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Le budget italien "paraît aujourd'hui hors des clous" , selon Moscovici

| AFP | 341 | 5 par 1 internautes
Le commissaire européen aux Affaires économiques et financière, Pierre Moscovici, lors d'une conférence de presse à Buruxelles, le 20 juin 2018
Le commissaire européen aux Affaires économiques et financière, Pierre Moscovici, lors d'une conférence de presse à Buruxelles, le 20 juin 2018 ( JOHN THYS / AFP/Archives )

Le commissaire européen Pierre Moscovici a estimé vendredi que le budget italien, qui prévoit un déficit public de 2,4% du PIB sur les trois prochaines années, "paraît hors des clous" des règles européennes.

"C'est un budget qui aujourd'hui paraît hors des clous de nos règles qui sont communes", a déclaré le commissaire sur BFMTV et RMC, au lendemain de la décision du gouvernement italien de porter à 2,4% le déficit, contre 0,8% prévu par le précédent gouvernement de centre-gauche.

Dans sa première réaction après la décision de la coalition populiste au pouvoir en Italie d'accroître le déficit, le commissaire aux Affaires économiques et financières, qui a qualifié "d'explosive" la dette publique italienne, a assuré que les règles de la zone euro "doivent être respectées".

A environ 132% de son PIB, l'Italie affiche le ratio d'endettement le plus élevé de la zone euro après la Grèce.

"Ces règles ont un objectif commun à l'Italie, à la France, à toute la zone euro. Si la dette publique augmente, à ce moment-là, nous créons une situation instable pour le moment où la conjoncture se retourne", a-t-il prévenu.

M. Moscovici, qui avait qualifié il y a dix jours l'Italie de "problème" de la zone euro, souhaite désormais discuter avec les autorités italiennes, notamment avec le ministre modéré des Finances, Giovanni Tria, qu'il rencontrera lundi.

"Je ferai en sorte que, dans mon dialogue avec les autorités italiennes, qui va commencer maintenant (...), que l'Italie soit capable de rester dans l'esprit commun", a-t-il affirmé, écartant pour l'instant des sanctions.

"Les sanctions sont théoriquement possibles car elles sont prévues par les traités. (Mais) je ne suis pas dans l'esprit des sanctions", a-t-il assuré, avant d'ajouter: "faire de la relance quand on a une dette très élevée, cela finit par se retourner contre ceux qui le font".

Le commissaire européen a rejeté toute comparaison entre l'Italie et la France, dont le projet de budget pour 2019 prévoit un déficit pourtant supérieur à 2,8% du PIB, en hausse par rapport au 2,6% attendu cette année.

"Ne comparons pas le budget français et le budget italien. La situation est absolument différente", a assuré M. Moscovici.

"La dette de la France n'est pas à 132%", a-t-il observé. Selon le dernier pointage rendu public vendredi, la dette publique française atteingnait le ratio de 99% du PIB à la fin du deuxième trimestre.

"Elle est soutenable, ce n'est pas un danger pour les finances publiques", a assuré M. Moscovici. "Il faut absolument la contrôler, la maîtriser, mais il faut retrouver le chemin de la réduction de la dette", a-t-il conseillé au gouvernement français.

"Les choses vont dans le bon sens, parce que ce n'est pas du tout la situation italienne", a insisté le commissaire, réitérant toutefois son appel à la France à poursuivre la réduction de son déficit structurel.

Le déficit italien annoncé est très au-dessus de 0,8%, un chiffre sur lequel s'était engagé le précédent gouvernement de centre gauche alors que Bruxelles demandait à Rome de le maintenir au plus bas et de réduire sa dette publique, le ratio le plus élevé en zone euro après la Grèce.

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