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Les Chinois sèment la zizanie chez les pêcheurs de Madagascar

| AFP | 1077 | 5 par 1 internautes
Des pêcheurs malgaches à bord d'une pirogue à Anakao, à Madagascar le 4 novembre 2018
Des pêcheurs malgaches à bord d'une pirogue à Anakao, à Madagascar le 4 novembre 2018 ( MARCO LONGARI / AFP )

Au soleil levant, les pirogues à balancier glissent sur l'océan, embrasé par l'éclat de leurs voiles de tissus rapiécés. Un jeune Malgache plonge dans l'eau pour pousser les poissons dans son filet, un autre tente de les accrocher à son hameçon.

A Anakao, haut lieu de la pêche traditionnelle dans le sud-ouest de Madagascar, le peuple Vezo - "la force de ramer" en langue locale - vit ainsi depuis des générations. Mais l'arrivée l'an dernier de six chalutiers chinois à proximité des côtes a bouleversé leur pratique.

"Les Chinois pêchent le tout venant et rejettent à la mer des petits poissons morts", s'indigne un pêcheur d'Anakao, Marco Randrianjaka. "Si ça continue, on va manger du sable", redoute même son collègue Fulgence.

La société chinoise Mapro Sud dément. Les mailles de ses filets permettent aux petits poissons de s'échapper, affirme Lifujun Li, le gérant de l'entreprise installé à Toliara, le port le plus proche.

Dans ce climat déjà tendu, l'annonce en septembre de la signature d'un accord de pêche signé en marge d'un forum à Pékin entre des investisseurs chinois et une association privée malgache a mis le feu aux poudres. En pleine campagne pour la présidentielle des 7 novembre et 19 décembre, la controverse a pris une tournure très politique.

Des femmes du village de pêcheurs d'Anakao à Madagascar, le 3 novembre 2018
Des femmes du village de pêcheurs d'Anakao à Madagascar, le 3 novembre 2018 ( MARCO LONGARI / AFP )

Le texte de l'accord n'a pas été publié mais selon des indiscrétions, il s'agit d'un partenariat d'un montant global de 2,7 milliards de dollars qui prévoit notamment la livraison à des pêcheurs malgaches de 330 bateaux modernes et réfrigérés de 14 mètres.

Ces bateaux doivent "remplacer les pirogues traditionnelles", assure l'Agence malgache de développement et de promotion des entreprises (AMDP), l'association de droit privé qui a négocié et conclu cet accord avec le consortium chinois Taihe.

"Développement local"

Ces bateaux, qui seront fournis gratuitement par les Chinois, sont censés permettre aux pêcheurs malgaches "d'augmenter leur capacité de production", explique un responsable de l'AMDP sous couvert d'anonymat. Une partie des poissons pêchés sera vendue sur le marché local. Le "surplus" restera aux Chinois, poursuit-il.

Les 330 bateaux doivent générer à terme 130.000 tonnes de poissons pêchés par an, selon l'AMDP. Un chiffre qui s'approche du niveau de production de pêche de Madagascar en 2017 (163.492 tonnes).

Selon le responsable de l'AMDP, l'accord va favoriser le "développement local" de Madagascar, un des pays les plus pauvres au monde.

Alors pourquoi déclenche-t-il une telle levée de boucliers ? A cause d'un "a priori négatif" de la part des acteurs de la pêche, avance le représentant de l'AMDP.

Un pêcheur malgache replie ses filets de pêche à Anakao, le 4 novembre 2018, à Madagascar
Un pêcheur malgache replie ses filets de pêche à Anakao, le 4 novembre 2018, à Madagascar ( MARCO LONGARI / AFP )

Les intéressés le nient farouchement, en pointant du doigt les menaces du partenariat avec les Chinois: "On est déjà en situation de surexploitation dans certaines régions", s'alarme Rijasoa Fanazava de l'organisation WWF à Madagascar.

L'accord-cadre, signé en marge d'un forum de coopération économique sino-africain à Pékin, risque de laisser à quai de très nombreux pêcheurs, faute de poissons, s'alarme M. Fanazava. "Ils vont vivre de quoi ?", se demande-t-il, en rappelant que le secteur emploie près d'un demi-million de personnes.

Une récente table-ronde organisée entre l'AMDP et une trentaine d'organisations n'a pas permis de dissiper ces inquiétudes.

"Les seules estimations d'impacts fournies par l'AMDP étant d'ordre économiques, nous n'avons aucune assurance que les impacts environnementaux et sociaux de ce projet aient été dûment considérées", ont répété les acteurs du secteur.

"Opacité"

L'AMDP reconnaît elle-même que "l'impact sur l'environnement reste à évaluer". Mais, tempère-t-elle immédiatement, l'accord prévoit "un projet d'aquaculture pour repeupler la faune maritime sur le littoral".

Pas de quoi rassurer les ONG, "pas convaincues" que l'accord "présente de réelles opportunités économiques pour les pêcheurs" malgaches. Le réseau Mihari, la voix des pêcheurs locaux, dénonce un accord "sans précédent signé dans l'opacité la plus totale" et réclame son annulation.

Le ministre de la Pêche Augustin Andriamananoro va dans leur sens. Il affirme ne pas avoir été mis au courant de l'accord, signé à Pékin en présence du président Hery Rajaonarimampianina juste avant que celui-ci ne démissionne pour briguer un nouveau mandat.

La proximité de l'AMDP avec l'ancien chef de l'Etat - cette association est dirigée par son conseiller spécial Hugues Ratsiferana - et la date de la signature suscitent de nombreuses interrogations.

Les pirogues des pêcheurs au village d'Anakao à Madagascar, le 4 novembre 2018
Les pirogues des pêcheurs au village d'Anakao à Madagascar, le 4 novembre 2018 ( MARCO LONGARI / AFP )

L'AMDP "ne peut pas prétendre vendre les richesses" dont elle "n'est pas propriétaire", affirme M. Andriamananoro, un allié de l'opposant Andry Rajoelina, à l'AFP. Il conteste la légalité de l'accord et estime qu'il ne sera pas mis en oeuvre.

Ancien président, M. Rajoelina s'est qualifié pour le second tour de la présidentielle avec son prédécesseur Marc Ravalomanana. Arrivé 3e loin derrière, M. Rajaonarimampianina a lui été éliminé.

L'AMDP affirme que l'accord "engage deux entités du secteur privé" et pas deux Etats et qu'il sera donc honoré. Elle assure que les premiers bateaux construits par les Chinois seront livrés aux Malgaches d'ici un an.

A Anakao, les pêcheurs ne veulent pas en entendre parler.

"On pêche déjà de moins en moins: plus de 20 kilos par jour avant; maintenant 10 kilos", constate l'un d'eux, Mananaina.

"Il n'y a tout simplement plus assez de poissons pour nourrir tout le monde", tranche son collègue Fulgence.

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