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La Bourse de Paris connaît la plus forte chute de son histoire

| AFP | 3866 | Aucun vote sur cette news
La Bourse de Paris a connu jeudi la plus forte chute de son histoire, clôturant à -12,28%, dans un marché financier abdiquant face à la pandémie de Covid-19 et son impact redouté sur l'économie mondiale.
La Bourse de Paris a connu jeudi la plus forte chute de son histoire, clôturant à -12,28%, dans un marché financier abdiquant face à la pandémie de Covid-19 et son impact redouté sur l'économie mondiale. ( ERIC PIERMONT / AFP )

La Bourse de Paris a connu jeudi la plus forte chute de son histoire, clôturant à -12,28%, dans un marché financier qui abdique face à la pandémie de Covid-19 et son impact redouté sur l'économie mondiale.

Cette hécatombe s'intègre dans "un mouvement général de capitulation sur les marchés financiers", résume Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille chez Mirabaud France, interrogé par l'AFP.

L'indice CAC 40 a plongé de 565 points pour finir à 4.044,26 points dans un volume d'échanges de plus de 11 milliards d'euros. A titre de comparaison, il avait perdu 7,3%, en clôture, le jour des attentats du 11 septembre 2001, et 7,7% le 10 octobre 2008, en pleine crise des subprime.

"Depuis que le CAC 40 existe, c'est la plus forte baisse journalière", a également observé Daniel Larrouturou, gérant de Dôm Finance. L'indice n'existait pas encore sous cette forme lors du krach boursier d'octobre 1987.

Cette débâcle qui s'ajoute aux grosses déconvenues des derniers jours fait grossir les pertes accumulées depuis le début de l'année: elles s'élèvent désormais à plus de 32%.

La sidération est d'autant plus vive que le 19 février dernier, le CAC 40 était à un sommet depuis 2007 (à 6.111,24 points) et que la raclée intervient après un bond de plus de 25% sur les indices boursiers l'an dernier.

Les marchés, qui avaient continué de grimper en flèche plusieurs semaines après la découverte des premiers cas de Covid-19 en Chine, ont fini par dévisser violemment après l'apparition de nouveaux foyers en Italie.

La chute libre du jour ne fait aucune distinction: elle concerne non seulement toutes les places mondiales, mais également les valeurs considérées comme refuge, que ce soit l'or ou les dettes souveraines jugées les plus sûres, analyse Frédéric Rozier.

Elle ne fait pas véritablement non plus de distinction entre les valeurs cotées: la couleur sang endeuille aussi l'écran lié à l'indice élargi SBF 120, qui regroupe les valeurs du CAC 40 et 80 autres.

"La vente est homogène" observe M. Rozier, notant aussi que "beaucoup d'ETF (fonds indiciels cotés) et de contrats à termes ont été vendus", amplifiant les mouvements au cours de cette séance inédite.

Déception avec la BCE

Le degré de nervosité a été exceptionnel: l'indice de la volatilité (VIX), surnommé "indice de la peur", est ressorti à 69,26, un plus haut depuis novembre 2008, sans atteindre un record, fait remarquer M. Baradez.

Alors que les gérants n'ont de cesse de rappeler que les marchés ne baissent jamais pour de mauvaises raisons, les chocs du jour ont été doubles.

La descente aux enfers s'est faite en deux temps. La cote parisienne a connu un gros trou d'air (-5,11%) dès l'ouverture, réagissant à la décision de Donald Trump d'interdire aux Européens d'entrer aux États-Unis.

Elle a ensuite subi un deuxième choc juste après les annonces de la Banque centrale européenne.

Celle-ci n'a pas touché à ses taux directeurs: le principal était déjà bloqué à zéro depuis mars 2016 et les deux autres ont été maintenus à l'identique.

La BCE a toutefois annoncé qu'elle dépenserait 120 milliards d'euros supplémentaires d'ici la fin de l'année pour acheter de la dette, particulièrement celle "du secteur privé". Cet effort vient renforcer le programme relancé en novembre et portant déjà sur l'achat de 20 milliards d'euros d'actifs publics et privés par mois.

"Une enveloppe pas énorme, très loin des niveaux qu'on avait atteints sur le QE (Quantitative Easing) pendant la crise de 2015" et "pas de nature à rassurer le marché", a estimé Alexandre Baradez, analyste chez IG France.

"C'est trop léger pour inverser le mouvement sur les marchés, ça revient à 35 milliards par mois alors que le marché anticipait plutôt 60 milliards", commente aussi Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille à Mirabaud France.

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