Pétrole : nouvelles tensions au Moyen-Orient, le baril rebondit au-dessus des 100$
Situation toujours très tendue en Iran...
Le répit aura été de courte durée. Les cours de l'or noir repartent vivement à la hausse en ce début de semaine alors que la marine américaine se prépare à mettre en oeuvre un blocage du détroit d'Ormuz, après l'échec samedi de premières négociations entre Washington et Téhéran depuis l'annonce d'un cessez-le-feu de deux semaines. Le baril de Brent (contrat juin) bondit de 6,9% à 101,8 dollars à Londres tandis que le WTI (contrat mai) avance de 7,4% à 103,7 dollars.
Ce blocus va être "appliqué impartialement contre les navires de toutes les nations entrant ou quittant les ports et zones côtières" de l'Iran, dont "tous les ports iraniens dans le Golfe d'Arabie et dans le Golfe d'Oman", a indiqué le Centcom (commandement central de l'armée américaine) via 'X'.
"Le marché est désormais largement revenu à ses conditions d'avant le cessez-le-feu, sauf que les États-Unis bloqueront désormais également les flux restants, jusqu'à 2 millions de barils par jour, liés à l'Iran et transitant par le détroit d'Ormuz", indique à 'Reuters' Saul Kavonic, responsable de la recherche chez MST Marquee. "C'est très dangereux car nous sommes en train de transformer un conflit régional en un conflit potentiellement mondial", ajoute Jorge Montepeque, directeur général d'Onyx Capital Group, à 'Bloomberg TV'. Les prix des contrats à terme pourraient ne pas refléter correctement les risques, a-t-il ajouté : "C'est absurde - le prix devrait se situer entre 140 et 150 dollars".
Le président Donald Trump a déclaré à la presse que l'action prévue serait très efficace, après avoir menacé de représailles en cas de résistance de Téhéran. Outre le blocus, le dirigeant américain et ses conseillers envisageraient de reprendre des frappes limitées, selon le 'Wall Street Journal'. Le conseiller militaire iranien du guide suprême, Mohsen Rezaee, a affirmé que le pays " n'accepterait pas " un tel embargo américain et disposait de moyens de pression pour le contrer.
Cette décision américaine introduit "un risque supplémentaire considérable", affirme Michael Ratney, ancien ambassadeur des États-Unis en Arabie saoudite, à 'Bloomberg TV'. Certains navires transportant du pétrole à destination de la Chine, "la marine américaine va-t-elle les bloquer, provoquant ainsi une crise dans les relations sino-américaines ?".
Le détroit d'Ormuz, qui relie le golfe Persique aux marchés mondiaux, est de facto fermé depuis le début des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran fin février. Téhéran a exaspéré la Maison Blanche en renforçant son emprise sur cette voie maritime, en imposant des taxes à certains navires et en maintenant le trafic à un niveau bien inférieur à celui d'avant-guerre.
Même si le conflit devait prendre fin en quelques semaines, il faudrait du temps pour que les flux redeviennent à la normale dans le détroit d'Ormuz, tandis que certaines infrastructures énergétiques ont été endommagées et nécessitent de longues réparations. Le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie, Fatih Birol, a dernièrement averti que des restrictions d'énergie pourraient bientôt être mises en place dans certains pays, la crise pétrolière s'aggravant notamment en Asie.
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