5 319.17 PTS
-0.32 %
5 312.50
-0.32 %
SBF 120 PTS
4 234.88
-0.39 %
DAX PTS
12 993.73
-0.41 %
Dowjones PTS
23 368.67
-0.38 %
6 331.22
-0.12 %
Nikkei PTS
22 396.80
+0.20 %
Suivez-nous sur Facebook
Suivez-nous sur Google +
Suivez-nous sur Twitter
Suivez-nous sur Youtube

Les jeunes agriculteurs en rupture avec le modèle de l'exploitation familiale

| AFP | 152 | Aucun vote sur cette news
Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert devant un robot destiné à l'élevage de poulets, pendant la visite du 31e Salon international des productions animales (PACE), à Saint-Jacques-de-la-Lande, près de Rennes, 12 septembre 2017
Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert devant un robot destiné à l'élevage de poulets, pendant la visite du 31e Salon international des productions animales (PACE), à Saint-Jacques-de-la-Lande, près de Rennes, 12 septembre 2017 ( JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP/Archives )

Rebutés par la charge de travail, l'investissement et la lourdeur des démarches administratives pour un salaire en deçà de leurs espérances, de nombreux jeunes agriculteurs rechignent à prendre la tête d'une exploitation, optant pour le salariat, en rupture avec le modèle de l'exploitation familiale.

"J'aime le métier mais quand je vois le nombre d'heures pour le salaire et puis toute la paperasse, je ne suis pas très chaud pour m'installer", résume ainsi Guillaume, 23 ans, vacher dans une ferme du Morbihan.

Salarié depuis sept ans, il fait partie des 41% d'actifs agricoles en 2016 contre 32% en 2006, selon les données de l'Insee. En Bretagne, l'emploi salarié a même dépassé le nombre de chefs d'exploitations.

Cette évolution s'inscrit dans la mutation du secteur agricole depuis une vingtaine d'années avec la diminution de la main d'œuvre familiale, l'agrandissement des exploitations et la diversification des activités qui ont cassé les codes traditionnels de la ferme classique.

"Des jeunes qui devaient s'installer décalent ou vont plutôt vers du salariat agricole parce qu'il y a de plus en plus de besoin de main d'œuvre. Avant c'était les papas-mamans qui étaient toujours là pour aider", explique Denis Leroyer, 32 ans, dirigeant d'une exploitation laitière en Mayenne.

"Sans compter le crédit à payer et le boulot tous les week-ends. Il faut nourrir et traire les bêtes même le dimanche! Les jeunes ne veulent plus vivre dans ces conditions", se désole M. Leroyer.

Martin, 17 ans, en terminale dans un lycée agricole en Ille-et-Vilaine, a "travaillé tout l'été". "Des fois je commençais à 05H00 du matin pour finir à minuit. Par respect pour mon patron, je restais mais c'est beaucoup et quand je vois ce qu'il gagne et ses factures, je me demande si j'ai envie de reprendre une ferme", témoigne-t-il.

En 2015, le salaire médian d'un chef d'exploitation s'élevait à 1.210 euros contre 1.100 euros pour un ouvrier agricole, selon l'Insee.

- "Pas d'astreinte" -

Chauffeur-tractoriste, Laurent occupe un CDD de remplacement depuis deux ans, il se "satisfait" de sa situation. "Je n'ai pas envie de m'installer. Pour quoi faire? Je n'ai pas d'astreinte. Quand le travail est fini, je rentre sans rien à me soucier".

Le jeune Breton de 22 ans est loin d'envier les tracas du quotidien de ses successifs patrons: "Quand il y en a un qui ne me plaît pas, je change, ce n'est pas ce qui manque du travail", affirme-t-il.

En Bretagne, près de 4.000 emplois agricoles n'ont pas été pourvus en 2015 tandis que Apetica, spécialiste de l'emploi dans l'agriculture, a recensé plus de 15.000 offres en 2016 en France.

Le phénomène de salarisation des agriculteurs s'explique par les "coûts d'installation qui ont considérablement augmenté sur les dix dernières années", constate Xavier Divet, secrétaire général des Jeunes agriculteurs 35 (JA).

L'investissement pour se lancer dans la production laitière est aujourd'hui de 340.000 euros (200.000 euros en 2003) et il s'élève à près de 600.000 euros en production porcine (400.000 euros en 2004), d'après l'Association nationale emploi formation en agriculture (Anefa).

Si la part du salariat dans l'emploi agricole a gagné du terrain, le nombre d'installations "s'est stabilisé", nuance M. Divet. En 2016, 476 jeunes agriculteurs se sont installés. Après avoir baissé de 19 % entre 2014 et 2015, ce chiffre retrouve son niveau des années précédentes (2009-2013).

"Les jeunes qui sortent de l'école vont d'abord faire leur expérience, un grand nombre ne sont pas dans une reprise familiale. Ils s'installent en moyenne vers 29 ans", constate-t-il.

C'est le scénario envisagé par Marie, 18 ans, en BTS Analyse et conduite des systèmes d'exploitation en alternance dans une ferme dans l'Eure, payée 950 euros. "Je fais tout ce qu'il est possible de faire dans une ferme: donner à manger aux poules, aux porcs, traire les vaches...", énumère-t-elle. "Je tiens parce que j'aime les animaux et mon métier".

Déterminée, Marie confie ne pas aimer "recevoir des ordres". Dans quelques années, elle souhaite "prendre ses propres décisions et diriger (son) cheptel".

 ■

Copyright © 2017 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

OFFRE BOURSE DU MOMENT

Jusqu'à
1000 € OFFERTS

sur vos frais de courtage !*

Valable pour toute 1ère ouverture de compte avant le 30 novembre 2017

CODE OFFRE : RENTREE17

Je profite de l'offre

* Voir conditions
N'oubliez pas pour profiter de l'offre, indiquez le code promo : RENTREE17 lors de votre ouverture de compte.

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 17/11/2017

Affine a acquis auprès de la société belge Banimmo (dont elle détient 49,5 %), le marché Vaugirard, situé à Paris 15ème face à la gare Montparnasse. Cette galerie commerciale, ouverte sur le…

Publié le 17/11/2017

Gaussin Manugistique, spécialisée dans l'audit des process de manutention, a annoncé la réception usine par son distributeur Blyyd de 2 véhicules ATM (Automotive Trailer Mover) Full Elec. Les ATM…

Publié le 17/11/2017

Résultats trimestriels...

Publié le 17/11/2017

Article L. 233-8-II du Code de commerce et article 223-16 du Règlement général de l'AMF Dénomination sociale de l'émetteur :             Atos SE Name and…

Publié le 17/11/2017

Conformément à la réglementation relative aux rachats d'actions, Atos SE déclare ci-après les opérations d'achats d'actions propres pour un montant de 13,8 millions…

CONTENUS SPONSORISÉS