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GM&S: audience cruciale pour la reprise de l'équipementier et l'avenir des 277 salariés

| AFP | 364 | Aucun vote sur cette news
Des salariés de l'équipementier automobile GM&S devant le site de Renault à Villeroy, dans l'Yonne, le 18 juillet 2017
Des salariés de l'équipementier automobile GM&S devant le site de Renault à Villeroy, dans l'Yonne, le 18 juillet 2017 ( PASCAL LACHENAUD / AFP )

Le sort de l'équipementier automobile creusois GM&S et de ses 277 salariés est suspendu à la décision du Tribunal de Commerce de Poitiers qui examine mercredi à partir de 10h00 l'offre de l'emboutisseur GMD lequel insiste sur des "conditions suspensives" à une reprise.

Cette nouvelle journée cruciale pour GM&S intervient sur fond de déclarations contradictoires de Bercy, Peugeot PSA et GMD, ainsi que d'efforts du président Emmanuel Macron et du gouvernement pour sauver la deuxième entreprise privée de la Creuse dans un département fortement désindustrialisée.

Signe de l'enjeu pour le gouvernement, Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, a annoncé qu'il voulait rencontrer mercredi les salariés et les syndicats de GM&S à la mairie de La Souterraine, où se trouve l'usine de l'entreprise creusoise, pour "un point d'étape" sur les négociations. Mais la CGT a aussitôt fait monter les enchères, refusant une rencontre à La Souterraine et proposant un rendez-vous à Villeroy (Yonne).

C'est là que, depuis mardi matin, la CGT et une centaine de salariés de GM&S arrivés en cars depuis La Souterraine a fait monter la pression en bloquant une plateforme logistique de pièces détachées de Renault, le groupe automobile étant, avec Peugeot, le principal pourvoyeur du chiffre d'affaires de GM&S.

Les responsables de la CGT posent "deux conditions" à la levée du blocage, demandé par Bruno Le Maire : que Renault "formalise ses engagements par écrit" et que le constructeur abonde à une indemnité de licenciement supra-légale pour ceux des 277 salariés qui ne seraient pas repris par GMD, l'emboutisseur, dont la principale usine est à Saint-Etienne (Loire), proposant le maintien de seulement 120 emplois.

Lors du blocage du site PSA de Sept-Fons Dompierre-sur-Besbre par des salariés de GM&S, le 5 juillet 2017
Lors du blocage du site PSA de Sept-Fons Dompierre-sur-Besbre par des salariés de GM&S, le 5 juillet 2017 ( Thierry Zoccolan / AFP/Archives )

En solidarité avec les GM&S, la CGT Métallurgie avait appelé la filière automobile à une heure de grève, à la veille de l'audience. Un mouvement apparemment peu suivi, des responsables cégétistes se bornant à mentionner des arrêts de travail à l'usine Renault du Mans (Sarthe), par plus d'une centaine de salariés, et à l'usine Delphi Automotive, sous-traitant de PSA à Blois (Loir-et-Cher).

- GMD POSE SES CONDITIONS -

De son côté, l'unique repreneur potentiel GMD pose ses conditions : son PDG, Alain Martineau, va expliquer au Tribunal de Commerce que "l’ensemble des conditions suspensives ne sont pas levées", a-t-il déclaré à l'AFP mardi soir. Et d'ajouter que "s’il n’y a pas de prolongation de la période d’observation, notre offre ne sera pas finalisée".

L'un des autres points restant à discuter : le bail proposé, qui est pour le patron de GMD "hors cadre" : "La SCI (Société civile immobilière) propriétaire propose de faire supporter au locataire les frais d’entretien des locaux pendant six ans, ce qui n’est pas acceptable", a-t-il dit mardi soir.

Autre condition nécessaire à la reprise : "L’adhésion des salariés au projet, car il n’est pas possible de se rendre sur un site où l’on se fait siffler par ses salariés", a prévenu le patron de GMD.

"Cette entreprise a vécu trois dépôts de bilan en dix ans, on ne va pas redresser la barre en quelques semaines, mais sous trois ans, nous pouvons en faire quelque chose et lui donner de la visibilité sur l’avenir. Une fois que les comptes seront à flot, si le marché nous y conduit, nous saurons investir d’autres marchés et diversifier l’activité", a-t-il encore expliqué à l'AFP.

Le Tribunal de Commerce de Poitiers devrait donc, sauf coup de théâtre, avoir à trancher entre une nouvelle prolongation, jusqu'au 31 août, ou une liquidation pure et simple de GM&S, placé en redressement judiciaire depuis décembre, puis en liquidation judiciaire depuis le 30 juin avec période d'observation jusqu'au 21 juillet.

- PSA contre-attaque -

De son côté, Peugeot PSA, à qui le gouvernement reproche de ne pas être prêt à investir pour sauver GM&S a contre-attaqué mardi, en demandant la publication des engagements détaillés des parties prenantes en matière de chiffre d'affaires pour les années à venir : "La demande des salariés de GM&S étant un niveau d'activité conséquent pour le site (...) dans la durée, PSA demande (...) que les engagements détaillés en matière de chiffre d'affaires pour 2018, 2019 et 2020 soient rendus publics", a déclaré à l'AFP un porte-parole du constructeur automobile.

Lundi, la tension était montée d'un cran entre l'Etat et PSA, le premier accusant le second de ne pas être prêt à investir pour moderniser le site, comme le réclame GMD qui estime nécessaire un investissement de 15 millions d'euros.

L'Etat et Renault se sont d'ores et déjà engagés à apporter chacun cinq millions d'euros d'investissement. PSA dément tout désengagement et rappelle s'être engagé à contribuer à hauteur de quatre millions d'euros.

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