En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.  En savoir plus  J'accepte

  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
5 196.54 PTS
+0.45 %
5 195.50
+0.46 %
SBF 120 PTS
4 162.09
+0.51 %
DAX PTS
11 826.88
+0.43 %
Dowjones PTS
25 798.42
+2.17 %
7 276.43
+0.00 %
1.156
-0.08 %

Pour échapper à l'inflation, les Vénézuéliens chassent les bitcoins

| AFP | 301 | Aucun vote sur cette news
Pour échapper à l'inflation, les Vénézuéliens se paient en bitcoins
Pour échapper à l'inflation, les Vénézuéliens se paient en bitcoins ( / AFP/Archives )

Dans une pièce fermée à clé d'un immeuble de bureaux de Caracas, un secret bien gardé: 20 ordinateurs se consacrent au "minage" de bitcoins, permettant à des Vénézuéliens d'être récompensés en monnaie virtuelle et d'échapper ainsi à l'inflation galopante.

Utilisée dans des entrepôts, des bureaux ou même à domicile, la technique repose sur des machines chargées de résoudre des équations mathématiques qui vérifient la validité des transactions en bitcoins. En récompense, le système rémunère en bitcoins.

"Vous avez reçu 0,00847178 BTC (bitcoins) qui valent 35,55 dollars": tel est le message reçu par le patron de Veronica, explique cette dernière, qui a souhaité que son prénom soit modifié pour témoigner.

Employée de bureau, Veronica raconte que son chef a installé 20 machines à bitcoins début 2015.

Face à ces ordinateurs, elle détaille: "Il y a des machines qui rapportent 800 dollars par mois (plus de 26 millions de bolivars, NDLR). Celles-là sont moins rentables car elles sont plus vieilles. Elles sont allumées toute la journée et de temps en temps mon chef reçoit un mail disant combien d'argent il a gagné".

La méthode, utilisée dans le monde entier, prend une signification particulière au Venezuela, pays en plein naufrage économique et à l'inflation vertigineuse, attendue à 652,7% cette année par le Fonds monétaire international (FMI), voire à 1.400% par le cabinet Econanalitica.

N'ayant plus confiance dans le bolivar, peinant à trouver des dollars, certains Vénézuéliens s'en remettent au bitcoin - actuellement valorisé à quelque 5.600 dollars - ou à d'autres devises virtuelles.

Difficile ne pas se laisser tenter: en constatant les gains à son bureau, Veronica a elle aussi franchi le pas, chez elle.

"J'ai acheté une machine, une amie en a pris une autre et un garçon en a acheté 20. Nous allons les installer dans la maison d'une dame. La mienne a coûté 2.280 dollars et produit 20 à 25 Litecoins - une autre monnaie virtuelle - par mois", indique-t-elle.

"Chaque Litecoin vaut 46 dollars, cela fait 920 dollars par mois", se réjouit Veronica. Une fortune dans un pays au salaire mensuel minimum de 136.543 bolivars (40 dollars), complété par un bon d'alimentation de 189.000 bolivars (56 dollars).

Selon Randy Brito, fondateur du site BitcoinVenezuela.com, le boom de ces transactions virtuelles a commencé en 2014, quand la crise économique s'est intensifiée à mesure que chutaient les prix du pétrole, source de 96% des devises du pays.

Les bitcoins permettent de se mettre un peu à l'abri de cette crise.

- Pas sans risque -

"Celui qui achète des bitcoins avec des bolivars gagne de l'argent grâce à l'augmentation du prix du bitcoin par rapport au dollar, et échappe à l'inflation", explique M. Brito à l'AFP.

Il estime qu'environ 100.000 Vénézuéliens "font du minage", même s'il est impossible d'avoir un chiffre exact car beaucoup se protègent en passant par des serveurs dans des pays étrangers.

Ces monnaies virtuelles servent à acheter des aliments et des médicaments, produits frappés de grandes pénuries, indique Eugenia Alcala, fondatrice de Dash Caracas, une organisation qui fait de la pédagogie sur le sujet.

Selon le portail LocalBitcoins, dans la dernière semaine de septembre, les transactions en bitcoins ont atteint près de 40 milliards de bolivars (1,1 million de dollars) au Venezuela.

"Les gens sont comme des fous en train d'acheter des machines. Ils les achètent par internet en Chine et parfois il faut payer 1.000 dollars à quelqu'un pour qu'il les achète, car le site est saturé", raconte Veronica.

Chaque ordinateur coûte 1.310 à 2.280 dollars.

Vient ensuite un autre obstacle: "Pour que (la douane) les laisse passer, il faut payer au moins 800 dollars", affirme à l'AFP Simon, un entrepreneur de 32 ans qui les importe.

L'acheteur rentre toutefois vite dans ses frais. Comme l'électricité est à tarif régulé, c'est "très rentable de +produire+ des bitcoins" - activité gourmande en énergie -, souligne l'économiste Asdrubal Oliveros.

"En électricité, nous dépensons à peine 15.000 bolivars par mois (moins de 50 centimes au taux du marché noir, ndlr)", confirme Veronica.

Mais cela n'est pas sans risque: les agents des services secrets (Sebin) débarquent régulièrement dans les maisons et immeubles où un bond de la consommation électrique a été constaté. "S'ils trouvent des machines, ils arrêtent les propriétaires ou les rackettent".

Certes, l'activité est légale, précise à l'AFP l'avocat Jesus Ollarves, mais la police "arrête ceux qui la pratiquent pour vol d'énergie". D'où la nécessité, pour les "mineurs" de bitcoins, d'opérer en secret.

 ■

Copyright © 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

RETROUVEZ LES WEBINAIRES BOURSE DIRECT

Trader sur le CAC40 avec du levier
Lundi 5 novembre de 12h30 à 13h00

Les Produits de rendement : découvrir un nouveau support d'investissement
Lundi 5 novembre de 18h00 à 18h30

CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 17/10/2018

Argan, foncière de développement et location d’entrepôts, annonce la livraison d’une nouvelle plateforme logistique de 13 000 m², située sur la commune de Meung-sur-Loire, à une vingtaine de…

Publié le 17/10/2018

L'USD/JPY se maintient au-dessus de son support à 111.60

Publié le 17/10/2018

Oxatis, annonce aujourd'hui l'acquisition de la société PowerBoutique, spécialiste français du SaaS e-commerce...

Publié le 17/10/2018

SEB a annoncé la nomination de Stanislas de Gramont au poste de Directeur général délégué. Il prendra ses fonctions le 3 décembre 2018. Il sera rattaché au Président-directeur général…

Publié le 17/10/2018

Bouygues UK, filiale britannique de Bouygues Construction, et l’Université de Cambridge ont signé un contrat pour la construction du laboratoire de physique Cavendish III et d’un centre voisin…