En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.
  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
5 837.25 PTS
-
5 822.5
-
SBF 120 PTS
4 598.60
-
DAX PTS
13 105.61
-
Dow Jones PTS
27 909.60
-0.38 %
8 362.74
-
1.106
+0.01 %

Le "Tchernobyl chilien" qui empoisonne le centre du pays

| AFP | 260 | 5 par 2 internautes
Des enfants jouent sur la plage de Las Ventanas près d'une centrale thermique, le 8 octobre 2019 à Puchuncavi, au Chili
Des enfants jouent sur la plage de Las Ventanas près d'une centrale thermique, le 8 octobre 2019 à Puchuncavi, au Chili ( Pablo VERA / AFP )

Au Chili, une baie de carte postale donnant sur le Pacifique a été sacrifiée dans les années 1950 par l'installation d'une zone industrielle. Depuis, les habitants de ce "Tchernobyl chilien" dénoncent le lent empoisonnement dont ils sont victimes.

Les 50.000 habitants de Quintero et Puchuncavi, les deux localités situées de part et d'autre de l'anse, à quelque 120 kilomètres de Santiago, respirent les gaz émis par quatre centrales thermiques à charbon et des raffineries de brut et de cuivre.

C'est en 1958 que le gouvernement chilien a décidé de sacrifier cette côte et l'activité agricole et de pêche artisanale qui s'y déroulait pour y développer un pôle industriel, synonyme d'emploi.

Le "Tchernobyl chilien", comme l'a baptisé Greenpeace, expose la population, et en particulier les enfants et les femmes enceintes, à des intoxications et des maladies chroniques.

Récemment, la Cour suprême du Chili a estimé que la négligence de l'Etat avait mis en danger "la santé, et même la vie des personnes".

Fin septembre, avant que n'éclate la violente crise sociale qui secoue le pays, le président Sebastian Piñera a demandé pardon aux habitants de Quintero et Puchuncavi en reconnaissant qu'ils avaient été "maltraités". "Toutes sortes d'entreprises ont été installées là, sans aucune règle, générant des abus vis-à-vis des populations et de la nature", a-t-il ajouté.

Peur de respirer

Vue aérienne de la centrale thermique de Puchuncavi, le 1er octobre 2019 au Chili
Vue aérienne de la centrale thermique de Puchuncavi, le 1er octobre 2019 au Chili ( Pablo COZZAGLIO / AFP )

Alejandrina Arriaza est inquiète. Sa petite-fille Deyanira, bientôt deux ans, souffre d'une maladie chronique des poumons. La pollution, présente au quotidien, n'arrange rien.

Les médecins ont recommandé à Alejandrina de déménager pour trouver un air plus pur mais elle n'a nulle part où aller.

"J'ai peur qu'il arrive quelque chose à ses poumons", déclare cette femme à l'AFP dans sa petite maison en bois et en tôle sur les hauteurs de Puchuncavi, d'où l'on voit les gigantesques cheminées industrielles.

L'an dernier, entre août et septembre, un nuage toxique a noirci le ciel et huit membres de sa famille sont tombés malades. En tout, plus de 1.300 habitants de la zone se sont rendus aux urgences pour des vertiges, des nausées, des maux de tête et des éruptions cutanées.

Trois gaz toxiques présents dans l'air ont été détectés par les autorités: du nitrobenzène, du toluène et du méthylchloroforme, qui est pourtant interdit au Chili.

La Chilienne Alejandrina Arriaza chez elle, le 8 octobre 2019 à Puchuncavi, au Chili
La Chilienne Alejandrina Arriaza chez elle, le 8 octobre 2019 à Puchuncavi, au Chili ( Pablo VERA / AFP )

Selon le Collège des médecins, bien que les symptômes ne soient pas visibles chez les enfants et les femmes enceintes, ces gaz peuvent provoquer des séquelles. L'exposition à ces substances "va entraîner, tôt ou tard, l'apparition d'une maladie ou d'une tumeur", prévient le toxicologue de cette organisation, Andrei Tchernitchin.

Des décennies d'"abus"

Des traces noires sur le sable de la plage de Las Ventanas, le 8 octobre 2019 à Puchuncavi, au Chili
Des traces noires sur le sable de la plage de Las Ventanas, le 8 octobre 2019 à Puchuncavi, au Chili ( Pablo VERA / AFP )

Sur la côte comme sur l'eau, les différents éléments de la zone industrielle sont omniprésent à travers la baie.

A terre, tuyaux imposants, cheminées et silos géants qui renferment des produits chimiques et combustibles se succèdent.

Côté mer, des pipelines s'avancent de plusieurs dizaines de mètres dans l'eau, des bateaux attendent au large et des panneaux préviennent "Danger, zone industrielle!".

"Ce sont des entreprises dangereuses, polluantes et obsolètes, car leur technologie est très mauvaise", accuse Katta Alonso, fondatrice de l'association des Femmes de la zone sacrifiée Quintero-Puchuncaví.

Pour Greenpeace, la situation est "pire" qu'à Tchernobyl, après l'accident nucléaire de 1986. Car ici, "ce n'est pas à cause d'un accident, mais de sites qui opèrent au quotidien et qui polluent en continu", juge Estefania Gonzalez, coordinatrice des campagnes de cette ONG.

Katta Alonso, fondatrice de l'association des Femmes de la zone sacrifiée Quintero-Puchuncaví, le 8 octobre 2019 à Puchuncavi, au Chili
Katta Alonso, fondatrice de l'association des Femmes de la zone sacrifiée Quintero-Puchuncaví, le 8 octobre 2019 à Puchuncavi, au Chili ( Pablo VERA / AFP )

Katta, 65 ans, raconte de sa voix rauque à l'AFP la métamorphose de ce lieu paradisiaque après l'installation de la première centrale. Ont suivi une raffinerie et une usine de fonte de cuivre appartenant à Codelco, premier producteur mondial de cuivre, des centrales thermiques et des usines chimiques.

"On vivait de l'agriculture, de la pêche et du tourisme. Les plages (sont encore) merveilleuses, très jolies, mais aujourd'hui il ne reste rien, ils ont tout détruit", déplore cette militante, qui dit avoir été menacée.

En 2012, l'organisation de défense de l'environnement Oceana a prélevé des fruits de mer le long de la côte et les a analysés: 100% d'entre eux contenaient de l'arsenic, du cuivre et du cadmium.

La COP25, une occasion ratée

Au Chili, la crise sociale la plus grave de ces trente dernières années a relégué les questions environnementales au second rang.

Un panneau indiquant que la plage n'est pas recommandée pour les baignades, près d'une usine chimique, le 8 octobre 2019 à Puchuncavi, au Chili
Un panneau indiquant que la plage n'est pas recommandée pour les baignades, près d'une usine chimique, le 8 octobre 2019 à Puchuncavi, au Chili ( Pablo VERA / AFP )

Les troubles ont contraint le gouvernement à renoncer à accueillir la conférence de l'ONU sur le climat COP25 - transférée à Madrid.

"Organiser la COP25 au Chili offrait une opportunité formidable pour la violation des droits environnementaux que vivent des milliers de Chiliens depuis des dizaines d'années dans les zones sacrifiées", a déclaré à l'AFP Mauricio Ceballos, porte-parole de Greenpeace au Chili.

Samedi, la justice chilienne a ouvert le procès de six dirigeants de l'Entreprise nationale de pétrole (ENAP), pour leur responsabilité supposée dans un accident pétrolier qui a touché en août les baies de Talcahuano (sud) et Quintero-Puchuncavi.

Un plan a été mis en place à la suite de différents épisodes de pollution. Il comprend un suivi de la pollution de l'air et des normes plus strictes concernant les émission de dioxyde de soufre. Mais les spécialistes sont formels: la solution passe par la fermeture des sites.

Des pipelines sur la plage de Puerto Ventanas, le 8 octobre 2019 à Puchuncavi, au Chili
Des pipelines sur la plage de Puerto Ventanas, le 8 octobre 2019 à Puchuncavi, au Chili ( Pablo VERA / AFP )

La raffinerie de Codelco, responsable en 2011 de l'intoxication de dizaines d'enfants de l'école La Greda de Puchuncavi, est particulièrement visée. Le bâtiment scolaire a dû être déplacé.

Avec des pertes de 50 millions de dollars par an, ce site --dont les responsables ont décliné une demande d'entretien de l'AFP-- reconnaît dans un communiqué que ses installations "sont peu compétitives et n'offrent pas de meilleures perspectives à moyen terme".

Mais ses travailleurs refusent toute éventuelle fermeture. "Ce site, nous allons le défendre quoi qu'il en coûte", a déclaré à l'AFP la dirigeante du syndicat 1, Andrea Cruces, qui a prévenu que 8.000 postes indirects et 2.500 directs pourraient être affectés par une telle décision.

 ■

Copyright © 2019 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
2 avis
Note moyenne : 5
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

OFFRE ASSURANCE VIE

BOURSE DIRECT HORIZON

Découvrez le nouveau contrat d'assurance vie de Bourse Direct

JUSQU'A 170 € DE PRIME OFFERTE*
OU 500 € OFFERTS* EN FRAIS DE COURTAGE

* SOUS CONDITIONS

Pour toute 1ère adhésion au contrat d’assurance vie Bourse Direct Horizon avant le 31 décembre 2019 inclus, avec un versement initial investi à 20% minimum sur un (ou des) support(s) d'investissement en unités de compte non garantis en capital.

Je profite de l'offre

PRIMÉ MEILLEUR NOUVEAU CONTRAT D’ASSURANCE VIE

Ce contrat présente un risque de perte en capital.

CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 09/12/2019

Les sociétés d'investissement de Jean-Charles Naouri, qui coiffent le groupe de distribution Casino, ont annoncé lundi avoir finalisé leurs projets de plans de sauvegarde.

Publié le 09/12/2019

Le groupe Avenir Telecom a réalisé un chiffre d'affaires consolidé de 15,2 millions d'euros au 1er semestre 2019-2020, quasiment stable par rapport à...

Publié le 09/12/2019

La cession de l'activité banque de détail de HSBC en France serait devenue une priorité, selon des sources syndicales citées lundi par 'Les Echos".

Publié le 09/12/2019

Prochaines rendez-vous à San Francisco...

Publié le 09/12/2019

Visiativ présentera le 8 janvier 2020 son 3e plan stratégique, baptisé Catalyst 2023, après avoir achevé avec succès ses deux précédents plans stratégiques avec un an d'avance...