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Le scandale Odebrecht rebondit au Pérou, avec l'arrestation de l'opposante Keiko Fujimori

| AFP | 299 | Aucun vote sur cette news
Keiko Fujimori, fille de l'ex-président péruvien Alberto Fujimori, parle à la presse le 3 octobre 2018
Keiko Fujimori, fille de l'ex-président péruvien Alberto Fujimori, parle à la presse le 3 octobre 2018 ( Luka GONZALES / AFP/Archives )

La dirigeante de l'opposition péruvienne Keiko Fujimori, fille de l'ex-président Alberto Fujimori, a été arrêtée mercredi dans le cadre du scandale de corruption Odebrecht, le géant du BTP brésilien qui a versé des pots-de-vin pour obtenir des chantiers en Amérique latine.

Keiko Fujimori, 43 ans, a été arrêtée à la demande du parquet au moment où elle se rendait dans le bureau du juge pour être entendue sur le financement de sa campagne électorale à la présidentielle de 2011, a annoncé son avocate Giuliana Loza, qui a qualifié cette décision d'"abus" de droit.

"Aujourd'hui, j'ai été arrêtée sans motif légal au moment où je me présentais volontairement" devant la justice, a tweeté l'opposante, qui a évoqué une "persécution politique".

"Elle est à la disposition du parquet", a déclaré son avocate, pour indiquer que Mme Fujimori entendait coopérer. Une vingtaine d'autres personnes, dont des dirigeants du parti de Keiko Fujimori, Fuerza Popular, sont visées par des mandats d'arrêt.

La justice soupçonne cette formation d'avoir touché de l'argent de la société Odebrecht, au coeur d'un scandale de corruption qui éclabousse toute la région.

Ce fleuron brésilien du bâtiment a reconnu avoir versé des années durant des pots-de-vin pour obtenir des chantiers en Amérique latine.

Le procureur financier, José Domingo Pérez, a accusé Mme Fujimori de diriger une "organisation criminelle" au sein de sa formation qui domine le Parlement péruvien.

Ce placement en détention provisoire pour une durée de 10 jours, selon Me Giuliana Loza, s'appuie sur de nouvelles informations reçues par le parquet péruvien de son homologue brésilien qui porteraient sur des financement à hauteur de 1,2 million de dollars.

- Alberto Fujimori également détenu -

Le scrutin de 2011 avait été emporté par Ollanta Humala, lui-même accusés d'avoir reçu trois millions de dollars d'Odebrecht pour sa campagne électorale. Ollanta Humala et son épouse Nadine Heredia font l'objet d'une enquête de la justice péruvienne pour corruption. Ils ont été remis en liberté en mai après neuf mois de détention provisoire.

Selon les déclarations à la justice de l'ancien patron d'Odebrecht au Pérou, Jorge Barata, ce dernier a versé de l'argent à deux des dirigeants du parti de Keiko Fujimori, Jaime Yoshiyama et Augusto Bedoya, dont les maisons ont été perquisitionnées en mars.

Jorge Barata avait également avoué à la justice péruvienne avoir versé de l'argent destiné aux campagnes électorales d'Ollanta Humala (2011-2016), Alejandro Toledo (2001-2006) et Pedro Pablo Kuczynski, l'ex-chef de l'Etat élu en 2016 qui a démissionné en mars sur fond de scandale de corruption.

Tous les anciens présidents, ainsi que Keiko Fujimori, ont nié avoir reçu de l'argent d'Odebrecht.

Keiko, comme elle est appelée au Pérou, s'est inclinée aux présidentielles de 2011 et 2016. Depuis sa défaite dans un mouchoir de poche face à Pedro Pablo Kuczynski en 2016, elle dirige l'opposition péruvienne sur fond de rivalité avec son petit frère, Kenji, devenu une personnalité politique de premier plan.

L'arrestation de Keiko intervient alors que la grâce de l'ancien président Alberto Fujimori (1990-2000) a été annulée mercredi dernier par la justice péruvienne.

L'ex-chef de l'Etat, hospitalisé depuis ce jour-là dans une clinique de Lima sous surveillance policière, est considéré comme un détenu par la justice.

L'ex-homme fort du Pérou, gracié en décembre pour raison de santé alors qu'il purgeait une peine de 25 années de prison pour crimes contre l'humanité et corruption, a récemment fêté ses 80 ans.

Cette libération anticipée au bout de 12 ans décidée par l'ancien président Pablo Pedro Kuczynski avait alors déclenché une crise politique et de vives protestations d'organisations de défense des droits de l'homme et des victimes de la répression du régime Fujimori.

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