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L'UE invite ses voisins d'ex-URSS, mais évite les sujets qui fâchent

| AFP | 449 | Aucun vote sur cette news
Le Premier ministre estonien Juri Ratas (g), le président du Conseil européen Donald Tusk, la Première ministre britannique Theresa May et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker lors du sommet de l'Union européenne, le 24 novembre 2017 (de gauche à droite)
Le Premier ministre estonien Juri Ratas (g), le président du Conseil européen Donald Tusk, la Première ministre britannique Theresa May et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker lors du sommet de l'Union européenne, le 24 novembre 2017 (de gauche à droite) ( Tatyana ZENKOVICH / POOL/AFP )

Les dirigeants de l'UE et de six pays issus de l'ex-URSS se sont retrouvés à Bruxelles pour approfondir leur "partenariat" mais en évitant les sujets qui fâchent comme le conflit ukrainien et sans aucune garantie d'adhésion au bloc européen.

En arrivant à Bruxelles, la Première ministre britannique Theresa May a estimé sans ambages que "nous devons avoir les yeux ouverts sur les actions d'Etats hostiles comme la Russie qui menacent la croissance potentielle de nos partenaires orientaux et tentent de détruire notre force collective".

L'emprise présumée de Moscou sur ses anciens "satellites" de l'URSS, ainsi que les inquiétudes des capitales européennes sur des ingérences russes dans leurs processus électoraux, restent toutefois le grand tabou de ce sommet du "Partenariat oriental".

Le ministre des Affaires étrangères Vladimir Makei arrive pour le sommet de l'Union européenne, à Bruxelles le 24 novembre 2017
Le ministre des Affaires étrangères Vladimir Makei arrive pour le sommet de l'Union européenne, à Bruxelles le 24 novembre 2017 ( Emmanuel DUNAND / AFP )

"Nous sommes contre ces confrontations. Le Bélarus se trouve entre deux grands feux, la Russie d'un côté, l'Union européenne de l'autre. Elles sont malheureusement rivales et nous aimerions nous éloigner de cette rhétorique de confrontation", a insisté le ministre des Affaires étrangères du Bélarus Vladimir Makeï, appelant à "joindre nos forces pour les surpasser".

"Ceci n'est pas l'endroit pour résoudre des conflits, pour faire des choix entre l'Europe et quelqu'un d'autre", a voulu rassurer le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel.

- Conflits -

Signe des difficultés à s'accorder sur les sujets les plus sensibles, les dirigeants des 28 pays de l'UE et d'Ukraine, de Moldavie, de Géorgie, du Bélarus, d'Arménie et d'Azerbaïdjan ne feront pas mention, dans leur déclaration finale, du conflit déclenché par des séparatistes prorusses en Ukraine, qui a fait plus de 10.000 morts depuis 2014.

Ni même de l'annexion de la Crimée par la Russie, qui avait fait l'objet d'une condamnation musclée de la part de l'UE au cours de la dernière rencontre dans ce format, à Riga en 2015.

La chancelière allemande Angela Merkel s'adresse à des journalistes à son arrivée au sommet de l'Union européenne, à Bruxelles, le 24 novembre 2017
La chancelière allemande Angela Merkel s'adresse à des journalistes à son arrivée au sommet de l'Union européenne, à Bruxelles, le 24 novembre 2017 ( Aurore BELOT / AFP )

La chancelière allemande Angela Merkel a annoncé qu'elle rencontrerait son homologue ukrainien Petro Porochenko "pour voir si éventuellement nous pouvons faire des petits progrès" dans la mise en oeuvre des accords de Minsk censés instaurer un cessez-le-feu dans l'est ukrainien. "Le Partenariat oriental est très important pour notre sécurité", a-t-elle souligné.

Jeudi soir, le président du Conseil européen, Donald Tusk, avait rappelé que l'"UE ne reconnaîtra jamais l'annexion illégale de la Crimée par la Russie".

La déclaration commune omet également, contrairement à ce qui avait été le cas en 2015, de mentionner spécifiquement les nombreux conflits sécessionnistes en ex-URSS dans lesquels les Occidentaux accusent la Russie de jouer un rôle en sous-main: entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan au Nagorny-Karabakh, entre la Géorgie et des séparatistes prorusses qui ont proclamé deux républiques indépendantistes, ou dans la région de Transnistrie en Moldavie.

Cette fois, l'UE préfère mettre l'accent sur une liste de vingt "avantages concrets pour les citoyens" qu'elle promet de soutenir, tout en réclamant à ses partenaires des anciennes républiques soviétiques une lutte accrue contre la corruption, davantage de démocratie et une justice plus indépendante.

- D'abord le Brexit -

"Nous allons poursuivre cet engagement pour permettre le développement économique, la lutte contre la corruption, l'amélioration en matière de gouvernance, tous ces domaines où il y a eu des progrès, et dans lesquels nous voulons continuer à travailler avec nos partenaires", a expliqué le Premier ministre français Edouard Philippe.

Objectif : renforcer la popularité de l'UE dans leurs opinions publiques, avec par exemple une plus grande ouverture du programme d'études à l'étranger Erasmus+, et un soutien financier aux petites et moyennes entreprises. Une réduction des frais d'itinérance pour les téléphones mobiles est également envisagée.

Mais il est hors de question pour l'UE de donner le moindre gage sur une adhésion future à ces pays, malgré les attentes énormes de certains comme l'Ukraine ou la Géorgie.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à son arrivée au sommet de l'Union européenne, à Bruxelles, le 24 novembre 2017
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à son arrivée au sommet de l'Union européenne, à Bruxelles, le 24 novembre 2017 ( Aurore BELOT / AFP )

"Ceci n'est pas un sommet d'élargissement ou d'adhésion", a martelé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. "Ce n'est pas le moment opportun. Nous avons le Brexit et nous devons régler les problèmes à l'intérieur" de l'Union, a renchéri le Luxembourgeois Xavier Bettel.

Les Etats les plus orientaux de l'UE ont toutefois voulu envoyer un signal plus positif. "Bien sûr" que l'Ukraine pourra rejoindre l'Union, a ainsi assuré la présidente lituanienne Dalia Grybauskaité, "dès qu'ils seront prêts, mais c'est dans longtemps".

Cette rencontre, où sont conviés des dirigeants considérés comme autocrates, à l'instar des présidents du Bélarus Alexandre Loukachenko -- qui a décliné l'invitation-- et de l'Azerbaïdjan Ilham Aliev, est à ce titre critiquée par les défenseurs des droits de l'homme.

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