En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.
  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
5 509.73 PTS
+2.20 %
5 504.5
+2.19 %
SBF 120 PTS
4 345.38
+2.17 %
DAX PTS
12 331.75
+2.03 %
Dowjones PTS
26 465.54
+1.35 %
7 635.40
+1.45 %
1.119
+0.01 %

Le TGV en Californie, un projet de train fantôme ?

| AFP | 553 | Aucun vote sur cette news
Le chantier de la ligne de train à grande vitesse à Fresno, dans le centre de la Californie, le 5 mai 2019
Le chantier de la ligne de train à grande vitesse à Fresno, dans le centre de la Californie, le 5 mai 2019 ( Frederic J. BROWN / AFP )

Keith Erwin était sur le point d'acheter les murs du garage qu'il gérait depuis des décennies lorsqu'on lui a demandé d'aller voir ailleurs: le TGV tant attendu par les Californiens allait passer par là. Cinq ans plus tard, il ne voit toujours rien venir et n'y croit plus.

"C'est un train qui ne va nulle part", lâche le mécanicien dans son atelier de Fresno, qu'il a finalement établi à quelques mètres seulement du tracé prévu pour le fameux TGV.

Et même si l'AFP a pu constater que les travaux sont lancés à Fresno, Keith Erwin "ne pense pas qu'ils vont le construire, je pense qu'ils n'ont plus d'argent".

En février, le nouveau gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a en effet annoncé qu'il revoyait drastiquement à la baisse le projet de train à grande vitesse censé relié Los Angeles à San Francisco en trois heures, pourtant adopté par référendum en 2008 par ses concitoyens.

Et l'administration fédérale a fait savoir jeudi qu'elle annulait une subvention de plus de 900 millions de dollars, en raison de "retards chroniques" dans le chantier.

A la décharge des autorités, le TGV californien s'est heurté à une multitude d'opposants et de procédures en justice, et les travaux n'ont pas pu démarrer avant 2015.

Le train n'a jamais été populaire dans un Etat où les distances sont certes importantes (la superficie de la Californie est 75% de celle de la France) mais où la voiture est reine.

Alors que de nombreux pays se dotaient de lignes à grande vitesse à partir des années 1980, la Californie, elle, investissait imperturbablement dans ses infrastructures routières.

"L'Etat avait cette culture de la voiture, et particulièrement ici dans la Vallée centrale", déclare à l'AFP Diana Gomez, responsable régionale de l'Autorité du TGV de Californie, entité responsable de la conception, de la construction et de la mise en oeuvre du projet.

"Mais c'est en train de changer", assure-t-elle, relevant que les nouvelles générations veulent désormais bénéficier de transports en commun et parient sur le train à grande vitesse, meilleur pour l'environnement.

Solution minimaliste

Des passants lisent les panneaux du chantier de la ligne de train à grande vitesse en construction dans le centre de la Californie, à Madera, au nord de Fresno
Des passants lisent les panneaux du chantier de la ligne de train à grande vitesse en construction dans le centre de la Californie, à Madera, au nord de Fresno ( Frederic J. BROWN / AFP )

Pour parcourir les 600 km séparant Los Angeles de San Francisco, il faut au minimum six heures de route. Le trajet ne demande qu'une heure en avion mais avec les embouteillages chroniques et les contrôles de sécurité, les trois heures de TGV constituaient pour beaucoup une solution intéressante.

Le gouverneur Newsom a tranché: "pour l'instant, il n'y a tout simplement pas moyen de relier" les deux villes, d'autant que le coût du projet a augmenté de 20% par rapport aux estimations initiales, pour atteindre 77 milliards de dollars au total.

Ce n'est pas un abandon, a-t-il juré. Le projet doit désormais se concentrer sur une portion de 200 km dans la Californie centrale, une zone rurale et relativement isolée entre Merced et Bakersfield, avec Fresno (un demi-million d'habitants) au milieu.

Mais les experts regrettent cette solution minimaliste: "Cela n'a vraiment aucun sens", lance Anastasia Loukaitou-Sideris, qui enseigne l'aménagement urbain à l'université UCLA de Los Angeles.

"Tout projet de transport qui se respecte doit avoir un grand centre urbain comme point de départ et d'arrivée", insiste-t-elle, doutant que le tronçon retenu attire suffisamment de passagers pour être viable.

Pour Diana Gomez au contraire, il ne s'agit que d'un début: "nous avons assez de fonds pour construire sur ce segment, et ensuite nous continuerons à travailler pour le reste" quand le TGV aura démontré son utilité.

Les obstacles sont nombreux, notamment les procédures d'expropriation (vignobles, élevages, vergers, etc.) qui se sont avérées bien plus compliquées que prévu.

"C'était le chaos", confirme Keith Erwin. "Les gens étaient désorganisés, ne savaient pas ce qu'ils faisaient. Ils n'arrêtaient pas de nous promettre des choses (...) On cherchait à les joindre et soit ils avaient été licenciés soit ils avaient démissionné. C'était juste un énorme bazar", assure le garagiste.

Pour Marty Wachs, spécialiste des transports urbains et de l'aménagement du territoire à l'UCLA, la Californie aurait dû capitaliser sur son réseau ferroviaire existant, notamment dédié au fret. Mais les autorités ont choisi de bâtir de zéro une ligne TGV réservée au transport de passagers, qui longe parfois les vieux rails déjà en place.

"J'aurais plutôt conseillé d'améliorer les dessertes" entre le nord et le sud de l'Etat "jusqu'à ce que nous ayons un réel train à grande vitesse", a expliqué M. Wachs à l'AFP.

Le premier TGV ne devrait pas traverser Fresno avant une dizaine d'années au mieux. Et même si c'est le cas, "je ne le prendrai jamais", grogne Keith Erwin.

 ■

Copyright © 2019 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

OFFRE DE BOURSE

1000 € OFFERTS*
SUR VOS FRAIS DE COURTAGE

Valable pour toute 1ère ouverture de compte avant le 08 juillet 2019

CODE OFFRE : EVASION19

Je profite de l'offre

* Voir conditions
N'oubliez pas pour profiter de l'offre, indiquez le code promo : EVASION19 lors de votre ouverture de compte.

CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 18/06/2019

Voltalia a déjà développé et cédé un total de 1,4 GW dans le monde, parallèlement au portefeuille développé et conservé par Voltalia : 1 GW actuellement en exploitation ou construction...

Publié le 18/06/2019

Enertime obtient des contre-garanties de BPI France pour une ligne de caution bancaire export, et le préfinancement du contrat avec la société BGE ENSYS en Thaïlande...

Publié le 18/06/2019

Un emprunt obligataire d'un montant total de 800 ME...

Publié le 18/06/2019

Ce projet va venir renforcer un écosystème existant à Limoges et en faire une force de frappe unique en Europe avec le laboratoire IRCER, l'Université de Limoges, le Groupe Oerlikon et le centre…

Publié le 18/06/2019

Vivendi Brand Marketing réalisera des études et fournira des conseils en stratégie aux grandes entreprises et marques qui cherchent à répondre à l'appétence grandissante des consommateurs...