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Macron chez Toyota puis à Versailles pour séduire les multinationales

| AFP | 277 | Aucun vote sur cette news
Emmanuel Macron à Rome, le 11 janvier 2018
Emmanuel Macron à Rome, le 11 janvier 2018 ( Vincenzo PINTO / AFP/Archives )

Visite à l'usine Toyota d'Onnaing (Nord) puis réception à Versailles de 140 dirigeants de grands groupes étrangers pour un sommet baptisé "Choose France" (Choisissez la France): Emmanuel Macron veut montrer lundi que sa politique proentreprises attire les multinationales.

Les patrons des géants américains, chinois et européens, comme Coca-Cola, Facebook (Sheryl Sandberg), Google, Goldman Sachs, UPS, Alibaba, Bosch, SAP, Ikea, Barilla, Siemens, Volvo ou Rolls-Royce ont accepté l'invitation du chef de l'Etat, plébiscité par les milieux d'affaires pour son dynamisme et son programme d'allègement d'impôts des entreprises et de flexibilité du travail.

Plusieurs groupes doivent annoncer de gros projets d'investissements en France, en soutien à la politique française. L'Elysée attend cinq annonces significatives, dans l'industrie et le numérique et près d'une dizaine d'autres de taille moyenne, dont Toyota, qui annoncera un investissement de plusieurs centaines de millions d'euros dans son usine d'Onnaing - de l'ordre de 400 millions d'euros selon une source économique régionale - , avec des centaines de nouveaux emplois à la clé.

Pour marquer l'événement, le président passera trois heures lundi après-midi dans l'usine pour rencontrer salariés et dirigeants, avant de se rendre au château de Versailles où il s'adressera à ses invités à huis clos, "pour un dialogue plus direct", selon l'Elysée.

Facebook a pour sa part annoncé lundi matin le lancement de deux programmes de formation au numérique pour 65.000 personnes et un investissement de 10 millions d'euros dans l'intelligence artificielle.

Convaincre des patrons est un exercice auquel est parfaitement rodé M. Macron, ancien banquier d'affaires chez Rothschild. Le lieu aussi lui est familier. Lorsqu'il était ministre de l'Economie, il avait déjà choisi les ors de Versailles pour convier des investisseurs étrangers.

Pas moins de seize membres du gouvernement seront présents, dont le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, qui a annoncé qu'il demanderait à l'équipementier Bosch un nouvel investissement dans son usine de Rodez (Aveyron), où 300 à 800 emplois sont menacés, selon les syndicats.

- Moins d'emplois créés -

Emmanuel Macron s'envolera ensuite mercredi pour Davos, où il plaidera pour une mondialisation mieux organisée, avec "une vision politique mondiale", selon son entourage.

Le chef de l'Etat pourra capitaliser sur la remontée de l'image de la France auprès des investisseurs étrangers depuis son élection. Selon un baromètre réalisé en novembre par la Chambre de commerce américaine et le cabinet Bain, 72% des investisseurs américains escomptent une évolution positive du contexte économique en France contre 30% en 2016, un record depuis 18 ans.

En décembre, 70 patrons de filiales françaises de groupes étrangers avaient salué les premières réformes du gouvernement, et selon un sondage Ipsos auprès de 200 responsables de grosses sociétés étrangères en décembre, 60% jugent le pays attractif contre 46% en 2016.

La France estime avoir une carte à jouer au plan mondial, dans un contexte marqué par le Brexit et l'imprévisibilité de Donald Trump.

Le gouvernement tente ainsi d'attirer à Paris les banques internationales qui voudraient quitter Londres, grâce à un allégement des indemnités de licenciement des traders. Et la capitale accueillera bientôt l'Autorité bancaire européenne.

Tout ne relève pas d'un "effet Macron". L'année 2016 avait compté 1.117 investissements physiques étrangers en France (+16%), un record depuis dix ans selon Business France, l'organisme de promotion de la France à l'international dont l'ex-dirigeante Muriel Pénicaud est devenue ministre du Travail.

Mais ces investissements créent moins d'emplois: seuls 30.108 emplois ont été créés ou maintenus grâce aux capitaux étrangers en 2016 (-11%). De plus, les géants américains du numériques, s'ils investissent en France, échappent largement à l'impôt sur les sociétés, ce contre quoi Paris tente de mobiliser ses voisins.

Le gouvernement s'inquiète en outre de la réforme fiscale américaine, qui va abaisser l'impôt sur les sociétés de 35% à 21%. Angela Merkel et Emmanuel Macron, qui veulent harmoniser l'impôt sur les sociétés en Europe, risquent d'être pris de vitesse par la concurrence fiscale américaine.

Dernier bémol, susceptible de faire fuir les capitaux, la France veut combattre le "pillage" de ses technologies, comme l'a signifié Bruno Le Maire en Chine.

Paris va ainsi élargir le "décret Montebourg" sur le contrôle des investissements aux secteurs du numérique et pousse la Commission européenne à contrôler davantage les investissements extra-européens.

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