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GM&S: décision jeudi sur une reprise "mieux que rien", le personnel remobilisé

| AFP | 153 | Aucun vote sur cette news
Le tribunal a examiné lundi l'offre du leader français de l'emboutissage GMD (Groupe mécanique découpage), la seule en lice
Le tribunal a examiné lundi l'offre du leader français de l'emboutissage GMD (Groupe mécanique découpage), la seule en lice ( LUDOVIC MARIN / AFP/Archives )

Épilogue probable d'un dossier industriel qui aura aiguillonné les politiques pendant des mois, la justice rendra jeudi sa décision sur l'offre de reprise de l'équipementier automobile creusois GM&S, où 120 emplois sur 277 seraient préservés, un "mieux que rien" insuffisant pour des salariés résolus à des actions "fortes" dès mardi.

Le tribunal "a mis sa décision en délibéré au 7 septembre", a annoncé lundi Me Jean-Louis Borie aux salariés et à la presse à l'issue d'une audience à huis clos au tribunal de commerce de Poitiers, énième acte judiciaire pour GM&S, placé en redressement judiciaire en décembre, liquidé en juin.

"On a assez peu de doutes sur ce qui va se passer jeudi", a ajouté Me Borie en référence à une validation de la reprise, assurant que cette étape "n'est pas l'épilogue". Pour lui, "seule l'action des salariés peut faire évoluer la situation", pour améliorer l'offre sur les emplois et l'accompagnement des licenciés, "même une fois la reprise homologuée".

Dès mardi matin, les salariés ont prévu "une action nationale en région parisienne", a-t-on indiqué de source syndicale, sans plus de précision.

Sur LCI lundi soir, le secrétaire d’État au ministère de l’Économie Benjamin Griveaux a appelé les syndicats à ne pas bloquer des sites de PSA ou Renault comme pendant l'été. Les salariés "ont toujours fait preuve d'une grande responsabilité. Je les appelle à conserver cet esprit de responsabilité. Ce n'est pas en bloquant des sites d'autres industries dans des territoires voisins que l'activité reprendra à La Souterraine", a-t-il dit.

Au son de cornes de brume, une centaine de "tee-shirts bleus" de GM&S étaient venus depuis le site de "La Soute" (Creuse), à 115 km, pour manifester à Poitiers. Comme lors des multiples audiences depuis le redressement judiciaire de l'équipementier creusois, depuis sa liquidation fin juin.

Jean-Louis Borie, l'avocat des salariés de GM&S, parle à la presse, à Poitiers, le 4 september 2017
Jean-Louis Borie, l'avocat des salariés de GM&S, parle à la presse, à Poitiers, le 4 september 2017 ( GUILLAUME SOUVANT / AFP )

Le tribunal examinait l'offre du leader français de l'emboutissage GMD (Groupe Mécanique Découpage), la seule en lice. Une offre dont la dernière condition suspensive a été levée fin juillet par le PDG de GMD, Alain Martineau, venu alors à La Souterraine chercher "l'adhésion" des salariés.

Le Comité d'entreprise de GM&S, dans un avis rendu vendredi, s'était bien gardé de rejeter l'offre GMD, mais avait réaffirmé sa position: offre "pas rationnelle" sur le plan industriel, "insuffisante" sur l'emploi et l'accompagnement.

"+120 emplois repris, c'est mieux que rien !+": les salariés rejettent cette "ritournelle gouvernementale", et sont convaincus que "les lignes peuvent encore bouger" sur l'emploi, notamment via les groupes PSA et Renault (principaux clients de GM&S), pour garantir davantage d'activité.

- Les licenciés, "pas de futurs start-uppers" -

Face à Bercy qui considère s'être démené sur le dossier, les salariés jugent que les garanties de commandes (22 millions d'euros annuels sur cinq ans) arrachées à PSA et Renault, ne sont pas gage de pérennité du site. Tout juste un "quinquennat promis en chiffre d'affaires", pour acheter la "paix sociale" et permettre à "Emmanuel Macron de souffler".

Des salariés de l'équipementier automobile creusois GM&S, devant le site de la Souterraine où est inscrit un graffiti
Des salariés de l'équipementier automobile creusois GM&S, devant le site de la Souterraine où est inscrit un graffiti "283 familles sacrifiées par des patrons voyous" ( PASCAL LACHENAUD / AFP )

Le tribunal "va nous annoncer très certainement qu'il n'y a qu'un repreneur, et que c'est Martineau, que c'est lui qui reprend, et point barre", a déclaré à Poitiers Yann Augras, délégué CGT.

"Il ne faut pas oublier qu'il y a 157 blessés qui vont rester sur le carreau, et ces gens-là il ne faut pas qu'ils partent avec une main devant une main derrière", a-t-il lancé. Les syndicats réclament 75.000 euros d'indemnité extra-légale par licencié, et "un plan social digne de ce nom" pour un personnel à plus de 50 ans de moyenne d'âge.

Ils savent aussi que le temps va bientôt presser, avant le départ des lettres de licenciement. Et sur un fond d'actualité sociale --Code du travail-- qui rend leurs voix moins audibles qu'il y a quelques mois. Quand le ministre de l’Économie Bruno Le Maire se déplaçait en juillet en Creuse, ou quand le nouveau chef de l’État rencontrait en juin des salariés de GM&S en Haute-Vienne.

L’État, insiste la CGT, "ne mesure pas l'échelle du cataclysme" de 157 emplois perdus dans un désert industriel --la Creuse-- dont GM&S était jusque là le deuxième employeur privé. "Il faut être honnête, l'essentiel de ces ouvriers ne deviendront pas des start-uppers, il faut que les plus âgés et les moins reclassables aient de quoi se retourner", admettait à l'AFP une source non syndicale proche du dossier.

Le repreneur potentiel, Alain Martineau, a quitté le tribunal sans faire de déclarations.

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