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Les Emirats démarrent la première centrale nucléaire arabe

| AFP | 422 | 3.67 par 3 internautes
Photo diffusée le 13 février 2020 par le service de presse de la centrale nucléaire de Barakah montrant la centrale en construction en novembre 2019 dans le nord-ouest des Emirats arabes unis
Photo diffusée le 13 février 2020 par le service de presse de la centrale nucléaire de Barakah montrant la centrale en construction en novembre 2019 dans le nord-ouest des Emirats arabes unis ( - / Barakah Nuclear Power Plant/AFP/Archives )

Les Emirats arabes unis sont entrés samedi dans le club des pays utilisant l'énergie nucléaire civile avec la mise en service de leur centrale de Barakah, la première du monde arabe.

"Nous annonçons aujourd'hui que les Emirats arabes unis ont procédé, avec succès, à la mise en service du réacteur numéro un de la centrale de Barakah, le première du monde arabe", a tweeté cheikh Mohammed ben Rached al-Maktoum, Premier ministre des Emirats et souverain de Dubaï.

"C'est un moment historique pour les Emirats dans leur objectif de fournir une nouvelle forme d'énergie propre à la nation", a commenté Hamad Alkaabi, représentant des Emirats auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), saluant également le "succès" du démarrage de l'installation.

Les Emirats ont annoncé le 17 février avoir donné le feu vert au démarrage de la centrale après une série d'essais --sans pour autant donner de date pour sa mise en service-- et en avoir confié l'exploitation à Nawah Energy Compagny.

Cette entreprise fondée en 2016 doit exploiter et entretenir à terme les quatre réacteurs de la centrale située dans le nord-ouest du pays, selon son site internet.

"C'est une nouvelle étape dans notre marche vers le développement de l'énergie nucléaire pacifique", s'était alors réjoui Mohammed ben Zayed al-Nahyane, prince héritier d'Abou Dhabi.

Première centrale nucléaire arabe
Première centrale nucléaire arabe ( Paz PIZARRO / AFP )

L'installation a été construite par un consortium mené par Emirates Nuclear Energy Corporation (ENEC) et par le sud-coréen Korea Electric Power Corporation (KEPCO), pour un coût estimé à 24,4 milliards de dollars.

Le premier des quatre réacteurs devait être mis en service fin 2017 mais la date de démarrage a été reportée à plusieurs reprises pour satisfaire, d'après les responsables, aux conditions légales de sécurité.

25% des besoins

Lorsqu'ils seront pleinement opérationnels, les quatre réacteurs auront la capacité de produire 5.600 mégawatts d'électricité, soit environ 25% des besoins des Emirats arabes unis, pays riche en pétrole.

L'Etat fédéral composé de sept émirats compte une population de 9,3 millions d'habitants, dont environ 80% d'expatriés.

Les besoins en électricité sont croissants en raison notamment de l'utilisation de la climatisation durant les étés caniculaires.

L'ENEC, une entreprise publique, a annoncé en décembre que le chargement du combustible nucléaire dans le réacteur aurait lieu au cours du premier trimestre 2020.

Photo diffusée le 1er août 2020 par l'agence de presse saoudienne WAM de la centrale nucléaire de Barakah aux Emirats arabes unis
Photo diffusée le 1er août 2020 par l'agence de presse saoudienne WAM de la centrale nucléaire de Barakah aux Emirats arabes unis ( STRINGER / WAM/AFP )

Les responsables émiratis ont insisté sur le caractère "pacifique" de leur programme nucléaire et assurent qu'il ne contient aucun volet militaire, dans un contexte de tensions régionales accrues.

"Les Emirats restent attachés aux normes les plus élevées de sécurité et de non-prolifération nucléaires ainsi qu'à une coopération solide et continue avec l'AIEA et les partenaires nationaux et internationaux", avait souligné en février Hamad Alkaabi.

Le pays a accueilli plus de quarante missions internationales et inspections de l'AIEA et de l'Association mondiale des exploitants nucléaires (WANO) depuis 2010.

Mais le Qatar voisin considère la centrale de Barakah comme une "menace pour la paix régionale".

Comme plusieurs de ses alliés, dont l'Arabie saoudite, Abou Dhabi est en froid diplomatique avec le Qatar, avec lequel il n'entretient plus de relations officielles depuis juin 2017.

Interrogé par l'AFP sur le risque que ce projet exacerbe les tensions dans la région, M. Alkaabi s'était voulu rassurant en février: "Je dis aux critiques que si vous avez des questions, vous pouvez nous les poser, nous serons heureux d'y répondre (...) et les Emirats font partie de nombreuses conventions, dont celle sur la sécurité nucléaire".

Abou Dhabi entretient aussi des liens tendus avec Téhéran, par ailleurs lourdement sanctionné par la communauté internationale à cause de son programme nucléaire controversé jusqu'à la signature d'un accord avec les grandes puissances mondiales en 2015 à Vienne.

Photo diffusée le 13 février 2020 par le service de presse de la centrale nucléaire de Barakah montrant la centrale en construction en novembre 2019 dans le nord-ouest des Emirats arabes unis
Photo diffusée le 13 février 2020 par le service de presse de la centrale nucléaire de Barakah montrant la centrale en construction en novembre 2019 dans le nord-ouest des Emirats arabes unis ( - / Barakah Nuclear Power Plant/AFP/Archives )

Mais Washington s'est retiré unilatéralement de cet accord en mai 2018, rétablissant plusieurs trains de sanctions contre l'Iran. Ce dernier a en conséquence repris notamment l'enrichissement d'uranium en septembre 2019 sur son site de Natanz.

Située sur la côte, Barakah n'est donc séparée de l'Iran, en face, que par les eaux du Golfe.

Grand allié des Emirats, les Etats-Unis mènent une politique de "pression maximale" contre la République islamique, accusée de semer le trouble dans la région.

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