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Le matelas d'argent des HLM, une critique qui agace le secteur

| AFP | 590 | 4.75 par 4 internautes
Emmanuel Macron veut imposer des baisses de loyers aux HLM afin de compenser une réduction des aides (APL) à leurs locataires
Emmanuel Macron veut imposer des baisses de loyers aux HLM afin de compenser une réduction des aides (APL) à leurs locataires ( PHILIPPE HUGUEN / AFP/Archives )

En assurant dimanche qu'une partie du monde HLM dispose de "beaucoup d'argent" et peut faire face au tour de vis gouvernemental envers les bailleurs sociaux, Emmanuel Macron reprend une critique récurrente depuis des années, mais jugée caricaturale par les acteurs du système.

Depuis la rentrée, les organismes HLM sont en conflit ouvert avec le gouvernement: celui-ci a fait du logement l'un des grands perdants du budget 2018 avec des économies importantes, dont une partie majeure va porter sur les ressources des bailleurs sociaux.

Pour sa première interview télévisée comme président, dimanche soir sur TF1, M. Macron ne leur a pas fait de concession. Jugeant la situation actuelle "croquignolesque", il a réitéré son intention d'imposer des baisses de loyers aux HLM, afin de compenser une réduction des aides (APL) à leurs locataires.

Surtout, le chef de l'Etat a directement attaqué la gestion du logement social: selon lui, "dans le monde HLM, il y a des acteurs qui ont beaucoup d'argent", à qui il est donc logique de "demander de faire un effort".

En portant le débat sur le sujet des réserves financières des HLM, M. Macron ranime un sujet récurrent: l'utilisation de la trésorerie de ces organismes, dont certains amassent des fonds au détriment supposé de l'investissement - construction ou aménagement des logements existants.

"Si c'est un organisme qui n'est pas engagé dans un projet de renouvellement urbain (...), il n'utilise pas au maximum l'effet de levier de ses fonds propres", reconnaît Marianne Louis, secrétaire générale de l'Union sociale pour l'habitat (USH), qui regroupe les près de 800 acteurs du monde HLM.

Pour autant, "il y a huit milliards (d'euros) de trésorerie dans les organismes HLM: ça peut sembler énorme mais ça représente à peu près deux mois et demi d'activité", s'agace-t-elle.

- Mutualisation limitée -

Mais selon des chiffres donnés en septembre par la Cour des comptes, les bailleurs HLM, pris dans leur ensemble, disposent de réserves nettement supérieures aux emprunts qu'ils doivent rembourser.

L'institution estimait que l'écart entre les deux montants atteignait plus de 30 milliards d'euros fin 2014, avec quelque 128 milliards d'euros de dettes contre quelque 160 milliards de fonds propres. Un chiffre sans commune mesure avec les huit milliards de trésorerie revendiqués par l'USH.

"Il n'y a pas 160 milliards d'euros qui dorment", assure Mme Louis. "La Cour des comptes met dans son chiffre (...) la trésorerie et le capital social (notamment la valeur des immeubles NDLR) de certaines sociétés HLM."

"Si on considère qu'il faut massivement vendre du parc social, c'est autre chose. Mais je n'ai jamais entendu dire le président de la République dire qu'il y avait trop de logements sociaux en France", tacle-t-elle.

Lors de la publication de ce rapport, le gouvernement, avec qui le mouvement HLM n'avait pas encore rompu les discussions, s'était abstenu d'en faire une arme: Julien Denormandie, secrétaire d'Etat à la Cohésion des territoires, avait même jugé "exagéré" le chiffre de la Cour des comptes.

Le ton plus offensif de M. Macron rappelle celui du rapport Attali qui, aux débuts de la présidence de Nicolas Sarkozy en 2008, préconisait de "soumettre les bailleurs sociaux à des objectifs de construction et de gestion clairement définis assortis de sanctions effectives".

Quelques années plus tard, le ministère du Logement avait mis en place le "prélèvement Apparu", du nom du ministre de l'époque, sur les organismes à la trésorerie élevée, mais il a vite été enterré par l'arrivée de la gauche au pouvoir après l'élection de François Hollande.

Profitant de ce contexte relativement plus favorable, l'USH avait alors pris les devants en organisant une mutualisation partielle des ressources de ses adhérents. Celle-ci reste toutefois limitée, le mouvement HLM tablant aux dernières nouvelles sur 350 millions d'euros mutualisés par an.

"Il y a certainement moyen de faire un peu plus", estime Jean-Claude Driant, professeur à l'École d'urbanisme de Paris et spécialiste des politiques du logement.

Toutefois, les trésoreries dormantes concernent "plutôt des petits organismes", prévient-il, citant "certains offices municipaux (...) qui sont quasiment des +machines à cash+"

"Là, il y a de l'argent qui dort", conclut-il. "Mais la masse financière qui les concerne n'est pas si gigantesque."

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