5 268.76 PTS
-0.07 %
5 263.50
+0.00 %
SBF 120 PTS
4 211.87
+0.00 %
DAX PTS
12 605.20
+0.08 %
Dowjones PTS
22 303.09
+0.03 %
5 881.76
+0.25 %
Nikkei PTS
20 330.19
-0.33 %
Suivez-nous sur Facebook
Suivez-nous sur Google +
Suivez-nous sur Twitter
Suivez-nous sur Youtube

Il y a dix ans, apparaissaient les premiers signes de la crise financière à Wall Street

| AFP | 168 | Aucun vote sur cette news
Le 15 septembre 2008, la banque américaine Lehman Brothers s'effondre, mettant l'économie mondiale à genoux. C'est le début de la plus grave crise financière depuis la Grande Dépression, mais les prémisses de la débâcle étaient apparus en pleine torpeur estivale un an plus tôt.
Le 15 septembre 2008, la banque américaine Lehman Brothers s'effondre, mettant l'économie mondiale à genoux. C'est le début de la plus grave crise financière depuis la Grande Dépression, mais les prémisses de la débâcle étaient apparus en pleine torpeur estivale un an plus tôt. ( NICHOLAS ROBERTS / AFP/Archives )

Le 15 septembre 2008, la banque américaine Lehman Brothers s'effondre, mettant l'économie mondiale à genoux. C'est le début de la plus grave crise financière depuis la Grande Dépression, mais les prémisses de la débâcle étaient apparus en pleine torpeur estivale un an plus tôt.

Le 9 août 2007: la banque française BNP Paribas gèle trois fonds exposés au marché immobilier américain, envoyant le message aux milieux financiers que les crédits hypothécaires "subprime" aux Etats-Unis ne sont plus dignes de confiance.

Le Dow Jones, l'indice des trente valeurs vedettes de Wall Street, plonge de près de 3%.

"On a vu les hedge funds et les gens qui échangeaient les produits les moins régulés paniquer", se souvient Kenny Polcari, courtier en actions, qui arpente le parquet de Wall Street depuis 1985. "J'étais inquiet mais pas paniqué", ajoute Kenny Polcari, qui joue à l'époque les intermédiaires entre traders, banquiers et gestionnaires d'actifs et la Bourse pour la firme britannique Icap Corps.

"Les gens ont commencé à chercher à comprendre ce monde +virtuel+ de produits complexes".

- Aveuglement -

A la Maison-Blanche, l'aveuglement prévaut également. Lors d'une conférence de presse ce même 9 août, le président George W. Bush, interrogé sur un éventuel repli abrupt du marché immobilier, est catégorique: "Il apparaît à ce stade que nous nous dirigeons vers un atterrissage en douceur. Ca c'est ce que les faits disent".

La politique menée par Alan Greenspan, l'inamovible président de la banque centrale (Fed), a favorisé la bulle immobilière. En maintenant des taux très bas et en inondant les marchés de dollars, elle incite les ménages à s'endetter pour devenir propriétaires. Le crédit est érigé en moteur de la consommation.

"On pouvait obtenir un crédit tout en étant au chômage", se rappelle Kenny Polcari.

A Wall Street, les bonus et les profits flambent, d'autant que l'administration de Bill Clinton a abrogé en 1999 la loi Glass-Steagall, qui séparait les banques de dépôts, à la culture de prudence, des banques d'affaires, férues de risques.

Devant la demande, les traders confectionnent des crédits hypothécaires à taux variables dont les banques disséminent les risques en les revendant par morceaux sous la forme d'obligations -- CDO, collateralized debt obligation -- sur les marchés financiers, avec l'assentiment des agences de notation.

Mais le relèvement des taux de la Fed à compter de 2004 signe le retournement du marché immobilier. Les ménages fragiles sont étranglés et ont du mal à rembourser.

"Les ennuis étaient en train de couver", se souvient Kenny Polcari. "Ces produits dérivés complexes étaient peu compréhensibles mais du moment où le marché montait et que tout le monde se remplissait les poches, personne ne s'en préoccupait".

- "Grand tournant" -

Une banque a vu le coup venir: Goldman Sachs. Le 14 décembre 2006, le directeur financier David Viniar convoque une réunion avec des traders et les responsables risques pour discuter de l'état du marché immobilier américain. Des premières pertes sont signalées dans le portefeuille de Goldman, raconte à l'AFP un banquier sous couvert d'anonymat.

M. Viniar ordonne un changement de stratégie d'investissement, visant à parier sur l'effondrement de l'immobilier. "Il faut qu'on se mette à l'abri", enjoint-il.

S'il lui a rapporté de gros bénéfices et évité le pire, ce revirement vaudra à Goldman d'être poursuivie par la SEC, le gendarme de la Bourse, qui l'a accusée en 2010 d'avoir créé, en 2007, un produit complexe contenant des subprime, Abacus, vendu ensuite à des clients qui croyaient à une hausse de l'immobilier alors que la banque anticipait, elle, la baisse.

Le 16 mars 2008, JPMorgan Chase rachète pour une bouchée de pain Bear Stearns, au bord de la banqueroute pour des paris désastreux sur les subprime. Créée en 1923 et employant 14.000 personnes, Bear Stearns était un des symboles du rayonnement de la finance américaine.

"Ce fut le grand tournant", raconte Kenny Polcari. "Tous ces produits complexes sont devenus dans la foulée invendables. Il n'y avait plus d'acheteur. Tout d'un coup cela a été la panique générale".

Les investisseurs se sont alors tournés vers le marché actions et ont commencé à liquider les titres.

"Nous étions au bout de l'échiquier mais avons payé cher alors même que nous ne touchions pas à ces produits toxiques", s'emporte Kenny. Sa colère reste intacte près de dix ans plus tard. Il en veut aux régulateurs qui "n'y comprenaient rien".

Sa firme a licencié "beaucoup de monde". Il a rebondi chez le courtier O'Neil Securities et est maintenant contributeur régulier dans les médias américains.

 ■

Copyright © 2017 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote

OFFRE BOURSE DU MOMENT

Jusqu'à
1000 € OFFERTS

sur vos frais de courtage !*

Valable pour toute 1ère ouverture de compte avant le 15 novembre 2017

CODE OFFRE : RENTREE17

Je profite de l'offre

* Voir conditions
N'oubliez pas pour profiter de l'offre, indiquez le code promo : RENTREE17 lors de votre ouverture de compte.

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 26/09/2017

Akka a enregistré un chiffre d'affaires de 666,5 ME sur l'ensemble du premier semestre 2017...

Publié le 26/09/2017

Essilor et Luxottica ont confirmé mardi soir que la Commission européenne avait ouvert une phase 2 dans le cadre de la procédure d'examen de leur projet de rapprochement, comme attendu compte tenu…

Publié le 26/09/2017

 Le projet de rapprochement entre Essilor et Luxottica se poursuit   Version PDF du communiqué Charenton-le-Pont, France et Milan, Italie (le 26 septembre 2017) - Essilor et…

Publié le 26/09/2017

Le résultat net au 30 juin 2017 de Carmat ressort en perte de 14,1 ME contre une perte de 10,2 ME au 30 juin 2016...

Publié le 26/09/2017

Trigano a réalisé au quatrième trimestre de son exercice 2016-2017 clos fin août un chiffre d'affaires en hausse de 38% à 394 millions d'euros. A périmètre constant, l'augmentation est de…

CONTENUS SPONSORISÉS