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Japon: le bras droit de Carlos Ghosn libéré sous caution

| AFP | 667 | Aucun vote sur cette news
Des piétons passent devant un écran de télévision sur lequel apparaît le visage de Carlos Ghosn, ex-PDG de Nissan, le 21 décembre 2018 à Tokyo, au Japon
Des piétons passent devant un écran de télévision sur lequel apparaît le visage de Carlos Ghosn, ex-PDG de Nissan, le 21 décembre 2018 à Tokyo, au Japon ( Kazuhiro NOGI / AFP/Archives )

L'Américain Greg Kelly, arrêté le 19 novembre au Japon en même temps que Carlos Ghosn, a été relâché mardi sous caution, tandis que l'ex-patron de Nissan reste lui en garde à vue jusqu'au 1er janvier au moins.

Le tribunal de Tokyo avait approuvé un peu plus tôt sa remise en liberté en échange du paiement d'une somme de 70 millions de yens (environ 560.000 euros au cours actuel). Il a confirmé l'avoir reçue en espèces.

M. Kelly qui, contrairement à M. Ghosn, ne fait pas l'objet d'un troisième mandat d'arrêt, est sortie de prison dans la soirée, après le rejet du recours déposé par le parquet. Il est apparu sur les images de télévision les traits tirés, et s'est aussitôt engouffré dans un taxi, visage fermé, sans s'exprimer.

Dans un communiqué cité par l'agence de presse Kyodo, il a réfuté les accusations et dit espérer "un acquittement" lors du procès à venir. "Je veux restaurer ma réputation", a-t-il insisté.

Sa libération est assortie de conditions: d'après les médias japonais, il ne sera pas autorisé à quitter le Japon, ni à entrer en contact avec des personnes liées au dossier.

Considéré comme le bras droit de Carlos Ghosn chez Nissan, Greg Kelly avait été inculpé le 10 décembre pour avoir, selon les accusations du parquet, aidé le dirigeant à dissimuler une partie de ses revenus aux autorités boursières, environ 5 milliards de yens (38 millions d'euros) sur cinq années, de 2010 à 2015.

L'homme, âgé de 62 ans, est aussi soupçonné d'avoir participé à une minoration similaire d'émoluments de M. Ghosn de 2015 à 2018.

"Trahison"

Dans une vidéo mise en ligne sur internet ce week-end, la femme de Greg Kelly s'inquiétait d'une "détérioration de sa santé". "Il doit être opéré rapidement pour cause de douleurs cervicales", avait expliqué Dee Kelly.

Des piétons passent devant un écran de télévision sur lequel apparaît le visage de de Greg Kelly, ancien bras droit de Carlos Ghosn, le 21 décembre 2018 à Tokyo, au Japon
Des piétons passent devant un écran de télévision sur lequel apparaît le visage de de Greg Kelly, ancien bras droit de Carlos Ghosn, le 21 décembre 2018 à Tokyo, au Japon ( Kazuhiro NOGI / AFP/Archives )

"Je voudrais voir très vite le médecin et suivre un traitement", a souligné M. Kelly, évoquant "des moments difficiles" durant sa détention du fait de sa maladie.

Le responsable américain avait été attiré mi-novembre à Tokyo par un employé de Nissan pour y être arrêté, selon la version de son épouse qui a dénoncé "un complot international, une trahison de certains dirigeants de Nissan pour prendre le contrôle" du constructeur japonais.

Peu après l'interpellation des deux hommes, le groupe avait démis M. Ghosn de la présidence du conseil d'administration et M. Kelly de ses fonctions de représentation.

Le magnat de l'automobile a aussi été révoqué de Mitsubishi Motors. Il demeure en revanche PDG de l'entreprise française Renault.

Si M. Kelly peut être libéré sous caution, ce n'est pas le cas de M. Ghosn qui est toujours en garde à vue. Il est sous le coup d'un nouveau mandat d'arrêt, le troisième, sur des charges supplémentaires concernant cette fois l'abus de confiance, après son inculpation pour dissimulation de revenus sur la période 2010-2015.

La justice a décidé dimanche de prolonger sa détention jusqu'au 1er janvier, et le parquet peut encore à cette échéance requérir une extension de 10 jours supplémentaires.

"Laver son honneur"

Selon une source proche du dossier, M. Ghosn espérait pourtant être libéré sous caution la semaine dernière et ses avocats préparaient sa sortie, avant que ne tombent les nouvelles charges.

Le dirigeant de 64 ans, qui veut "faire entendre sa voix et laver son honneur", a été transféré depuis plusieurs semaines dans une cellule plus spacieuse, bénéficiant de meilleures conditions de détention. Il rencontre régulièrement les différents représentants de l'ambassade de France, du Brésil et du Liban, pays dont il détient la nationalité, mais n'a pu voir sa famille.

Au cours des auditions, M. Ghosn aurait reconnu avoir signé des documents mentionnant des paiements qu'il était censé percevoir au moment de quitter Nissan, en tant que consultant, mais il assure, selon une personne au fait des investigations, que ces montants n'étaient pas définitivement établis et n'avaient donc pas à être inclus dans les rapports publics de l'entreprise.

Sur l'autre motif d'abus de confiance, il lui est reproché d'avoir "failli à sa fonction de PDG et d'avoir causé un préjudice à Nissan".

Concrètement, le bureau des procureurs l'accuse d'avoir fait couvrir par Nissan "des pertes sur des investissements personnels" au moment de la crise financière d'octobre 2008. La somme incriminée s'élève à 1,85 milliard de yens (14,5 millions d'euros).

Pour résoudre ce problème financier, il aurait obtenu qu'un ami saoudien se porte garant et aurait effectué des virements d'un montant équivalent sur le compte de ce dernier depuis un compte d'une filiale de Nissan.

De son côté, Carlos Ghosn dément tout lien entre les deux affaires et assure que ce proche a été rétribué pour des services rendus à Nissan.

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