En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.
  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
5 557.67 PTS
-
5 519.00
-
SBF 120 PTS
4 397.99
-
DAX PTS
12 282.60
-
Dowjones PTS
26 462.08
-0.51 %
7 816.92
+0.42 %
1.113
+0.02 %

Les Allemands se mobilisent contre "la folie des loyers"

| AFP | 810 | Aucun vote sur cette news
Manifestation à Berlin le 6 avril 2019, contre la gentrification et la hausse des loyers
Manifestation à Berlin le 6 avril 2019, contre la gentrification et la hausse des loyers ( Odd ANDERSEN / AFP )

Des milliers d'Allemands ont manifesté samedi à Berlin et d'autres villes du pays contre la "folie des loyers" et la spéculation immobilière.

Dans la capitale, des milliers de manifestants se sont rassemblés sur l'emblématique Alexanderplatz, d'où ils devaient gagner le quartier de Kreuzberg, en voie de gentrification et frappé par des hausses de loyers depuis plusieurs années.

"Pas de démolition d'immeubles habitables", ont notamment lancé les manifestants. D'autres arboraient une pancarte "Surprise! Le marché ne se régule pas de lui-même". Certains étaient déguisés en "requins de l'immobilier".

D'autres rassemblements étaient prévus samedi à Munich, Cologne, Francfort, Göttingen, Fribourg ou encore Mannheim.

A Berlin, le prix du logement à la location a doublé en dix ans, du fait notamment, accusent les manifestants, de groupes comme Deutsche Wohnen et Vonovia qui ont racheté des milliers d'édifices, profitant de prix bien plus bas que dans d'autres capitales européennes.

Une affiche proteste contre la gentrification d'un quartier de Berlin, le 4 avril 2019
Une affiche proteste contre la gentrification d'un quartier de Berlin, le 4 avril 2019 ( Odd ANDERSEN / AFP )

"Le nouveau propriétaire est connu ici, il dispose de plus de 1.500 appartements et c'est du pur business (...) il achète et vend avec l'argent d'investisseurs qui veulent naturellement avoir les plus hauts rendements possibles", explique à l'AFP Hans von Maydell, 75 ans.

Après 45 ans de vie dans son immeuble de la rue Hasenheide, cette personne change de propriétaire. Et elle redoute ce que des dizaines de milliers de Berlinois ont déjà connu : une résiliation de son bail, suivie d'une rénovation d'ampleur puis une remise en location moyennant une augmentation considérable du loyer.

Pouvoir d'influence

En 2018, Vonovia a ainsi augmenté son loyer moyen de 4,2%. La société détient près de 350.000 appartements.

Cette évolution des prix est portée par la popularité des grandes villes, où Allemands et Européens viennent s'installer par dizaines de milliers chaque année sans que l'offre ne suive.

"Depuis cinq ans, nous avons une croissance des constructions de nouveaux logements, mais ça ne couvre pas le déficit car trop peu de logements sociaux, de logements à des prix abordables sont construits", explique Ulrich Ropertz, porte-parole de l'association allemande des locataires.

Par ailleurs, selon lui, les sociétés immobilières comme Vonovia ou Deutsche Wohnen ont un pouvoir "d'influence politique à l'échelle nationale" qui bloque l'adoption de réelles mesures de maîtrise des loyers.

Bien souvent les règles sont municipales, comme celles du "Milieuschutz" qui visent à protéger des quartiers de la gentrification et des investisseurs en limitant les rénovations. Mais ça ne peut que "ralentir le phénomène", note M. Ropertz.

D'autres réglementations visant à plafonner l'augmentation des loyers à 10% par rapport à un tarif de référence se sont avérées illégales ou inapplicables.

En réaction, une campagne s'organise pour tenter d'obtenir que la mairie de Berlin exproprie les sociétés immobilières détenant plus de trois mille logements, explique Rouzbeh Taheri, porte-parole de cette initiative.

Vue d'une partie du centre de Berlin, avec notamment la cathédrale (Berliner Dom) et la tour de télévision, le 17 décembre 2017
Vue d'une partie du centre de Berlin, avec notamment la cathédrale (Berliner Dom) et la tour de télévision, le 17 décembre 2017 ( John MACDOUGALL / AFP/Archives )

Sa pétition doit rassembler suffisamment de signatures -- d'abord 20.000 puis 170.000 -- pour qu'un référendum local soit convoqué.

M. Taheri assume raviver ici le concept de "lutte des classes". "Il s'agit d'envoyer un signal aux spéculateurs : votre capital n'est pas en sécurité à Berlin", dit-il.

'Complètement absurde'

Ce projet est "complètement absurde" lâche cependant l'économiste Harald Simons, car, dit-il, les Vonovia et autre Deutsche Wohnen ne contrôlent jamais plus de 5-6% des locations.

S'attaquer aux seuls grands groupes signifierait que "5% des locataires berlinois n'aurait plus à payer de grosses sommes, quand les autres payeraient toujours la même chose", précise-t-il.

"Le bailleur typique en Allemagne est un petit bailleur, qui a deux, trois, quatre, jusqu'à vingt appartements. C'est ça dans 70% des locations", ajoute-t-il.

Reste alors comme solution le rachat d'immeubles par la ville, qui est dirigée par une coalition gauche-extrême-gauche-Verts, pour arrêter l'envolée des loyers.

Cette option est évoquée depuis quelques mois, même si les finances municipales sont dans un état catastrophique, alors que le prix du m2 a également explosé..

La mairie devrait dépenser jusqu'à 36 milliards d'euros, alors qu'elle a vendu pour bien moins cher par le passé une partie conséquente de son parc immobilier.

 ■

Copyright © 2019 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 25/04/2019

Dontnod Entertainment publie un chiffre d'affaires de 14,3 millions d'euros en croissance de 48% pour l'exercice 2018, lié au succès de Vampyr écoulé...

Publié le 25/04/2019

Suez et le gouvernement argentin ont conclu et mis en oeuvre un accord transactionnel de règlement en application de la sentence que le CIRDI, centre...

Publié le 25/04/2019

3M a dévissé de plus de 13% en séance à Wall Street, plombé par son avertissement...

Publié le 25/04/2019

Pour le premier trimestre 2019, le chiffre d'affaires d'Ipsos a atteint un niveau record de 422,1 millions d'euros, en croissance de 15% par rapport...

Publié le 25/04/2019

Le chiffre d'affaires de Prodways au premier trimestre 2019 s'établit à 17,4 millions d'euros, soit une hausse de +28,9% par rapport au premier...