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Les cinéastes grecs furieux de la gestion du soutien public à leur production

| AFP | 159 | Aucun vote sur cette news
La présentation d'un long-métrage au festival du film de Thessalonique, en Grèce, le 9 novembre 2017
La présentation d'un long-métrage au festival du film de Thessalonique, en Grèce, le 9 novembre 2017 ( SAKIS MITROLIDIS / AFP )

Les cinéastes grecs ont déclenché une bronca cette semaine au Festival du film de Thessalonique, dénonçant une gestion erratique du soutien public à la production, qui menacerait la survie du secteur déjà frappé par l'austérité.

"Who is fucking greek cinema?": l'intitulé du tract distribué aux festivaliers par les associations du secteur donnait le ton de l'humeur dans leurs rangs.

En cause, une série de coupes dans les financements, mais aussi de mesures désorganisant le soutien à la production, qui laissent en suspens des dizaines de projets, selon Elina Psykou, présidente de l'Union des réalisateurs et producteurs, Espek, forte de 120 membres.

Dernier couac en date, le limogeage par le ministère de la Culture de la directrice du Centre grec du cinéma, Elektra Vernaki, le jour même où s'ouvrait la 58ème édition du Festival, qui s'achève dimanche.

Officiellement inexpliquée, cette sanction intervenait juste après la décision de la télévision publique ERT de remplacer par un comité interne composé de seuls employés, la commission chargée de choisir les projets à subventionner, qui comptait auparavant des professionnels reconnus.

Cette décision est pour sa part arrivée trois jours avant l'annonce prévue des projets retenus, alors ajournée sine die.

Le Centre du cinéma et ERT sont les deux piliers du financement des films en Grèce, avec chacun une ligne de crédit d'environ 3 millions d'euros par an.

- Retour en arrière -

En charge du panorama grec du Festival, qui présente cette année 33 films, Eleni Androutsopoulou juge cette grogne "justifiée".

"Avec la crise, les cinéastes grecs se sont ouverts sur l'étranger, se battent pour décrocher des coproductions, mais il leur faut garantir un financement grec, même minimal, et là, il n'y a aucune visibilité", explique-t-elle à l'AFP.

Pris à partie vendredi par les protestataires lors d'une conférence de presse, le directeur général d'ERT, Vassilis Kostopoulos, est resté évasif sur l'avenir et a revendiqué le monopole du personnel d'ERT sur le choix des films à soutenir "pour garantir une bonne gestion".

L'argument a mis hors de lui le président du Festival, Georges Arvanitis, directeur photo du défunt pape du cinéma grec Théo Angelopoulos.

Ce que fait ERT est exactement "ce que dénoncent les producteurs étrangers, qui se plaignent quand ils veulent travailler en Grèce d'être renvoyés sur des bureaucrates qui ne connaissent rien au cinéma", a-t-il accusé.

"On revient des décennies en arrière", déplore le distributeur Takis Veremis, en référence aux considérations parfois plus clientélistes qu'artistiques ayant longtemps englué le secteur.

En 2010, celui-ci avait bénéficié d'un nouveau souffle, avec le vote d'une loi imposant notamment aux chaînes de télévision de lui reverser 1,5% de leurs chiffres d'affaires.

Dans le même temps, une nouvelle génération de réalisateurs émergeait, dont le plus emblématique, Yorgos Lanthimos, a depuis accumulé les distinctions internationales.

- Pas de politique culturelle -

"Le problème c'est que la loi n'a jamais été vraiment appliquée, seule ERT reversant effectivement sa part", déplore Elina Psykou.

Pire: en 2016, le gouvernement a supprimé la taxe sur la billetterie, qui rapportait au Centre du cinéma de 2 à 5 millions d'euros par an pour soutenir production et diffusion.

"La crise n'excuse pas tout (...) le problème est qu'il n'y a aucune politique d'investissement dans la culture", déplore Alexis Grivas, ex-président du Centre.

Plusieurs des nouveaux chefs de file, Yorgos Lanthimos en tête, ont quitté le pays. D'autres bricolent des films avec 10.000 ou 15.000 euros, au risque qu'ils ne soient jamais diffusés.

Dans ces conditions, rien d'étonnant à ce que la nouvelle vague grecque "soit un peu en reflux", convient Mme Androutsopoulou.

Parmi les nouveaux talents pressentis, Elina Psykou n'a pu compter que sur ses coproducteurs français et bulgare pour tourner son deuxième long-métrage, "Le fils de Sofia", déjà repéré à l'étranger.

Suivant le jeune Misha, qui vient rejoindre en Grèce sa mère, une émigrée russe, il figure parmi les trois films grecs en compétition internationale à Thessalonique.

"L'argent grec est arrivé une fois le tournage fini, si je l'avais attendu, mon protagoniste, un enfant de onze ans, serait entretemps devenu un adolescent pubère", ironise-t-elle.

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