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Harcèlement sexuel: la finance américaine à son tour touchée

| AFP | 466 | Aucun vote sur cette news
Le fonds d'investissement Fidelity a renvoyé deux dirigeants après des accusations de harcèlement sexuel portées à leur encontre
Le fonds d'investissement Fidelity a renvoyé deux dirigeants après des accusations de harcèlement sexuel portées à leur encontre ( Don Emmert, Don Emmert / AFP/Archives )

Le fonds d'investissement Fidelity, l'un des plus puissants au monde avec à sa tête une femme, a renvoyé deux dirigeants après des accusations de harcèlement sexuel portées à leur encontre, a indiqué mardi à l'AFP une source proche du dossier.

Ces deux cas sont les premiers officialisés dans la finance américaine, milieu dominé par les hommes, depuis la vague des scandales d'agressions sexuelles secouant la Silicon Valley et Hollywood.

Robert Chow et Gavin Baker, deux gérants de portefeuille vedettes dans le département d'actions chez Fidelity Investments ont dû quitter la firme récemment après des accusations de nature sexuelle portées par des salariées, a dit la source sous couvert d'anonymat.

M. Chow, 56 ans dont 30 passés chez Fidelity, est accusé d'avoir fait des remarques à caractère sexuel à des collègues. Il a été renvoyé début octobre.

M. Baker, qui gérait un portefeuille d'actifs de 16 milliards de dollars, aurait sexuellement harcelé une jeune employée de 26 ans, selon cette même source. Il a quitté la firme en septembre

Contacté par l'AFP, son porte-parole n'a pas répondu dans l'immédiat.

"Les politiques de Fidelity interdisent le harcèlement quelle que soit sa forme et quand des allégations de cette sorte sont portées à notre attention, nous enquêtons immédiatement et prenons des mesures promptes et adaptées", a déclaré par courriel Vincent Loporchio, un porte-parole.

"Nous ne tolérerons et tolérons pas ce type de comportement", a-t-il ajouté, expliquant que les employés sont incités à dénoncer tout comportement jugé inapproprié via différents canaux dont une ligne téléphonique spéciale.

Fidelity, qui gère pour 6.400 milliards de dollars d'actifs et emploie près de 40.000 personnes, est dirigée par Abigail Johnson, considérée comme la femme la plus puissante de la finance américaine.

Mme Johnson a poussé au départ les deux dirigeants et embauché dans la foulée une firme externe pour enquêter sur le département actions principalement dominé par des hommes, a encore dit la source.

Une réunion d'urgence a également été organisée chez Fidelity la semaine dernière où il a été répété que l'entreprise avait une "tolérance zéro" vis-à-vis de tout comportement "inapproprié".

Wall Street a souvent été critiqué pour sa très faible représentation des femmes et des minorités.

Environ 2% de femmes occupent les postes de PDG dans le secteur financier, selon le cabinet Catalyst. Les six grandes banques américaines - JPMorgan Chase, Bank of America, Wells Fargo, Citigroup, Goldman Sachs et Morgan Stanley - sont toutes dirigées par des hommes.

L'an dernier, Bank of America a été visée par une plainte, l'accusant de sous-payer les femmes par rapport aux hommes à responsabilités égales et d'avoir instauré en son sein une "atmosphère virile".

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