5 317.37 PTS
+0.15 %
5 334.5
+0.52 %
SBF 120 PTS
4 256.95
+0.13 %
DAX PTS
12 483.79
+0.18 %
Dowjones PTS
25 309.99
+1.39 %
6 896.60
+1.99 %
Nikkei PTS
21 892.78
+0.72 %
Suivez-nous sur Facebook
Suivez-nous sur Google +
Suivez-nous sur Twitter
Suivez-nous sur Youtube

Les Nigérians fans de cryptomonnaies, malgré le plongeon du bitcoin

| AFP | 83 | Aucun vote sur cette news
Une représentation visuelle d'une cryptomonnaie, le bitcoin, photographiée le 6 février 2018 dans la boutique
Une représentation visuelle d'une cryptomonnaie, le bitcoin, photographiée le 6 février 2018 dans la boutique "Bitcoin Change" à Tel Aviv. ( JACK GUEZ / AFP )

L'appétit des Nigérians pour les cryptomonnaies n'est pas affecté par la chute récente du bitcoin, dans un pays miné par la corruption et la fuite des capitaux.

Le pays pétrolier de 190 millions d'habitants est le troisième détenteur de bitcoins au monde en pourcentage du PIB, derrière la Russie et la Nouvelle-Zélande, selon un rapport publié en décembre par la banque américaine Citigroup.

Son succès, dans un pays marginalisé par le système financier international, est lié à son manque de régulation, et à la liberté qu'offre son utilisation.

Olaoluwa Samuel-Biyi, jeune entrepreneur de 27 ans en jeans moulant et à la coiffure ébouriffée, en est un bon exemple.

Il a commencé à penser aux cryptomonnaies le jour où les cartes de crédit et autres fournisseurs de moyens de paiement bien établis ont refusé un partenariat avec sa société de transfert d'argent, jugeant l'entreprise trop risquée.

La cryptomonnaie lui a semblé le seul moyen de résoudre son problème.

"Il est très difficile d'envoyer de l'argent du Nigeria au Zimbabwe, ou des Etats-Unis au Soudan", dit-il, car les banques se montrent "très frileuses" et les sociétés de paiement "généralement très gourmandes".

"La discrimination est très présente, nous devons contourner les obstacles pour réussir", explique-t-il.

La société de Samuel-Biyi, SureRemit, a mis au point sa propre cryptomonnaie, sur le modèle du bitcoin ou de l'ether.

Des jetons virtuels ("tokens") servent à acquérir des bons d'achat qui servent eux-mêmes à acquérir des biens et payer des factures avec des négociants participant à l'entreprise, sans intermédiaire ni frais.

En janvier, SureRemit a lancé sa formule par un appel à un financement participatif (ICO) par lequel des gens achètent les "tokens" qui doivent être mis en circulation et utilisés dans huit pays, la plupart en Afrique et au Moyen-Orient.

- Le marché africain -

Les 500 millions de jetons, chacun d'une valeur de deux cents dollars, se sont vendus en deux jours seulement, arrachés pour la plupart par de grands acteurs du marché des cryptomonnaies, dont le sud-coréen Hashed, permettant la levée de 7 millions de dollars.

"Nous craignions qu'on soupçonne une escroquerie" en raison de la mauvaise réputation du Nigeria en matière de fraude en ligne "mais le monde nous a véritablement acceptés", se réjouit M. Samuel-Biyi.

Si le système des jetons fonctionne, SureRemit devrait prendre sa place dans le marché des transferts d'argent internationaux, un marché estimé par la Banque Mondiale à 429 milliards de dollars en 2016. Au seul Nigeria, il s'établissait la même année à 19 milliards de dollars, plus de 4% du PIB.

Car les frais imposés au sein de l'Afrique sub-saharienne sur les transferts d'argent figurent actuellement parmi les plus élevés au monde.

Ainsi, pour envoyer de l'argent de France au Mali, ils s'élèvent à 5%, mais ils atteignent quatre fois ce pourcentage pour un transfert du Nigeria au Mali.

Cette situation obligeait les Nigérians à chercher des solutions de rechange, parfois risquées.

"Je me souviens qu'en 2004, e-gold (une monnaie numérique disparue) représentait la seule option au Nigeria pour effectuer des paiements en ligne", rappelle Tim Akinbo, fondateur de Tanjalo, une société nigériane où l'on peut acheter des bitcoins en nairas, la monnaie nationale.

"Il existe encore des pays d'Afrique coupés du commerce international en ligne. Le bitcoin représente une technologie qui permet d'en faire partie financièrement".

La chute du naira, tombé à 305 nairas pour un dollar contre 169 en 2015, a rendu les cryptomonnaies encore plus attrayantes et les autorités ont fini par y prêter attention.

Le gouverneur de la banque centrale du Nigeria, Godwin Emefiele, a récemment mis en garde la population, estimant que "les cryptomonnaies ou le bitcoin sont comme un pari". Le Sénat a aussi lancé une enquête sur "la viabilité du bitcoin comme forme d'investissement".

Ces avertissements n'ont guère eu d'impact, estime Owenizi Odia, porte-parole pour le Nigeria de Luno, une autre plateforme d'échange de cryptomonnaie.

"Je pense qu'il existe une reconnaissance de cette technologie comme représentant l'avenir", ajoute Muyiwa Oni, analyste chez Stanbic IBTC Holdings à Lagos. Mais "pour l'instant nous tentons encore de voir qui seront les principaux acteurs" du secteur.

Samuel-Biyi espère bien figurer parmi eux. "Que les autorités qualifient cela de pari ou non, les Nigérians cherchent tous les moyens pour contourner les problèmes", dit-il. "On se débrouille toujours pour y arriver".

 ■

Copyright © 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 23/02/2018

      CASINO, GUICHARD-PERRACHON Société anonyme au capital de 169 825 403,88 EUR Siège social : 1, Cours Antoine Guichard 42000…

Publié le 23/02/2018

Eiffage, au travers de sa filiale Eiffage Énergie Systèmes, a conclu un accord en vue d’acquérir 51 % du groupe Kropman, basé à Nimègue, aux Pays-Bas, spécialisé dans les domaines multi…

Publié le 23/02/2018

AXA a annoncé avoir publié au Bulletin des annonces légales obligatoires les résolutions que le Conseil d'administration soumettra à la prochaine Assemblée générale annuelle des actionnaires,…

Publié le 23/02/2018

BLEECKER   Société Anonyme à Directoire et Conseil de Surveillance Au capital de 20.787.356,70 EUR 39, Avenue George V - PARIS (75008) 572 920 650 RCS PARIS       Paris, le 23…

Publié le 23/02/2018

Natixis soumettra au vote de ses actionnaires, le 23 mai, le versement d'un dividende ordinaire, payé en numéraire, de 0,37 euro par action, au titre de l'année fiscale 2017. Le dividende sera…

CONTENUS SPONSORISÉS