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Lactalis: le travail de fourmi de la répression des fraudes

| AFP | 128 | Aucun vote sur cette news
Boîtes de lait infantile dans une pharmacie à Orléans le 11 janvier 2018
Boîtes de lait infantile dans une pharmacie à Orléans le 11 janvier 2018 ( GUILLAUME SOUVANT / AFP )

Au comptoir d'une pharmacie d'Orléans, deux hommes présentent une carte professionnelle au lieu de leur carte vitale. Ils ne sont pas venus acheter des médicaments mais contrôler les rayonnages de l'établissement, qui vend des produits Lactalis.

"Pouvez-vous nous montrer votre rayon de laits infantiles?", demande Francis Allié, directeur adjoint de la direction départementale de la protection des populations du Loiret (DDPP).

Laurence Simon, la pharmacienne titulaire, leur indique un rayonnage, quelques pas derrière eux. Les boîtes de laits infantiles s'alignent sur quelques mètres, à côté d'affichettes. En bas se trouvent plusieurs produits Lactalis.

Des inspecteurs de la DGCCRF contrôlent une pharmacie à Orléans le 11 janvier 2018
Des inspecteurs de la DGCCRF contrôlent une pharmacie à Orléans le 11 janvier 2018 ( GUILLAUME SOUVANT / AFP )

Les inspecteurs s'agenouillent pour examiner les boîtes. Référence, numéro de lot, date de fabrication: pas de correspondance avec leur liste qui recense tous les produits Lactalis concernés par le rappel du 21 décembre.

A la suite d'une contamination aux salmonelles, le groupe a rappelé l'ensemble des laits et autres produits infantiles élaborés dans son usine de Craon (Mayenne) depuis février 2017.

La pharmacienne, qui a reçu environ 200 boîtes concernées par le rappel, indique les avoir retournées à son grossiste. Les inspecteurs vérifient ses propos en consultant le registre d'archives de l'établissement.

Dans une pharmacie d'Orléans le 11 janvier 2018
Dans une pharmacie d'Orléans le 11 janvier 2018 ( GUILLAUME SOUVANT / AFP )

"Nous avons des mamans et des papas qui nous ont appelés parce qu'ils voulaient savoir si le lait qu'ils donnaient à leurs enfants faisait partie des lots incriminés", indique à l'AFP Mme Simon, précisant que quelques clients avaient rapporté des boîtes.

- "Chaque professionnel est responsable" -

Les deux inspecteurs quittent l'officine pour rejoindre leur voiture et se diriger vers un supermarché quelques rues plus loin.

Des inspecteurs de la DGCCRF contrôlent un supermarché le 11 janvier 2018 à Orléans
Des inspecteurs de la DGCCRF contrôlent un supermarché le 11 janvier 2018 à Orléans ( GUILLAUME SOUVANT / AFP )

Ils se présentent à l'accueil, où les rejoint la directrice du magasin. Elle les conduit à travers les allées calmes, en cette fin de journée, jusqu'au rayon des produits bébé.

Les boîtes colorées de laits infantiles de différentes marques sont en tête de gondole. Le contrôle est rapide: aucun produit Lactalis n'est présent et trois affichettes informent les consommateurs sur le rappel.

Les quelques produits ayant dû être retirés ont déjà été renvoyés pour destruction, assure la directrice de l'établissement aux inspecteurs.

Elle les conduit ensuite à l'étage, dans les bureaux, pour consulter des documents attestant de ses propos, rangés dans un large classeur qui recense tous les rappels.

L'opération est terminée, aucune anomalie n'a été détectée sur ces deux contrôles.

En revanche, les 2.500 réalisés depuis le 26 décembre par la répression des fraudes dans des supermarchés mais aussi dans des pharmacies, des crèches ou des hôpitaux, ont montré que 91 établissements détenaient encore des boîtes de lait infantile Lactalis qui auraient dû être retirées, avait indiqué jeudi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

Bruno Le Maire à Paris le 11 janvier 2018
Bruno Le Maire à Paris le 11 janvier 2018 ( ERIC PIERMONT / AFP/Archives )

Ce dernier a également annoncé 2.500 contrôles supplémentaires "dès la semaine prochaine", après que plusieurs distributeurs ont reconnu avoir vendu des produits concernés par le rappel.

Mais ces derniers refusent d'être cloués seuls au pilori. Le patron des centres Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, a estimé jeudi qu'il y avait eu une "défaillance systémique et pas seulement sectorielle", épinglant au passage "des services de l'Etat".

"Chaque professionnel est responsable de la bonne mise en oeuvre des obligations de retrait et de rappel des produits qui sont susceptibles d'être contaminés", rappelle pour sa part M. Allié.

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