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Crise des opiacés: les groupes pharmaceutiques se préparent à passer à la caisse

| AFP | 365 | 3.33 par 3 internautes
Des comprimés Oxycodone contre la douleur contenant des opiacés photo prise le 23 août 2016 à Norwich. Le géant Johnson & Johnson a été condamné à payer 572 millions de dollars après la crise sanitaire dans l'Oklahoma
Des comprimés Oxycodone contre la douleur contenant des opiacés photo prise le 23 août 2016 à Norwich. Le géant Johnson & Johnson a été condamné à payer 572 millions de dollars après la crise sanitaire dans l'Oklahoma ( JOHN MOORE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives )

Après la condamnation de Johnson & Johnson à payer 572 millions de dollars pour la crise des opiacés dans l'Oklahoma, d'autres groupes pharmaceutiques pourraient accepter de payer des sommes importantes pour éviter d'aller au procès dans une des crises sanitaires les plus graves des Etats-Unis.

Selon certains médias, le groupe Purdue Pharma, fabricant d'un des principaux médicaments anti-douleur opiacés, OxyContin, aurait déjà offert de payer entre 10 et 12 milliards de dollars pour solder plus de 2.000 plaintes déposées contre lui dans un dossier tentaculaire prévu pour aller en procès le 21 octobre devant un juge fédéral de l'Ohio.

Le groupe pharmaceutique, propriété de la famille Sackler, qui avait déjà accepté en mars un accord à l'amiable dans l'Oklahoma assorti d'un versement de 270 millions de dollars à cet Etat, n'a pas confirmé ces montants.

Mais il a reconnu négocier "activement" un accord à l'amiable, expliquant n'avoir "guère intérêt à passer des années en vaines batailles juridiques" et souhaiter "une solution constructive" à une crise des opiacés qui a fait 47.000 morts par overdose aux Etats-Unis, rien qu'en 2017.

D'autres laboratoires et distributeurs pharmaceutiques attaqués dans le dossier de l'Ohio devraient désormais se placer dans cette logique, après qu'un magistrat de l'Oklahoma a estimé lundi que Johnson & Johnson portait sa part de responsabilité pour avoir adopté des pratiques "trompeuses de marketing et de promotion des opiacés", selon Carl Tobias, professeur de droit à l'université de Richmond en Virginie.

L'addiction mortelle des Américains aux opiacés
L'addiction mortelle des Américains aux opiacés ( Gal ROMA / AFP/Archives )

Johnson & Johnson, Purdue et d'autres laboratoires et distributeurs pharmaceutiques sont accusés d'avoir encouragé les médecins à surprescrire ces médicaments - initialement réservés aux patients atteints de cancers particulièrement graves - alors même qu'ils savaient qu'ils généraient de graves dépendances.

Depuis 1999, cette dépendance a poussé de nombreux consommateurs de ces médicaments vers des doses de plus en plus fortes et vers des drogues illicites comme l'héroïne ou le fentanyl, à fort risque d'overdose fatale.

Pour Carl Tobias, beaucoup des sociétés attaquées, notamment dans le dossier de l'Ohio où de nombreuses collectivités locales et Etats figurent parmi les plaignants, "devraient maintenant y réfléchir à deux fois" avant d'aller au procès.

Même si la loi sur les "nuisances publiques" invoquée par le procureur dans l'Oklahoma est plus large que dans d'autres Etats, et si Johnson & Johnson a annoncé qu'il ferait appel de sa condamnation, le juge a clairement estimé que les sociétés pharmaceutiques "pouvaient être tenues pour responsables" de la crise et de ses ravages, selon cet expert.

Coût sociétal

Le procès de l'Oklahoma, le premier sur cette crise érigée en urgence sanitaire nationale par le gouvernement Trump en octobre 2017, a aussi mis en lumière "une quantité étonnante d'éléments à charge", qui pourront être utilisés devant d'autres tribunaux, souligne Elizabeth Burch, professeure de droit à l'Université de Géorgie.

Le siège de De Purdue Pharma, le 2 avril 2019 à Stanford
Le siège de De Purdue Pharma, le 2 avril 2019 à Stanford ( Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives )

Autre facteur qui pourrait accélérer la recherche d'accords à l'amiable: l'évaluation des dégâts provoqués par cette crise ne cesse d'augmenter. Et les élus américains, y compris les maires de métropoles comme New York ou les procureurs de nombreux Etats, semblent de plus en plus déterminés à faire payer les groupes pharmaceutiques pour les dépenses induites par ce fléau: depuis la mobilisation des forces de l'ordre ou du personnel d'urgence face aux overdoses, jusqu'aux soins médicaux pour les malades, en passant par les programmes de prévention qui se sont multipliés à travers le pays.

Ainsi, pour le seul Etat de l'Oklahoma, la note sur les 30 ans à venir avait été chiffrée à plus de 17 milliards de dollars.

Le juge n'a condamné Johnson & Johnson à payer que 572 millions, correspondant à un an de coûts projetés, car il a estimé insuffisants les éléments apportés pour justifier les dépenses des années suivantes.

Le procès de l'Oklahoma, le premier sur cette crise érigée en urgence sanitaire par le gouvernement Trump en octobre 2017, a aussi mis en lumière
Le procès de l'Oklahoma, le premier sur cette crise érigée en urgence sanitaire par le gouvernement Trump en octobre 2017, a aussi mis en lumière "une quantité étonnante d'éléments à charge", qui pourront être utilisés devant d'autres tribunaux ( CHARLY TRIBALLEAU / AFP/Archives )

Selon Caleb Alexander, un spécialiste de l'université Johns Hopkins cité dans le dossier de l'Ohio, les mesures à prendre nationalement pour maîtriser cette crise pourraient atteindre 453 milliards de dollars sur les 10 prochaines années.

Avec de telles estimations, les batailles pour récupérer une part des indemnités versées par les sociétés pharmaceutiques risquent aussi de s'intensifier, souligne Elizabeth Burch.

Ainsi, dans l'Oklahoma, l'accord annoncé en mars avec Purdue Pharma prévoyait que les 270 millions de dollars que ce laboratoire a accepté de payer serviraient essentiellement à financer un centre de recherches sur les dépendances au sein d'une université locale.

Mais le parlement de cet Etat a voté peu après une loi stipulant que l'argent devait revenir dans ses caisses. Et le gouvernement fédéral a depuis réclamé à l'Oklahoma une partie de l'argent versé.

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