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Les économies des Argentins? En dollars et "sous le matelas"

| AFP | 495 | Aucun vote sur cette news
La vitrine d'un bureau de changes à Buenos Aires, le 2 septembre 2019
La vitrine d'un bureau de changes à Buenos Aires, le 2 septembre 2019 ( RONALDO SCHEMIDT / AFP/Archives )

Son salaire en pesos argentins à peine touché, Eugenia le change en dollars et le dissimule quelque part dans sa maison. Comme nombre d'Argentins, échaudés par les crises économiques à répétition, elle craint moins d'être volée que de déposer son argent à la banque.

"Je n'ai pas confiance dans le peso, cela ne date pas d'aujourd'hui, c'est depuis toujours", explique cette avocate de 43 ans qui ne souhaite pas donner son nom, comme tous les Argentins interrogés par l'AFP à ce sujet.

Frappés par des décennies de cycles d'inflation, de récession et de dévaluation, beaucoup d'Argentins préfèrent épargner en dollars et cachent leurs économies "sous le matelas", selon l'expression populaire.

Eugenia range ses économies dans sa salle de bain. "Je préfère qu'un voleur me le prenne, plutôt qu'il soit à la banque", dit-elle. Ce manque de confiance dans les établissements bancaires n'est pas nouveau.

La crise économique en Argentine
La crise économique en Argentine ( Nicolas RAMALLO / AFP/Archives )

"Historiquement, ceux qui ont essayé d'épargner en pesos, ça ne leur a pas réussi, contrairement à ceux qui ont épargné en dollars. C'est la conséquence d'un système financier en faillite", résume Matias Rajnerman, économiste au cabinet Ecolatina.

Sofia, décoratrice d'intérieur de 52 ans, a retiré ses économies en dollars de la banque au milieu de l'année 2019. Elle craignait une aggravation de la crise économique au retour annoncé de la gauche péroniste au pouvoir à l'issue des élections fin octobre.

"Qu'est ce que je peux faire d'autre ?", s'interroge-t-elle, rappelant qu'au cours de la seule année 2019 la monnaie locale a perdu 40% de sa valeur.

Peu après sa prise de fonctions, Alberto Fernandez, le nouveau président péroniste de centre-gauche a adopté un paquet de mesures d'urgence pour faire face à l'inflation (plus de 53% en 2019), à l'augmentation de la pauvreté et à l'explosion de la dette publique (91% du PIB fin 2019).

Le président argentin Alberto Fernandez à l'Elysée, à l'occasion d'une rencontre avec son homologue français Emmanuel Macron, le 5 février 2020
Le président argentin Alberto Fernandez à l'Elysée, à l'occasion d'une rencontre avec son homologue français Emmanuel Macron, le 5 février 2020 ( STEPHANE DE SAKUTIN / AFP/Archives )

Il a aussi mis en place une taxe de 30% sur les achats de devises, pour augmenter les réserves internationales du pays, et maintenu le contrôle des changes, avec des retraits limités à 200 dollars par mois et par personne, instauré par son prédécesseur de centre-droit, Mauricio Macri (2015-2019).

Coffres-forts

De fait, le cours du peso face au dollar est resté stable : au taux officiel, un dollar s'échange contre 63 pesos, même s'il atteint 83 pesos sur le marché parallèle. Et le gouvernement veut favoriser ceux qui rapatrient leurs économies dans le pays.

Mais selon les analystes, il reste difficile pour les Argentins de parier sur le peso. "Dans ce pays, il y a une histoire de violation systématique de la sécurité juridique de l'épargnant. L'épargne privée finit par être récupérée par le gouvernement ou échangée contre des obligations", souligne Matias Rajnerman.

"Cela s'est produit à plusieurs reprises, notamment en 2001", lorsque le pays a connu un défaut de paiement historique, rappelle-t-il.

Lors d'une manifestation contre le Fonds monétaire international (FMI) à Buenos Aires, le 12 février 2020
Lors d'une manifestation contre le Fonds monétaire international (FMI) à Buenos Aires, le 12 février 2020 ( RONALDO SCHEMIDT / AFP/Archives )

2001 hante encore les Argentins : cette année-là, pour tenter de faire face à la crise, l'ex-président Fernando de la Rua avait mis en place une mesure, baptisée populairement le "corralito" (le parc à bébé), pour éviter que les liquidités ne s'enfuit des banques locales.

La mesure limitait à 250 pesos, équivalent à l'époque à 250 dollars, le montant maximum pouvant être retiré d'une banque par semaine, et interdisait tout envoi de fonds à l'étranger.

Dans la foulée, la conversion forcée des comptes en dollars en peso dévalué fit perdre une grosse partie de leur épargne aux Argentins. Depuis, de nombre d'entre eux placent leurs dollars hors du pays. Selon la Banque centrale, les Argentins détiennent plus de 3 millions de dollars d'épargne à l'extérieur, en particulier aux Etats-Unis, en Suisse et en Uruguay.

Les économistes mettent en garde contre ce robinet de dollars à l'origine d'un cercle vicieux. "Cela réduit le système financier (...) il devient difficile de renverser la tendance", explique Matias Rajnerman.

La détérioration économique a fait se multiplier les demandes de coffre-forts dans les banques argentines. A tel point que certaines ont dû organiser des listes d'attente. Fabiana, une médecin de 56 ans, voulait mettre 40.000 dollars d'économie sous coffre, mais n'a pas encore pu le faire. "Beaucoup de gens m'ont devancée", dit-elle.

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