ouest de Londres, le 17 janvier 2017 ( GEOFF CADDICK / AFP/Archives )

"Il n'y a pas de bon Brexit", se désole Greg McDonald, à quelques mois de la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Mais loin de se résigner au marasme, ce dirigeant d'une PME du secteur automobile a décidé de placer des billes sur le continent.

Nichée au coeur des Midlands, non loin de Birmingham, dans le centre de l'Angleterre, son entreprise joue gros avec le Brexit, à l'image de l'ensemble du secteur automobile, très dépendant du continent européen.

Le secteur, avec en fer de lance l'association professionnelle SMMT, n'a eu de cesse de lancer des signaux d'alarme contre les risques d'un retour aux contrôles douaniers, nuisibles aux affaires d'entreprises qui exportent la grande majorité de leur production.

La région des Midlands, symbole des heures glorieuses de l'industrie automobile britannique, est en première ligne, avec près de 40% des 186.000 emplois du secteur au Royaume-Uni, dont le groupe Jaguar Land Rover et de nombreuses PME, comme Goodfish, celle de Greg McDonald, 56 ans.

Goodfish est spécialisée dans les pièces moulées en plastique, qu'elle écoule auprès de fournisseurs automobiles, qui représentent un tiers de ses clients.

De ses lignes de production, qui fonctionnent 12 heures par jour, la société expédie une cargaison par semaine vers la Pologne et une tous les dix jours en République tchèque. Le continent absorbe un tiers de ses ventes et la majorité de ce qu'il vend au Royaume-Uni est ensuite expédiée à l'étranger.

- Direction la zone euro -

"Ceux qui ont survécu dans le secteur manufacturier au Royaume-Uni sont ceux qui exportent", explique Greg McDonald.

Les premiers effets du Brexit sur son activité ne se sont pas faits attendre, ne cache pas le dirigeant aux airs bonhommes, arborant fièrement une chemise bleu ciel siglée du nom de sa société.

"Nous avons un ou deux clients qui commencent à constituer des stocks, donc nous produisons plus pour eux. Et bien sûr nous souffrons de la livre faible, ce qui rend nos matières premières plus chères", puisqu'il les fait venir d'Europe, détaille-t-il en recevant l'AFP.

Robots dans l'usine Nissan de Sunderland, dans le nord-est de l'Angleterre, le 12 novembre 2014
Robots dans l'usine Nissan de Sunderland, dans le nord-est de l'Angleterre, le 12 novembre 2014 ( OLI SCARFF / AFP/Archives )

Sa jeune entreprise, créée en 2010, réalise un chiffre d'affaires annuel de 10 millions de livres (11,29 millions d'euros) et compte 125 employés, dont de la main d'oeuvre des pays de l'Est.

Mais c'est le discours inquiet de grands clients internationaux préoccupés de ne compter que sur des fournisseurs au Royaume-Uni qui a mis la puce à l'oreille de Greg McDonald.

"Quand j'ai entendu ça, je me suis dit: +je dois faire quelque chose+ et j'ai décidé que nous allions ouvrir une usine ou faire une acquisition dans la zone euro, en Europe centrale et de l'Est", région connue pour ses faibles coûts salariaux et en pointe dans l'automobile, explique le chef d'entreprise.

Jaguar Land Rover vient d'ailleurs d'ouvrir une nouvelle usine en Slovaquie fin octobre.

- Les traces du Brexit -

"C'est notre moyen de réagir à la perte potentielle d'activité et également au fait que l'Angleterre devrait avoir une croissance plus faible qu'en zone euro", explique M. McDonald. "Je ne veux pas que tous mes oeufs soient dans le panier du Brexit".

S'il ne croit pas à une sortie sans accord, "nous ne savons pas encore à quel point le Brexit sera mauvais mais selon moi il n'y a pas de bon Brexit", estime-t-il. "Devoir suivre les règles de l'UE sans avoir notre mot à dire sur ces règles c'est vraiment une position pire que ce que nous avions", selon lui.

Et il s'inquiète également des traces que laissera ce feuilleton du Brexit auprès des grands constructeurs automobiles internationaux, qui ont menacé de revoir leurs investissements en cas de Brexit "dur".

Pour lui, "si le Royaume-Uni reste dans une union douanière il n'y a pas de raison que l'investissement change mais dans l'esprit des dirigeants de ces grandes entreprises l'idée s'installe selon laquelle l'Angleterre est moins stable qu'avant".

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