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Medef: la réforme adoptée, Roux de Bézieux contre-attaque sur la dette

| AFP | 265 | 3 par 1 internautes
Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, le 18 avril 2019 à Paris
Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, le 18 avril 2019 à Paris ( ERIC PIERMONT / AFP/Archives )

Le Medef a adopté mardi sa plus importante réforme en deux décennies, un succès pour son président Geoffroy Roux de Bézieux, qui en a profité pour critiquer le gouvernement sur la dette, après la polémique déclenchée par l'invitation de Marion Maréchal.

"Je vous remercie pour cette très forte confiance qui va nous donner les moyens d'agir", a déclaré M. Roux de Bézieux dans un discours de clôture devant les délégués qui ont approuvé sa réforme à 97,6%, "presque un score de dictateur soviétique, ou (nord-) coréen pour prendre quelque chose de plus moderne", a-t-il plaisanté.

Revenant sur le tollé soulevé la semaine dernière par la révélation de l'invitation de l'ex-député FN (devenu RN) Marion Maréchal à participer à un débat sur les populismes dans le cadre de l'université d'été du Medef fin août, il a expliqué que l'idée était de débattre avec des populistes non pas "pour leur donner une tribune mais pour les confronter à l'impasse de leur programme".

Il a pris la décision d'annuler le débat parce que ça avait été interprété comme "vous donnez une tribune à l'extrême-droite".

Mais selon lui, "le problème demeure: ce n'est pas en cachant la poussière sous le tapis qu'on y arrivera".

Elu il y a tout juste un an la tête du Medef et cultivant jusqu'ici des relations moins conflictuelles avec l'exécutif que son prédécesseur Pierre Gattaz, a vivement critiqué les dérapages budgétaires du gouvernement, alors que Bercy vient de réviser à la hausse le déficit public prévu pour cette année, à 3,1%.

"Nous sommes inquiets de la trajectoire budgétaire", a-t-il souligné, en ajoutant trouver "terriblement dangereux" ceux qui proposent de profiter des taux d'intérêt très bas pour s'endetter davantage.

Car "on s'est endetté pour financer des dépenses de fonctionnement non maîtrisées" et non pour investir dans des infrastructures par exemple, a détaillé M. Roux de Bézieux.

"On a besoin d'un cap clair, de stabilité, de cohérence", a souligné M. Roux de Bézieux en assénant que "c'est parfois ce qui fait défaut au gouvernement", après avoir réitéré son rejet du système de bonus-malus décidé pour les cotisations des entreprises à l'assurance-chômage.

Dialogue avec les ONG

Revenant sur la crise des "gilets jaunes", il a estimé que "le niveau de confiance de notre pays est au bas depuis très longtemps", et que le sujet de la fracture territoriale "ne concerne pas seulement le pays, mais aussi nos entreprises".

Durant ce mouvement, "nous ne sommes pas restés simples spectateurs", mais le Medef a fait des propositions car c'était "un moment stratégique durant lequel notre légitimité était en jeu", selon le président du Medef.

La réforme dote la première organisation patronale d'une raison d'être, "agir ensemble pour une croissance responsable" incarnant sa volonté d'ouverture sur la société et de prise en compte du réchauffement climatique.

Le Medef, qui compte 173.000 adhérents, a par ailleurs décidé de renoncer d'ici 2023 à 4,4 millions d'euros de financements issus du paritarisme, qui représentent environ 12% de son budget, en commençant par ceux provenant de l'Unedic dès 2020.

Il veut aussi porter de 8% à 30% la part de femmes occupant des postes de responsabilité dans ses instances, en leur faisant signer une "charte d'engagement", mais sans recourir à des sanctions pour les récalcitrantes.

Le poids des fédérations territoriales (régions et départementales) va être renforcé face aux fédérations professionnelles, actuellement prépondérantes.

Enfin, l'organisation patronale veut se doter d'une structure permanente pour dialoguer avec les ONG. "Avec toutes les ONG, même celles qui ne sont pas très amies de l'entreprise", a assuré M. Roux de Bézieux.

"Les ONG ont un impact, sur nos salariés, sur nos consommateurs, et elles commencent pour les sociétés cotées à avoir un impact sur nos actionnaires", a-t-il prédit, estimant que le mouvement allait s'étendre aux autres entreprises.

Pour le président du Medef, "l'idée c'est de transformer globalement ce qui était peut-être au Medef des parties absentes en parties prenantes".

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