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L'Assemblée approuve largement le projet de budget 2018 en première lecture

| AFP | 476 | Aucun vote sur cette news
L'Assemblée nationale lors d'un débat le 25 octobre 2017
L'Assemblée nationale lors d'un débat le 25 octobre 2017 ( Thomas SAMSON / AFP/Archives )

Après 40 jours et nuits d'examen, l'Assemblée nationale a approuvé mardi à une large majorité en première lecture l'ensemble du projet de budget 2018, recettes et dépenses, qui traduit plusieurs promesses du candidat Macron et vise à revenir dans les clous européens des 3% de déficit.

Pour ce premier passage, 356 députés ont voté pour, 175 contre et 27 se sont abstenus sur ce texte porteur de plusieurs mesures emblématiques, comme la transformation de l'ISF en impôt sur la seule fortune immobilière (IFI) ou la fin, progressive, de la taxe d'habitation pour 80% des ménages.

LREM et MoDem ont voté pour, socialistes, communistes et Insoumis unanimement contre, comme les LR à une abstention près. Chez les Constructifs LR-UDI, une majorité s'est abstenue.

En 2018, la France devrait sortir de la procédure de déficit excessif, où elle se trouve depuis 2009, avec un déficit public de 2,8% du PIB, après 2,9% attendus en 2017. L'exécutif mise notamment sur 15 milliards d'économies annoncées sur l'Etat, la Sécurité sociale et les collectivités locales.

"Nous mettons en œuvre notre projet de transformation, tout en respectant notre principe de sérieux budgétaire", a salué le chef de file des députés LREM Richard Ferrand (ex-PS), saluant "un acte fondateur" du quinquennat.

Alors que les opposants, gauche en tête, n'ont cessé de dénoncer un budget pour "les riches", ce fidèle d'Emmanuel Macron a défendu "un budget équilibré qui rémunère mieux le travail et stimule l’investissement".

Socialistes, communistes ou Insoumis ont continué d'opposer les coupes sur les aides au logement ou contrats aidés à la réforme de l'ISF et au prélèvement forfaitaire unique de 30% sur les revenus du capital ("flat tax").

"Jamais un gouvernement n'a donné autant de cadeaux aux plus riches", a dénoncé Fabien Roussel (PCF), pour lequel "les travailleurs, les ouvriers, les fonctionnaires, les retraités" vont "trinquer". Fustigeant un budget "brutal pour les Français, excellent pour le Medef", Eric Coquerel (LFI) a qualifié "la suppression de 250.000 contrats aidés" de "plus grand plan de licenciements de l'Histoire".

- Un "pari" contesté -

"Pas de soutien à la croissance, pas d'investissement, pas de réduction des inégalités", a fustigé Valérie Rabault (PS).

La majorité fait, elle, le "pari" que la réforme de l'épargne incitera les plus aisés à investir dans l'économie "productive" et les PME plutôt que dans la pierre.

A l'unisson de LREM, le MoDem Jean-Noël Barrot a défendu un budget "qui revalorise le travail". "Tous les salariés verront leur rémunération augmenter cette année. 4 Français sur 5 se verront exonérer de la taxe d’habitation d’ici 3 ans. Les plus fragiles se verront protégés par la revalorisation des minima vieillesse, de l’allocation adulte handicapé, de la prime d’activité", a-t-il clamé.

Dénonçant "des choix au détriment du monde rural" ou des "périphéries", LR a justifié son opposition par la défense des retraités face à la hausse de la CSG ou des automobilistes face à l'augmentation du prix du diesel. Le groupe compte saisir le Conseil constitutionnel de la suppression de la taxe d'habitation, "qui va à l'encontre de l'autonomie des collectivités locales", selon son président Christian Jacob.

Après ces 151 heures de débat et 2.500 amendements examinés en séance, dont 333 adoptés, le marathon va continuer. Après son passage au Sénat, où la majorité de droite fera une version partiellement corrigée, le projet de loi de finances reviendra en nouvelle lecture, puis en lecture définitive d'ici à Noël.

Dans l'intervalle, les députés reprendront et achèveront les discussions sur le budget de la Sécu, voteront la loi de finance rectificative de fin d'année, après celle déjà adoptée sur la surtaxe de grandes sociétés pour compenser la censure de la taxe sur les dividendes.

Un marathon dont se plaignent notamment des novices de la majorité, qui dénoncent "débats répétitifs" et multiplication de séances au-delà de 1H00 du matin, notamment pour l'étude des crédits des 25 "missions" budgétaires.

"On arrive à bout d'un système", selon la chef de file LREM de la commission des Finances Amélie de Montchalin.

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