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Lundi ou plus tard, la Grèce se réaffûte pour les marchés

| AFP | 575 | Aucun vote sur cette news
La Bourse d'Athènes, le 11 février 2016
La Bourse d'Athènes, le 11 février 2016 ( LOUISA GOULIAMAKI / AFP/Archives )

La Grèce, qui devra se financer sur les marchés à partir de mi-2018, après son troisième programme d'aide, pourrait rapidement tester l'humeur de ces derniers avec l'émission d'une nouvelle obligation, peut-être dès lundi.

Y aller aussi vite? La presse grecque jugeait ce week-end le mouvement imminent. "Ce sera lundi probablement", avançait samedi Avgi, journal proche du gouvernement de gauche d'Alexis Tsipras, pour le quotidien économique Naftemporiki ce sera "lundi ou mardi". Kathimerini (centre-droite) évoquait aussi "le début de semaine prochaine".

Ce quotidien observait qu'il faudrait profiter de l'enjouement actuel des investisseurs avant qu'il soit terni par un possible resserrement de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), ou le résultat des élections allemandes de septembre.

Le porte-parole du gouvernement Dimitris Tzanakopoulos a été pour sa part été plus évasif sur le calendrier, dans le journal Documento de dimanche.

"Notre priorité est de faire quelques sorties tests sur les marchés pour préparer le terrain pour août 2018", a-t-il indiqué. "Néanmoins le timing d'une telle opération est quelque chose à quoi nous réfléchissons. Nous voulons faire notre première sortie au meilleur moment possible, et je peux vous assurer que nous ne le ferons pas dans le seul but d'impressionner", a-t-il poursuivi. "Cela se fera dans le cadre de notre stratégie globale pour regagner définitivement l'accès aux marchés", a-t-il ajouté.

La Grèce, absente des marchés d'obligations depuis deux modestes incursions en 2014, n'a actuellement pas besoin de l'argent des marchés qui lui revient très cher. Le pays recevra jusqu'à la fin de son programme d'aide de trois ans, les prêts à taux avantageux du Mécanisme européen de stabilité (MES).

Mais, c'est néanmoins "le bon moment" pour commencer à préparer le retour, a estimé cette semaine le directeur du MES, Klaus Regling. Ainsi, a-t-il observé, Chypre, l'Irlande et le Portugal ont ces dernières années retesté les marchés "bien avant la fin de leur programme" d'aide.

- 'Prochaine étape' -

Les planètes sont plutôt bien alignées, comme le résume le relèvement récent de la note de la Grèce par l'agence de notation Moody's. Avec une croissance prévue à 2,1% cette année, le pays devrait sortir de huit années de récession, au prix des douloureuses réformes imposées depuis 2010 par ses créanciers, l'UE et le FMI. Pour les satisfaire, Athènes a même voté le mois dernier des mesures pour les trois années suivant le plan d'aide actuel.

Avec de massives baisses des dépenses publiques, la Grèce vient également de sortir du groupe des pays européens en déficit excessif, dans lequel demeurent le Royaume-Uni, l'Espagne et la France. C'est "un autre signal positif de la stabilité financière et de la reprise économique dans le pays", s'est félicité le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, évoquant la préparation au retour sur les marchés comme "la prochaine étape".

L'Eurogroupe, dans son communiqué du 15 juin, affirme d'ailleurs que les prochaines sommes versées à la Grèce ne serviront plus seulement à rembourser les arriérés, mais aussi à créer "des réserves de liquidités pour renforcer la confiance des investisseurs et faciliter l'accès aux marchés".

- Privatisations d'abord -

Alors que le pays ploie sous une dette publique de 180% de son PIB, et que l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) ne sont pas d'accord sur les moyens de la réduire, le gouverneur de la Banque de Grèce, Yannis Stournaras, semble moins pressé.

"C'est un peu tôt", et la Grèce devrait plutôt d'abord "procéder à deux ou trois privatisations emblématiques dans la période à venir", a-t-il estimé mardi dans une interview au Wall Street Journal.

Toujours est-il que les marchés semblent déjà bien disposés: les taux des bons du Trésor grecs à trois et six mois, rigoureusement stables à 2,70% et 2,97% depuis l'arrivée de M. Tsipras au pouvoir, ont pour la première fois frémi à la baisse ce mois-ci, à 2,33% et 2,78%.

En 2014, seule année de mini-croissance depuis 2009, l'ancien gouvernement de coalition droite-socialistes d'Antonis Samaras avait déjà testé les marchés.

Une première obligation, à cinq ans, en avril, avait connu plus de succès qu'une seconde, à trois ans. C'est cette dernière qui arrive à échéance lundi.

Le gouvernement pourrait ainsi vouloir lui en substituer une autre, à cinq ans, si possible à un taux inférieur aux 4,95% de l'actuelle, selon Kathimerini.

L'émission se ferait à meilleur taux si elle s'assortissait de mesures concernant les obligations issues de la restructuration de la dette des banques privées en 2012, a estimé auprès de l'AFP une source proche du dossier.

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