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Les défenseurs du libre-échange ont fait entendre leur voix au FMI

| AFP | 410 | Aucun vote sur cette news
La directrice générale du FMI, Christine Lagarde (g), au côté du gouverneur de la Banque centrale du Mexique, Agustin Carstens, le 14 octobre 2017 à Washington
La directrice générale du FMI, Christine Lagarde (g), au côté du gouverneur de la Banque centrale du Mexique, Agustin Carstens, le 14 octobre 2017 à Washington ( JIM WATSON / AFP )

Au terme des réunions annuelles du Fonds monétaire international et du G20, des voix se sont élevées samedi à Washington pour défendre ardemment le libre-échange face aux menaces de protectionnisme de l'administration Trump.

Le ministre des Finances allemand Wolgang Schäuble, qui la veille, avait estimé que le commerce n'était "pas la principale compétence du G20", a radicalement changé de ton.

"Nous devrions tous être inquiets par la faible croissance du commerce et par l'accroissement d'une rhétorique anti libre-échange. Les deux représentent une menace pour notre prospérité économique", a-t-il affirmé lors d'une réunion du comité monétaire et financier (CMFI), organe de direction du Fonds monétaire international (FMI).

"Les mesures protectionnistes ne feront que nuire à la croissance et à ceux qui les prônent pour se protéger", a-t-il ajouté, visant implicitement Donald Trump qui a une nouvelle fois menacé cette semaine de se retirer du traité de libre-échange nord-américain (Aléna) unissant Etats-Unis, Canada et Mexique.

Le président américain a maintes fois dénoncé ce traité qui, selon lui, est responsable de la destruction de milliers d'emplois américains notamment dans le secteur automobile et a alimenté le colossal déficit commercial avec le Mexique (plus de 64 milliards de dollars).

Le développement du commerce international a permis à des millions de gens de sortir de la pauvreté tout en fournissant "stabilité et prospérité à travers le monde", a argué M. Schäuble.

De son côté, le gouverneur de la banque centrale mexicaine Agustin Carstens a souligné samedi que l'Aléna avait considérablement dynamisé l'économie mexicaine.

Les études du FMI ont, elles, montré que ce traité avait été "un moteur très performant pour la croissance, l'innovation, la concurrence et la productivité", a par ailleurs souligné Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, tout en notant la légitimité de revisiter un accord entré en vigueur en 1994 afin de prendre en compte les changements notamment technologiques.

Le Fonds a également encouragé les pays à travailler ensemble pour que les bénéfices de la mondialisation soient mieux partagés.

- Convaincre les Etats-Unis -

"L'Allemagne est engagée à résister contre toute forme de protectionnisme et de poursuivre la coopération économique et financière mondiale", a enfin assuré le ministre allemand.

Ces déclarations interviennent alors que les négociateurs des Etats-Unis, du Canada et du Mexique sont réunis jusqu'à mardi près de Washington pour renégocier le traité de libre-échange nord-américain (Aléna).

Elles tranchent en outre avec la position du G20 vendredi qui avait soigneusement évité d'aborder l'épineuse question du protectionnisme au cours des discussions entre les principaux argentiers du monde.

"Sur les questions du commerce, l'approche allemande au G20 a été de trouver un langage consensuel", a expliqué une source européenne, rappelant qu'il s'agissait d'éviter les frictions vécues à Baden-Baden en mars précisément à cause d'une posture américaine contre le libre-échange.

"En circuit fermé, ce sont des questions qui sont évidemment abordées", a commenté une autre source diplomatique. "Afficher les divergences publiquement (...) pourrait créer des conflits inutiles, envenimer les choses, ce qui aboutirait à une cristallisation de la position américaine", a ajouté cette source.

Selon cette même source, la position du G20 n'a pas changé sur sa "volonté de préserver le multilatéralisme".

"C'est un travail patient pour faire passer ces messages et convaincre ses interlocuteurs américains que le multilatéralisme a du sens. C'est une stratégie implicite des 19 (autres pays) pour essayer de continuer à garder les Etats-Unis, première puissance mondiale, dans cette instance", a-t-il décrypté.

Le ministre argentin des finances Nicolas Dujovne avait lui-même reconnu qu'établir un consensus était désormais "l'une des principales tâches du G20".

"Nous pensons que nous sommes capables de trouver des compromis sur les différents sujets et problèmes posés dans le monde", a assuré M. Dujovne qui va prochainement prendre la présidence du G20. "Pour les prochains G20, la tâche la plus importante sera de parvenir à faire travailler le groupe ensemble", a-t-il insisté.

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