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Le Bitcoin et les 'cryptos' flambent, après la purge

| Boursier | 700 | 5 par 1 internautes

Les agences américaines de régulation menacent pourtant

Le Bitcoin et les 'cryptos' flambent, après la purge
Credits Reuters

Enfin le rebond pour les devises digitales ? Les craintes liées au durcissement de la régulation et les diverses affaires récentes avaient littéralement plombé les cours des principales cryptomonnaies depuis quelques jours. La tendance est cette fois au rebond ce mercredi, certains opérateurs se risquant visiblement à profiter de cette faiblesse.

Le Bitcoin se redresse de 23% ce jour à 7.941$ selon Coinmarketcap, prenant appui sur ses planchers de trois mois. Il perd encore 60% depuis ses pics historiques récents, inscrits mi-décembre. L'Ethereum se reprend quant à lui de 30% à 797$ !

Le Ripple s'envole de 21% à environ 0,76$. La 'crypto' centralisée abandonne encore trois quarts de sa valeur, depuis les récents sommets touchés à près de 3,3$.

Le Bitcoin Cash s'enflamme de 18% à 964$. Le Cardano bondit de 29%, tout comme le Stellar. Le Litecoin flambe de 30%. Le NEM, qui avait fait récemment parler de lui après le piratage record de la plateforme Coincheck, pointe sur un gain de +45% à 0,6$, après avoir toutefois encaissé l'une des plus fortes chutes du segment des 'cryptos' ces derniers jours.

Comme on peut l'observer, ce rebond des crypto-devises ne repose pas pour l'heure sur une bonne nouvelle fondamentale, mais plutôt sur l'effet d'opportunité créé par la brutalité de la chute antérieure. La survente de court terme a donc été exploitée par certains investisseurs audacieux.

Le durcissement de la régulation, déjà perceptible en Asie, se confirme néanmoins, les USA entrant désormais en piste.

Et pourtant, la SEC menace

Aux États-Unis, la SEC, gendarme des marchés financiers locaux, pourrait bien demander au Congrès américain de légiférer, afin de renforcer la supervision des monnaies numériques telles que le Bitcoin. Jay Clayton, le dirigeant de la Securities & Exchange Commission, a livré des commentaires dans ce sens, soulignant les risques posés par cette toute nouvelle catégorie d'actif, à l'occasion d'une intervention devant une commission du Congrès.

Les agences américaines solidaires sur la question

Jay Clayton, selon ces propos rapportés par l'agence Reuters, a précisé que la SEC, la 'Commodity Futures Trading Commission' (CFTC) - agence chargée de superviser les futures -, mais aussi le Département au Trésor et la Fed, pourraient revenir vers le Congrès, afin d'obtenir une intervention législative sur la question des cryptomonnaies. Dans le même esprit, le patron de la SEC entend contrôler les ICO ('initial coin offerings'), ces levées de fonds en devises numériques, de la même manière que les introductions en bourse à Wall Street.

Plus blanc que blanc ?

De son côté,Christopher Giancarlo, le dirigeant de la CFTC, explique qu'il travaille main dans la main avec le FBI, sur des affaires de blanchiment et de financement du terrorisme. Le leader de la CFTC affirme qu'il ne tolèrera pas les malversations liées au Bitcoin et à ses pairs.

Plusieurs banques majeures interdisent les achats de Bitcoin par carte de crédit

La Lloyds, craignant une poursuite de la baisse des prix des 'cryptos', vient d'interdire à ses clients d'acheter du Bitcoin ou d'autres devises digitales par carte de crédit. L'interdiction a pris effet hier lundi pour les clients de Lloyds Bank, Bank of Scotland, Halifax et MBNA. La décision ne s'applique toutefois pas aux cartes de débit, mais 'seulement' aux 8 millions de clients du groupe disposant de cartes de crédit.

Lloyds vient ainsi gonfler les rangs des grandes banques ayant opté pour la prudence sur le sujet des crypto-devises. En effet, Citigroup, Bank of America et JP Morgan Chase ont également suspendu les achats de 'cryptos' par carte de crédit. Dès vendredi, Bank of America avait commencé à refuser les transactions par cartes de crédit avec les plateformes connues d'échanges de cryptomonnaies, selon un message dont a pris connaissance l'agence 'Bloomberg'. Samedi, JP Morgan a suivi le mouvement, peu désireuse de supporter les risques liés à ces transactions, dans un contexte de chute générale des 'cryptos'. Enfin, Citigroup a prévenu en fin de semaine dernière qu'elle allait aussi interdire, pour l'heure, ces achats de 'cryptos' par cartes de crédit. La banque étudiera l'évolution du marché, afin d'ajuster éventuellement sa politique.

L'Inde demeure hostile aux 'cryptos'

Arun Jaitley, le Ministre indien des finances, a précisé la semaine dernière, devant le Parlement local, que le gouvernement allait prendre toutes les mesures nécessaires, afin de s'attaquer aux 'crypto-actifs' liés au financement d'activités irrégulières et de retirer les crypto-devises utilisées dans le cadre du système de paiement. Cette intervention a été considérée comme une volonté de l'Inde d'interdire totalement les 'cryptos'.

Bitfinex et Coincheck inquiètent toujours

Du côté des 'affaires', les dossiers Bitfinex et Coincheck préoccupent toujours. Bitfinex et Tether, deux sociétés dirigées par le même directeur général, ont été assignées par la Commodity Futures Trading Commission.

Bitfinex est un plateforme d'échange de devises digitales, tandis que Tether est l'émetteur de la cryptomonnaie éponyme. Le Tether est la 22ème devise numérique par sa capitalisation, qui s'élève à environ 2 milliards de dollars. La 'crypto' Tether est adossée au dollar (sa valeur est stable à 1$). La firme assure posséder assez de billets verts en réserve pour couvrir les 'jetons' en circulation... Certains experts doutent que la société possède réellement ces 2 Mds$. Tether a rompu ses liens avec le cabinet d'audit Friedman LLP, qui avait entrepris d'examiner ses comptes.

Ni Tether, ni Bitfinex n'ont communiqué publiquement la localisation de leur siège, les identités de leurs dirigeants ou leurs données financières. La maison mère de Bitfinex, iFinex Inc., est enregistrée aux Iles Vierges britanniques, et se dit basée à Hong Kong...

Des pirates nord-coréens responsables du 'casse record' de Coincheck ?

L'agence sud-coréenne de renseignement aurait informé les législateurs que des pirates informatiques nord-coréens pourraient être à l'origine du vol record de 530 millions de dollars de 'NEM' dont avait été victime la plateforme japonaise Coincheck le mois dernier. C'est du moins ce qu'affirment les sources de l'agence Reuters. Le National Intelligence Service sud-coréen n'aurait toutefois pas présenté de preuves tangibles de son hypothèse.

La NEM Foundation continue de 'suivre' les NEM dérobés par les 'braqueurs' digitaux de la plateforme d'échange japonaise Coincheck, grâce au système de traçabilité de la blockchain. Cette affaire constituait un piratage record dans le milieu des 'cryptos', les NEM dérobés représentant un montant de 530 millions de dollars au moment du larcin. Selon la 'fondation', les malfaiteurs tenteraient d'opérer des transactions multiples afin d'écouler le butin virtuel. Les voleurs ont essayé de déplacer les unités sur six échanges différents, afin de les revendre.

Le NEM est une cryptomonnaie et une plateforme blockchain lancée début 2015. Cette blockchain est testée par des institutions financières et firmes privées, plus particulièrement en Asie. La crypto-devise NEM a subi un piratage majeur sur la plateforme japonaise Coincheck. 523 millions de 'jetons' ont été dérobés. Environ 260.000 utilisateurs de Coincheck auraient été touchés. Coincheck rappelle au Japon le triste souvenir de l'affaire Mt. Gox, plateforme dont l'effondrement en 2014 avait semé le trouble dans le petit monde des 'cryptos'.

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