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Pour renforcer les liens avec Nissan, l'Etat français prêt à réduire sa part dans Renault

| AFP | 437 | 3 par 2 internautes
Bruno Le Maire à Berlin, le 4 juin 2019
Bruno Le Maire à Berlin, le 4 juin 2019 ( John MACDOUGALL / AFP/Archives )

Après l'échec des négociations entre Renault et son rival Fiat Chrysler, le gouvernement français veut donner des gages au partenaire japonais Nissan, se disant prêt à abaisser sa part dans le groupe au losange, un sujet de frictions récurrent.

En première ligne sur ce dossier, le ministre français de l'Economie a appelé samedi, dans un entretien avec l'AFP, à renforcer l'alliance automobile franco-japonaise avant de songer à un rapprochement avec un autre constructeur.

"Remettons les choses dans le bon ordre", lance M. Le Maire en marge du G20 Finances à Fukuoka, dans le sud-ouest du Japon.

"Dans le bon ordre, ça veut dire d'abord la consolidation de l'alliance, et ensuite la consolidation (avec d'autres partenaires), et pas l'un avant l'autre, parce que sinon vous risquez que tout s'effondre comme un château de cartes".

"Nous pouvons réduire la part de l'Etat dans le capital" de Renault, a assuré le ministre, avec l'apparente volonté de tendre la main à Nissan, très rétif aux interférences du gouvernement français. "Cela ne pose pas de difficultés sous réserve qu'au bout du compte on ait une alliance plus solide entre les deux grands constructeurs automobiles que sont Renault et Nissan".

Il y a quelques jours, Renault s'apprêtait à convoler avec le constructeur Fiat Chrysler Automobiles (FCA), mais le fiancé italo-américain a créé la stupéfaction en retirant son offre, invoquant des "exigences" de Bercy et "les conditions politiques" en France.

"L'Etat français est l'actionnaire de référence chez Renault, donc il est légitime que l'actionnaire de référence joue son rôle", a justifié M. Le Maire.

Réparer les liens

Pour le ministre, la priorité est désormais de réparer et resserrer les liens avec Nissan, partenaire de Renault depuis 20 ans, passablement échaudé par les événements de ces derniers mois.

Les relations se sont fortement détériorées depuis l'affaire des malversations présumées du bâtisseur du partenariat franco-japonais, Carlos Ghosn. Et le fait que Renault n'ait pas prévenu son allié japonais des discussions avec FCA n'a pas arrangé les choses.

Arrivé en février à la tête du groupe au losange, Jean-Dominique Senard avait promis un "nouveau départ". Après des débuts salués au Japon, la confiance a toutefois été sérieusement entamée par le récent épisode.

Pris de court par l'annonce du projet de fusion Renault-FCA, le patron de Nissan, Hiroto Saikawa, avait alors fait part de sa prudence, craignant d'être mis sur la touche dans le nouvel ensemble.

Les deux représentants du groupe au conseil d'administration de Renault avaient donc choisi de s'abstenir mercredi, convainquant l'Etat de retarder la fusion. Le président de FCA, John Elkann, décidant dans la foulée de jeter l'éponge.

M. Le Maire n'a pas semblé exclure la possibilité d'une reprise à terme des négociations avec FCA, qui aurait créé un géant mondial de l'automobile avec plus de 15 millions de voitures vendues par an, largement devant les rivaux Toyota et Volkswagen.

Opération "bancale"

"Nous sommes ouverts à toutes les possibilités de consolidation sous réserve que l'ensemble des partenaires soient d'accord", a-t-il dit, afin de "réussir à faire face à l'évolution technologique en cours" vers des véhicules électriques, connectés et autonomes.

Mais "sur des sujets qui engagent des centaines de milliers d'emplois, il faut prendre son temps, nous n'agirons pas dans la précipitation", a poursuivi le ministre. Et d'insister: "Ne lançons pas des opérations de manière bancale et précipitée".

Comment renforcer l'alliance Renault-Nissan ? Par une fusion ? "Je ne crois pas du tout que ce soit le moment", a-t-il souligné, alors que Nissan a récemment rejeté une proposition. Il faut au préalable plancher, selon lui, sur la gouvernance et les participations croisées.

Renault détient actuellement 43% de Nissan. Le constructeur japonais possède 15% de Renault, sans droit de vote, et 34% de Mitsubishi Motors.

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