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Les petits exploitants de l'Amazonie brésilienne en péril

| AFP | 191 | Aucun vote sur cette news
Vue aérienne de la forêt amazonienne brésilienne partiellement abattue, le 22 septembre 2017
Vue aérienne de la forêt amazonienne brésilienne partiellement abattue, le 22 septembre 2017 ( CARL DE SOUZA / AFP/Archives )

Censées être un modèle de développement durable pour préserver le "poumon de la planète", les petites exploitations agricoles de l'Amazonie brésilienne sont menacées de toutes parts.

"Nous essayons juste de survivre", lâche Cleyton Oliveira, agriculteur de 24 ans.

Il vit dans une de ces zones nommées "réserves extractives", projet pionnier imaginé dans les années 1980 par le militant écologiste Chico Mendes, assassiné par des propriétaires terriens en 1988.

L'objectif: réserver l'agriculture dans ces zones à de petits producteurs qui exploitent leurs propres terres tout en préservant la forêt.

Trente ans après, Chico Mendes, érigé en héros national, a laissé en héritage 90 réserves extractives au Brésil, couvrant 250.000 kilomètres carrés.

Dans l'État d'Amazonie, il y en a deux, créées en 2008: Ituxi, où vivent environ 600 personnes sur une surface de 7.769 kilomètres carrés, et Medio Purus, qui en regroupe près de 6.000 sur 6.204 kilomètres carrés.

La plupart des habitants sont des descendants d'ouvriers agricoles ayant travaillé dans des conditions proches de l'esclavage au moment de la "fièvre du caoutchouc", au début du XXe siècle.

"Les travailleurs appartenaient aux patrons, aux barons du caoutchouc", rappelle José Maria de Oliveira, leader communautaire de la réserve Medio Purus.

- Manque de moyens -

Portrait du militant écologiste brésilien Chico Mendes, assassiné en 1988, le 8 octobre 2014 dans sa maison à Xapuri, dans l'Etat d'Acre
Portrait du militant écologiste brésilien Chico Mendes, assassiné en 1988, le 8 octobre 2014 dans sa maison à Xapuri, dans l'Etat d'Acre ( YASUYOSHI CHIBA / AFP/Archives )

Aujourd'hui, les réserves font la part belle à l'agriculture vivrière, ainsi qu'à la pêche et à la cueillette de noix de pécan et autres denrées de la forêt, comme l'açai, fruit énergétique très apprécié au Brésil.

"Nous avons lutté pendant des années pour en arriver là", malgré "un grand nombre de menaces", raconte Silverio Maciel, un des leaders communautaires de la réserve Ituxi.

Mais les difficultés persistent, à cause du manque de soutien de la part du gouvernement et de l'appétit toujours plus féroce du lobby de l'agro-business.

"Malgré la présence d'une quantité de zones protégées, la déforestation continue parce que certaines personnes y trouvent leur intérêt", accuse M. Oliveira.

La municipalité de Labrea, dont dépendent les deux réserves, présente les plus grands indices de déforestation du Brésil.

L'Institut Chico Mendes pour la Conservation de la Biodiversité (ICMBio), organisme du gouvernement brésilien chargé de surveiller la région, se trouve désemparé face au manque de moyens.

Il dispose de seulement quatre agents pour couvrir une région grande comme près de la moitié de la Belgique.

"Nous nous battons pour que les arbres restent debout, mais la conservation de l'Amazonie n'est pas une priorité pour le gouvernement", constate Joedson Quintino, responsable de l'ICBbio dans la réserve Ituxi.

- Quotidien difficile -

Elevage bovin sur une parcelle occupée illégalement en Amazonie, dans l'Etat brésilien du Para, le 29 novembre 2009
Elevage bovin sur une parcelle occupée illégalement en Amazonie, dans l'Etat brésilien du Para, le 29 novembre 2009 ( ANTONIO SCORZA / AFP/Archives )

La vie dans les réserves est loin d'être un long fleuve tranquille.

Pendant la saison sèche, le voyage d'Ituxi à Labrea prend six heures à bord d'un bateau à moteur et coûte 140 dollars de combustible. A la saison des pluies, l'augmentation des voies navigables permet de réduire le trajet de moitié.

Des tortues, des dauphins et des hérons sont visibles le long du parcours. Mais la nuit, dans les eaux de la rivière, on ne voit briller que les yeux des caïmans.

"La vie au bord de la rivière est difficile", dit Sicleudo Batista, professeur de 29 ans atteint du paludisme.

À Ituxi, il n'y a qu'une école primaire, entièrement en bois, comme pratiquement toutes les habitations.

Un autre enseignant, Francisco da Silva, a intégralement conçu, financé et installé un système de panneaux solaires pour faire marcher la télévision, l'imprimante et le rétroprojecteur utilisés en classe.

D'autres établissements dépendent de groupes électrogènes bruyants, polluants et fort coûteux en combustible.

La réserve Ituxi ne compte qu'un seul professionnel de santé, Cleyton de Oliveira. La moitié de son maigre salaire de 400 dollars est dépensée en combustible pour le bateau quand il va chercher des médicaments ou du matériel médical.

Un bateau-dispensaire devrait en principe passer deux fois par an. Il est passé par Medio Purus en août dernier, mais n'a pas encore visité Ituxi cette année.

Les habitants ne peuvent pas espérer beaucoup d'aide de la part du maire de Labrea, Gean Barros.

Membre du PMDB (centre droit) du président Michel Temer, fortement soutenu par le lobby de l'agro-business, l'édile ne cache pas s'être opposé à la création des deux réserves, en 2008, par décret du président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.

"Le gouvernement de l'époque a promis beaucoup de changements et d'avantages pour les habitants, mais 90% des promesses n'ont pas été tenues", accuse le maire, joint au téléphone par l'AFP.

Malgré les difficultés, Francini dos Santos, leader communautaire à Ituxi, refuse de baisser les bras. "Il y a tellement d'obstacles que ça devient vite lassant, mais si nous abandonnons, tout va empirer"

"Les politiciens ne se battent que pour l'argent, pas pour nous, alors que ce sont nous qui nous battons pour la préservations de l'Amazonie", renchérit Silverio Maciel.

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