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Les banques centrales prédisent une hausse de l'inflation

| AFP | 283 | Aucun vote sur cette news
Le vice-président de la Banque centrale européenne Vitor Constancio, lors d'un séminaire réunissant des responsables des banques centrales à Washington, le 15 octobre 2017
Le vice-président de la Banque centrale européenne Vitor Constancio, lors d'un séminaire réunissant des responsables des banques centrales à Washington, le 15 octobre 2017 ( SAUL LOEB / AFP )

Les principaux responsables des banques centrales de la planète, emmenés par l'Américaine Janet Yellen, ont prédit dimanche une accélération de l'inflation qui peine aujourd'hui à décoller malgré la reprise économique rendant les économistes perplexes.

"Avec un marché de l'emploi plus tendu, je m'attends à ce que l'inflation accélère l'année prochaine" aux Etats-Unis, a déclaré la présidente de la banque centrale américaine (Fed) lors d'un séminaire à Washington.

"La plupart de mes collègues du FOMC (comité de politique monétaire) sont d'accord", a-t-elle ajouté, notant que la baisse des prix dans le secteur des télécommunications qui explique en grande partie le faible niveau des prix aux Etats-Unis ne devrait pas être un facteur récurrent.

Dans le sillage de Mme Yellen, Vitor Constancio le vice-président de la Banque centrale européenne (BCE) et Haruhiko Kuroda le gouverneur de la Banque du Japon (BOJ) ont souligné que la plupart des pays développés expérimentaient la persistance de la faiblesse de l'inflation.

"L'apparente déconnexion entre d'un côté la solide croissance économique et de l'autre une inflation et des salaires faibles est l'une des caractéristiques manifeste de cette reprise continue" de l'économie mondiale, commenté M. Constancio, soulignant que cela était observé "presque partout".

Cela accrédite l'idée qu'il s'agit peut-être d'une tendance "plus structurelle", a réagi la responsable de la Fed.

Cette semaine, lors de sa réunion annuelle, le Fonds monétaire international (FMI) avait lui aussi observé que les salaires étaient à un niveau bas en dépit d'un marché parfois proche du plein emploi comme aux Etats-Unis.

La question est de savoir "comment nous faisons face à une situation dans laquelle les salaires et l'inflation demeurent faibles", a poursuivi M. Kuroda, exhortant ses homologues à "approfondir la réflexion" pour comprendre la faiblesse de l'inflation.

Aux Etats-Unis, l'indice des prix PCE basé sur les dépenses de consommation, n'a avancé que de 1,4% en août. Sans les prix volatils de l'énergie et de l'alimentation, il est tombé à 1,3%, un dixième de point de moins qu'en juillet. C'est le plus faible niveau annuel pour l'inflation sous-jacente depuis novembre 2015.

La Fed aimerait voir cet indice atteindre la cible de 2%, niveau qu'elle estime sain pour l'économie.

- Objectif des 2% "encore lointain" -

Quant à la zone euro, l'inflation est restée stable en septembre, décevant les analystes qui attendaient une petite accélération, alors que la BCE songe à diminuer progressivement sa politique de soutien à l'économie.

Selon une première estimation de l'Office européen des statistiques Eurostat, l'inflation dans les 19 pays ayant adopté le monnaie unique s'est stabilisée à 1,5% en septembre, en-deçà de l’objectif de la BCE d'un niveau proche de 2%.

Une inflation très légèrement inférieure à 2,0% sur un an est considérée par la BCE comme un signe de bonne santé de l'économie, car cela correspond selon elle à la définition de la stabilité des prix.

Dimanche, Vitor Constancio s'est dit confiant sur le fait que l'inflation allait "revenir à l'objectif de moyen terme".

"Ce retour reste encore largement conditionné à une politique monétaire très accommodante", a-t-il toutefois prévenu.

Lors de sa prochaine réunion de politique monétaire le 26 octobre, la BCE aura à décider de l'ampleur et du rythme de ses achats d'actifs à partir de 2018. Le programme est conduit actuellement au rythme de 60 milliards d'euros par mois.

La BCE pourrait réduire le montant de ses achats mensuels d'actifs tout en prolongeant ce plan de soutien à l'économie en raison d'une inflation encore trop faible, avait déjà laissé entendre début octobre l'économiste en chef de l'institution, Peter Praet.

"Atteindre cet objectif des 2% (d'inflation) est encore lointain et la Banque du Japon va poursuivre sa politique accommodante agressive" pour atteindre cet objectif le plus tôt possible, a fait savoir de son côté Haruhiko Kuroda.

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