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Le Népal peine à endiguer les évacuations frauduleuses par hélicoptère

| AFP | 132 | 1 par 1 internautes
Un blessé est évacué au camp de base de l'Everest près de Namche Bazar, le 24 avril 2018
Un blessé est évacué au camp de base de l'Everest près de Namche Bazar, le 24 avril 2018 ( Prakash MATHEMA / AFP/Archives )

Le Népal ne parvient pas à mettre un terme aux évacuations frauduleuses de touristes par hélicoptère qui coûtent des dizaines de milliers de dollars aux assureurs internationaux.

Ces évacuations participent d'un vaste système d'escroquerie où des agences de trek poussent leurs randonneurs à demander une évacuation aérienne, superflue dans bien des cas, qui sera remboursée par leur assurance.

L'argent arrose ensuite les compagnies d'hélicoptères aussi bien que les intermédiaires qui leur ont envoyé les clients. Pour un même trajet, plusieurs demandes de remboursement peuvent être envoyées à différents assureurs.

Suite à une enquête de l'AFP, les autorités népalaises ont ordonné en juin une inspection après la facturation aux assureurs de plus de 6,5 millions de dollars pour 1.300 sauvetages par hélicoptère sur les cinq premiers mois de 2018.

Les assureurs étrangers ont menacé d'arrêter de couvrir les voyageurs au Népal si la fréquence et les coûts de ces vols ne baissent pas drastiquement, une mesure qui pourrait porter un coup dur à l'industrie touristique de ce royaume himalayen.

Alors que la saison d'automne de randonnée bat son plein, ce système d'escroquerie se poursuit cependant de plus belle, selon des acteurs du secteur.

Le gouvernement "a émis beaucoup d'idées mais personne ne les a mises en œuvre", déplore Jay Rana, représentant au Népal de sociétés internationales d'assurance.

Des factures consultées par l'AFP montrent que les agences de trek et les opérateurs d'hélicoptères continuent de surfacturer ces "sauvetages", touchant de 500 à 2.100 dollars par vol.

Des mules transportent des marchandises vers Lukla au village de Shurke, à environ 140 km au nord-est de Katmandou, le 22 novembre 2018
Des mules transportent des marchandises vers Lukla au village de Shurke, à environ 140 km au nord-est de Katmandou, le 22 novembre 2018 ( PRAKASH MATHEMA / AFP/Archives )

Selon une source aéroportuaire, plus de 1.000 évacuations par hélicoptère ont été menées en septembre et octobre, dont 68 sur une seule journée en octobre.

Les quatre principaux opérateurs ont déclaré à l'AFP n'avoir effectué que 489 vols sur cette période. Selon des sources proches du dossier, ces derniers tendent toutefois à sous-déclarer le véritable chiffre. Le département du tourisme du Népal clame, lui, qu'il n'y a eu que 40 vols en deux mois.

"Il y a un petit problème dans le système de coordination avec les opérateurs" de randonnées et d'hélicoptère, concède Dandu Raj Ghimire, directeur du département du tourisme. Selon lui, cette escroquerie toutefois "n'est pas un gros problème aujourd'hui".

'L'heure tourne'

Problème: une partie de l'industrie du trekking au Népal est biberonnée aux commissions rapportées par les évacuations aériennes de touristes, selon Jay Rana, le représentant des assureurs.

Dans un cas, une agence de trek a refusé de lui indiquer l'emplacement d'un touriste malade car le représentant refusait de lui payer une importante commission. "C'était comme une prise d'otage", déclare-t-il. Le patient a finalement été redescendu à une altitude plus basse à dos de cheval.

Vue de l'Everest prise depuis un hélicoptère, le  22 novembre 2018
Vue de l'Everest prise depuis un hélicoptère, le 22 novembre 2018 ( PRAKASH MATHEMA / AFP/Archives )

Le gouvernement n'a également pas pris de mesures contre certaines agences de trek bon marché au cœur du système d'escroquerie. Celles-ci escomptent en effet réaliser un bénéfice grâce à la commission perçue si leur client est évacué.

Dans ce but, des itinéraires peuvent être conçus sans jours d'acclimatation à l'altitude, des guides peuvent pousser les randonneurs à sauter leurs jours de repos. Ces dispositions aggravent le risque de mal de montagne et donc l'éventualité d'une évacuation médicale.

Le gouvernement a identifié quinze sociétés - opérateurs d'hélicoptères, agences de trek et hôpitaux - liées à cette fraude mais n'a pris aucune sanction contre les suspects.

"Aucune punition n'est mise en place", note Suraj Paudel, un spécialiste des sauvetages en montagne formé en Suisse.

Le mont Ama Dablam (G) dans l'Himalaya vu depuis le village de Khumjung dans la région de l'Everest, à environ 140 km au nord-est de Katmandou, le 16 avril 2018
Le mont Ama Dablam (G) dans l'Himalaya vu depuis le village de Khumjung dans la région de l'Everest, à environ 140 km au nord-est de Katmandou, le 16 avril 2018 ( Prakash MATHEMA / AFP/Archives )

Les assureurs cependant passent à l'action. Des compagnies basées au Royaume-Uni ont ainsi augmenté leurs prime d'assurance et introduit des frais supplémentaires pour les sauvetages par hélicoptère au Népal.

Mais pour Anthony Kaye de Campbell Irvine Insurance Brokers, ces mesures ne sont que temporaires. Ce n'est qu'une question de temps avant que les assurances cessent de proposer une protection pour les touristes au Népal

"Il n'y a pas de raison commerciale de maintenir la couverture du Népal vu les pertes soutenues. L'heure tourne", menace-t-il.

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