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Jeunes travailleurs et associations pris de court par la diminution des contrats aidés

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Lors d'un forum pour l'emploi à Paris, en 2014
Lors d'un forum pour l'emploi à Paris, en 2014 ( LIONEL BONAVENTURE / AFP/Archives )

La diminution des contrats aidés d'ici à la fin de l'année, décidée par le gouvernement, a frappé par surprise jeunes travailleurs et associations pour qui le dispositif constitue souvent une bouffée d'oxygène vitale.

La veille de son déménagement, Eli Vachet, 26 ans, a appris que son contrat aidé n'était pas validé. Titulaire d'un "Master 2 dans le culturel" et habitant Dijon, elle avait pourtant décroché un emploi à Rennes au sein d'une association qui gère la monnaie locale Galléco.

"Ça devait être un contrat d'un an, à raison de 20 heures par semaine, afin de m'occuper de l'administration et la coordination de la cinquantaine de bénévoles", explique la jeune femme qui dispose du statut d'adulte handicapé. "Comme l'association n'a pas les moyens de m'embaucher en CDD et que le conseil général n'a pas consenti de rallonge, je n'ai plus rien". Faute d'emploi, elle se prépare à "retourner au RSA" pour un temps.

Prévus pour les publics les plus éloignés du marché du travail (demandeurs d'emploi de longue durée, jeunes en grande difficulté…), les contrats aidés sont encadrés et appuyés financièrement par l'Etat. Mais le gouvernement d'Emmanuel Macron estime qu'il s'agit d'un dispositif "onéreux" et "peu efficace".

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, avait justifié le 9 août devant les députés la baisse du nombre de ce type de contrats par "une sous-budgétisation et une surconsommation" par la majorité précédente. Ainsi, 293.000 contrats aidés sont prévus pour l'ensemble de l'année contre 459.000 en 2016.

La ministre du Travail Muriel Penicaud lors d'une visite dans un Pôle emploi à Lyon, le 4 août 2017
La ministre du Travail Muriel Penicaud lors d'une visite dans un Pôle emploi à Lyon, le 4 août 2017 ( ROMAIN LAFABREGUE / AFP/Archives )

A Valenciennes, Sébastien Legay, 28 ans, avait signé fin juillet un contrat aidé d'un an avec l'Afpa (Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes). "Je devais débuter la semaine prochaine, il ne me manquait que la validation de Pôle emploi. Quand je me suis rendu en agence, on m'a annoncé le gel des contrats aidés."

Résultat : "un contrat d'un an, 32 heures par semaine, payé un peu au-dessus du Smic" qui lui échappe, et un "retour à la case intérim". "Ce travail, c'était l'opportunité de retrouver un emploi qui me plaisait. Et un éventuel CDI au bout de la première année", regrette-t-il.

A 26 ans, Claire, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille, pensait être embauchée comme agent d'accueil dans un château en Lorraine dès cet été. "Je me faisais une joie de débuter ce travail. Ce contrat d’un an était une chance incroyable de pouvoir sortir la tête de l'eau", assure-t-elle.

Une quinzaine de jour avant de prendre ses fonctions, elle apprend que son contrat aidé est "bloqué au niveau de Pôle emploi".

-'Pas un contrat de complaisance'-

"Il n'y a eu aucun diagnostic avant de geler les contrats aidés", regrette Frédéric Dupré, directeur du centre social Marcel Bertrand à Lille. "Un contrat aidé, ce n'est pas un contrat de complaisance, c'est un vrai travail avec un projet d'insertion derrière", souligne-t-il. "Pour d'autres personnes, moins jeunes, cela permet de reprendre pied."

"Nous, dans les prochaines semaines, on doit renouveler six contrats aidés. On ignore si on pourra, et si on ne peut pas, ces jeunes travailleurs vont retourner à Pôle emploi. C'est incohérent", s'insurge le quadragénaire qui a, en son temps, bénéficié des travaux d'utilité collective (TUC), un ancêtre des contrat aidés. "Sans ce dispositif, je ne sais pas où j'en serais aujourd'hui", dit-il.

A l'entrée d'une agence Pôle emploi à Lille, le 27 avril 2017
A l'entrée d'une agence Pôle emploi à Lille, le 27 avril 2017 ( PHILIPPE HUGUEN / AFP/Archives )

Dans les associations, les contrats aidés sont d'autant plus appréciés qu'ils "permettent d'embaucher à moindre coût", reconnaît Pierre Ulrich, coordinateur de l'association Eisenia. "Cela permet aux jeunes de travailler, c'est un tremplin pour eux. C'est du gagnant-gagnant", ajoute-t-il.

Cette petite structure lyonnaise qui se consacre à l'action écologique en milieu social, avait prévu "une ou deux embauches en contrat aidé en octobre, mais avec les nouvelles décisions politiques, on ne pourra sûrement pas", anticipe Pierre Ulrich. Quelle solution de rechange ? "On ne sait pas, on va essayer de se débrouiller."

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