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GB: le chômage reste très bas mais le pouvoir d'achat recule

| AFP | 437 | Aucun vote sur cette news
A l'entrée d'une agence britannique d'aide à la recherche d'emploi, à Londres, le 20 juillet 2016
A l'entrée d'une agence britannique d'aide à la recherche d'emploi, à Londres, le 20 juillet 2016 ( DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP/Archives )

Le chômage au Royaume-Uni est resté au plus bas depuis 1975 à fin septembre, mais le pouvoir d'achat des Britanniques continue de souffrir d'une inflation élevée en raison des incertitudes du Brexit.

Le taux de chômage a atteint 4,3% pour les trois mois achevés en septembre, inchangé par rapport à fin août, selon des chiffres dévoilés mercredi par l'Office des statistiques nationales (ONS).

Mais ce sont une nouvelle fois les données sur les salaires qui retiennent l'attention, dans un contexte marqué par une nette hausse des prix dans le pays.

Sur la période, les salaires ont progressé de 2,2% sur un an (primes comprises), soit une légère décélération par rapport aux données à fin août (2,3%, chiffre révisé en hausse).

Cette hausse reste très inférieure à l'inflation qui s'est établie à 3% en octobre comme en septembre, ce qui signifie que le pouvoir d'achat des Britanniques diminue. L'ONS a calculé que les salaires des Britanniques ont baissé en termes réels de 0,4% sur un an.

Cette publication confirme la tendance à l’œuvre depuis plusieurs mois d'un effritement progressif du pouvoir d'achat des ménages, alors que la hausse des prix est alimentée par la faiblesse de la livre sur fond d'incertitudes quant au processus du Brexit.

C'est une des raisons pour lesquelles la consommation a ralenti depuis le début de l'année dans le pays, ce qui pèse sur la croissance économique, dont elle est un des moteurs essentiels.

Malgré la hausse du salaire minimum mise en place ces derniers mois par le gouvernement, les syndicats exigent plus dans la perspective du budget que doit présenter le ministre des Finances Philip Hammond la semaine prochaine.

"Il s'agit du septième mois consécutif où les prix progressent plus vite que les salaires", observe la secrétaire générale de la confédération syndicale TUC, Frances O’Grady, demandant une hausse des salaires dans le secteur public et un revenu minimum porté à 10 livres l'heure.

- Baisse de l'emploi -

Cette faiblesse des salaires associée à un taux de chômage extrêmement bas étonnent les économistes. En théorie, quand le chômage est si peu élevé, les personnes cherchant un travail sont en position de force pour demander de meilleurs salaires à des employeurs ayant plus de mal à recruter.

Ben Brettell, économiste chez Hargreaves Lansdown, y voit un changement important dans le fonctionnement du marché du travail, où "il est possible que les progrès technologiques et la concurrence internationale ont affaibli le pouvoir de négociations du travailleur".

Le Royaume-Uni fait face en outre à un problème de faible productivité, notamment par rapport à d'autres économies comme les Etats-Unis et l'Allemagne, ce qui empêche les salaires de progresser plus vite.

Des chiffres publiés mercredi montrent un certain rebond de la productivité au troisième trimestre au Royaume-Uni, mais après deux trimestres difficiles.

"Alors que la hausse de la productivité est encourageante, les entreprises demandent au Chancelier de pérenniser ces progrès lors du budget la semaine prochaine et de maintenir la flexibilité du marché du travail", indique le CBI, la principale organisation patronale britannique.

Pendant la période de juillet à septembre, le Royaume-Uni comptait 1,42 million de chômeurs, soit 59.000 de moins qu'entre avril et juin et 182.000 de moins sur un an.

Point notable néanmoins, le nombre de personnes occupant un emploi s'est établi à 32,06 millions sur la période, soit 14.000 de moins qu'entre avril et juin mais 279.000 de plus qu'un an plus tôt.

Au total, 75% des personnes âgées de 16 à 64 ans occupaient un emploi.

"Un recul de l'emploi au cours du troisième trimestre suggère que la faible croissance économique et les incertitudes du Brexit pourraient commencer à peser sur la solidité du marché de l'emploi. Les difficultés de recrutement semblent avoir également limité la croissance de l'emploi dans certains secteurs", explique Howard Archer, économiste chez EY Item Club.

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