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PAC: Stephane Travert veut avoir les "coudées franches" à Bruxelles

| AFP | 95 | Aucun vote sur cette news
Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert à l'Assemblée à Paris le19 juillet 2017
Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert à l'Assemblée à Paris le19 juillet 2017 ( FRANCOIS GUILLOT / AFP/Archives )

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a justifié vendredi son choix de redistribution des aides européennes très critiqué, par un souci de réalisme budgétaire, afin d'avoir "les coudées franches" lors de la négociation de la PAC 2020 (politique agricole commune européenne).

"Je prépare la PAC dès maintenant, j'ai besoin d'avoir les coudées franches. L'ambition et l'objectif du président de la République c'est que nous soyons à 3% du déficit public. C'est notre sauf-conduit, c'est ce qui va faire notre garantie pour mieux négocier la PAC auprès des institutions européennes", a expliqué le ministre, dans une forme de léger recadrage aux agriculteurs céréaliers.

Ces derniers ont vertement critiqué la décision annoncée jeudi par le ministre de transférer des fonds du pilier I de la PAC, regroupant les aides à la production qui leur profitent massivement, vers le pilier II, consacré au développement rural, aux zones de montagne, à l'installation des jeune agriculteurs et à l'agriculture bio, afin d'honorer les engagements du précédent gouvernement dans ce domaine.

"Il a fallu faire des choix face à des impasses budgétaires", s'est encore justifié Stéphane Travert, venu vendredi à la rencontre des agriculteurs à l'occasion des fêtes de la moisson, dans une exploitation céréalière à l'extrême sud de la Seine-et-Marne, dans la commune d'Arville.

"Des engagements avaient été pris et je ne voulais pas me retrouver à faire des choix qui auraient conduit à prendre des décisions encore plus dures, plus difficiles pour tous nos modèles agricoles en attendant et en ayant la stratégie de l'autruche", a-t-il ajouté.

Il a dénoncé les "postures" et les "faux-semblants" de certaines franges d'agriculteurs.

Il a aussi battu en brêche les critiques des agriculteurs bio, qui ont dénoncé les transferts de fonds de jeudi, jugés insuffisants pour soutenir ce secteur en plein boom.

La FNAB, principal syndicat de l'agriculture bio, a parlé de "jeudi noir" pour l'agriculture biologique.

"Je solde les comptes des impasses budgétaires et je prends mes responsabilités", a déclaré le ministre, un brin énervé.

"Je sais ce qu'il peut en coûter à la filière bio. Je sais ce qu'il se dit et il se dit souvent n'importe quoi", a-t-il déclaré: "non, nous ne supprimons pas l'aide à la conversion, non, nous ne supprimons pas les aides à la bio", a-t-il ajouté, se posant en garant des engagements pris en 2013 par François Hollande, à Cournon, sur le financement des Feader (Fonds européen agricole pour le développement rural), des politiques bio.

Avant de prendre les commandes d'une moissonneuse-batteuse, sous l'oeil attentif du patron de la fédération des oléoprotéagineux (FOP, FNSEA) Arnaud Rousseau, le ministre avait plaidé devant quelques producteurs et éleveurs pour "ne pas opposer les modèles agricoles" qui "se complètent", avant de conclure : "je suis à vos ordres".

"L'idéal, c'aurait été que l'Etat respecte ses engagements", estimait Guillaume Lefort, propriétaire de l'exploitation, avant l'arrivée du ministre, tout en estimant que le scénario "le moins pire" l'avait emporté. Il estime à 5.000 euros d'aides en moins le coût de ce transfert pour son exploitation.

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