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Google doit mieux s'armer face aux contenus douteux, reconnaît son patron européen

| AFP | 217 | Aucun vote sur cette news
Matt Brittin, patron de la branche européenne de Google, lors d'une conférence à Londres, le 21 novembre 2016
Matt Brittin, patron de la branche européenne de Google, lors d'une conférence à Londres, le 21 novembre 2016 ( Justin TALLIS / AFP/Archives )

Google doit encore s'améliorer pour bloquer efficacement les contenus illégaux ou la désinformation, a reconnu Matt Brittin, le patron européen du géant technologique qui s'est fait étriller au Congrès américain dans une enquête sur les ingérences russes pendant la campagne présidentielle.

"Nous avons fait des progrès mais il est évident que nous devons encore en faire", a expliqué le président de Google pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique, au cours d'un entretien réalisé jeudi avec des journalistes au siège européen du groupe à Dublin.

Facebook a essuyé l'essentiel des critiques lors d'une audition publique au Sénat mardi pour avoir permis la diffusion de contenus mis en ligne par des intérêts russes dans le but d'influencer l'élection américaine il y a un an, mais la responsabilité de Google et de Twitter a aussi été mise en cause.

"Nous avons étudié en profondeur comment notre système de vente de publicités a été utilisé pendant l'élection américaine et nous avons détecté un usage limité" par des entités liées à la Russie.

"Deux comptes ont dépensé au total 4.700 dollars en publicités, mais n'ont pas ciblé des catégories spécifiques, géographiques ou démographiques". "C'était relativement limité", a observé Matt Brittin.

Néanmoins, a-t-il concédé, "toute désinformation est mauvaise et nous continuons d'étudier comment nous pouvons améliorer nos règles et la transparence".

- Rassurer les annonceurs -

En mars déjà, le quotidien britannique The Times avait plongé Google dans l'embarras en révélant que des publicités de grands groupes ou d'organisations avaient été publiées sur des vidéos contenant des propos défendant le viol, des termes antisémites et des prêches incitant à la haine.

Le scandale a révélé les faiblesses d'un système de vente d'espaces publicitaires automatisé, basé sur des algorithmes et ébranlé la confiance des annonceurs.

Et il a poussé certaines marques à déserter Youtube, propriété de Google, et suscité un boycott temporaire de la plateforme par la filiale britannique du groupe publicitaire Havas.

"Il y a la question de savoir quel contenu peut être autorisé sur Youtube, et celle qui en découle, quel contenu est approprié pour y apposer des publicités". Une question devenue cruciale pour Google qui tire 86% de son chiffre d'affaires de la publicité.

"Le retrait des annonceurs a été limité mais relativement grave. Toutefois, il n'y a pas eu d'impact sur nos résultats", a assuré le responsable.

Difficile cependant de vérifier si Youtube a vu une inflexion de ses ventes, puisque Google ne publie pas séparément les résultats de sa plateforme de vidéos.

Le groupe a en tout cas adopté une batterie de mesures pour rassurer les annonceurs. Ces derniers peuvent désormais déterminer plus finement le type de contenus sur lesquels ils souhaitent voir leurs publicités apparaître.

Google a investi pour mieux détecter les contenus douteux avec des outils d'intelligence artificielle, plus de moyens humains, et des procédures plus rapides en cas d'alerte.

- 'Continuer à investir en Europe' -

Au siège européen du groupe, situé dans les "Silicon Docks" de Dublin, ancien quartier portuaire réhabilité qui accueille des géants de la technologie comme Facebook ou Accenture, le responsable a souligné l'engagement de Google à se développer en Europe.

"Nous avons 14.000 salariés en Europe (...) et nous voulons continuer à investir en Europe", a-t-il relevé alors que le géant américain fait face sur le continent à des critiques sur ses pratiques d'optimisation fiscale et des enquêtes de la Commission européenne sur sa régie publicitaire AdSense et son système d'exploitation Android.

Interrogé sur les efforts de la France et d'autres pays européens pour aboutir à une taxation pour les géants du numérique fondée sur le chiffre d'affaires par pays, Matt Brittin a émis des réserves.

"On paye les impôts là où nous sommes imposables, et en tant que société américaine c'est aux Etats-Unis".

"Il y a eu des appels en faveur d'une taxe sur le chiffre d'affaires. Mais d'après ce que je comprends, si ça peut être attractif pays par pays, en revanche, si vous êtes LVMH, ou un producteur de champagne et que vous payez vos impôts en Chine, ou là où on boit le plus de champagne, ça peut devenir compliqué".

"C'est le rôle de l'OCDE et des gouvernements de simplifier le système fiscal et les politiques fiscales", a-t-il tranché.

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