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Le PDG de GE Hydro échoue à rassurer les salariés de Grenoble

| AFP | 366 | Aucun vote sur cette news
Manifestation des salariés de GE Hydro le 8 novembre 2017 à Grenoble
Manifestation des salariés de GE Hydro le 8 novembre 2017 à Grenoble ( JEAN-PIERRE CLATOT / AFP/Archives )

Le PDG de GE Hydro, Yves Rannou, a échoué mercredi à convaincre les salariés sur l'avenir de leur site, alors qu'il venait à Grenoble pour la première fois depuis l'annonce en juillet du plan social touchant 345 des 800 postes.

Durant plus d'une heure et demi, M. Rannou a fait face à près de 600 salariés dans un amphithéâtre du centre des congrès de Grenoble, loué pour l'occasion, et non sur le site. "Question de logistique", selon la direction, "peur de se faire séquestrer", selon des employés.

Hué à de nombreuses reprises, qualifié de "voyou" par certains employés, le PDG de la branche hydro du conglomérat américain a tenté de répondre aux questions et fait valoir ses arguments sur la nécessité de la réorganisation mondiale de l'activité hydro, dont Grenoble est l'un des exemples européens avec les sites de Bilbao (Espagne) et Birr (Suisse).

"Toutes ses non-réponses ont fini par convaincre les derniers indécis de la boîte. Si on avait voulu réveiller les personnels, on n'aurait pas fait autrement", a relevé Antoine Brescia (CGT). "Les gens étaient très en colère", a abondé Nadine Boux (CFE-CGC).

Après ce "dialogue" à huis clos, Yves Rannou a concédé devant la presse une atmosphère chargée "d'attentes et d'émotion" sur un "sujet difficile" dans une "industrie qui a la nécessité de se transformer et se réinventer pour répondre aux besoins de la transition énergétique et à la pression de la compétition" mondiale.

Le dirigeant a affirmé que Grenoble "restera le plus gros centre ingénierie et de R&D au monde", assurant que ce site "charismatique et énigmatique" voire "emblématique" avait "un futur" auquel il travaillait via un "plan de revitalisation".

Pour autant, concrètement, M. Rannou n'avait à présenter aux salariés que les évolutions intervenues la semaine dernière sur le contenu du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), qui reste "en l'état actuel des choses" intangible sur le nombre de postes touchés.

Il s'agit de mesures financières et d’accompagnement de reclassement plus favorables et d'un délai supplémentaire de deux semaines de négociations, au lieu de la date couperet du 19 novembre. L'intersyndicale demande, elle, "deux mois" de délai "maintenant qu'on est entré dans le dur des négociations".

Elle est soutenue en ce sens par la députée de l'Isère, Emilie Chalas (LREM), qui plaide au moins pour "un mois" afin d'aller "au plafond" de ce que GE pourrait faire comme effort financier.

Après s'être entretenue avec M. Rannou, la députée s'est dit "relativement navrée, pour ne pas dire déçue" par les annonces du PDG d'Hydro: "quand la confiance est rompue, il faut apporter des chiffres pour rassurer".

Les seuls qu'elle a obtenus sont ceux de l'enveloppe consacrée au PSE. Elle serait passée "de 31 à 48 millions d'euros" quand l'entreprise avait prévu de budgéter 70 M EUR pour le plan social au niveau européen, dont au moins 56 M EUR pour le site de Grenoble.

L'intersyndicale a de nouveau rendez-vous lundi après-midi à Bercy pour faire le point sur le PSE. Au même moment, aux Etats-Unis, le PDG de GE John Flannery (qui avait piloté le rachat d'Alstom Energie) présentera son plan de relance qui passera par une cession d'actifs évalués à 20 milliards.

Ne pouvant "pas présager de ce qui sera annoncé" lundi, Yves Rannou s'est engagé à revenir à Grenoble le 16 novembre, sur le site de GE cette fois.

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